Loc. cit., p
Hosted by
SATAN ET l'amour 101
définitif qui assm^erait à ceux qui prenaient part à cette cérémonie les bonnes grâces du Maudit? Pourquoi ? La formule que prononça l'officiant lorsque le sacrifice démoniaque fut achevé nous Je dira :
(( Je (ici les prénoms, nom, qualités de la Montespan) demande l'amitié du Roy et de Monseigneur le Dauphin et qu'elle me soit continuée; que la Reine soit stérile, que le Roy quitte son lit et sa table pour moy et mes parents ; que mes serviteurs et domestiques lui soient agréables, ... que cette amitié redoublant plus que par le passé, le Roy quitte et ne regarde Fontanges et que la reine étant répudiée, je puisse épouser le Roy K »
La quasi-réussite de la Montespan fit, comme bien on pense, une réclame énorme à la Voisin, car celle-ci ne fut certainement discrète que sur les détails qui pouvaient lui nuire. Malheureusement pour elle, l'aff'aire de la marquise de Brinvilliers attira les regards de la justice sur ces détails et la devineresse-empoisonneuse finit en place de Grève. Tout se sut, et la Montespan ne dut qu'à la toute-puissante protection du « Roy » de ne pas aller rejoindre la Voisin et la Brinvilliers devant la chambre ardente.
L'abbé Guibourg célébrait également la messe noire sur le ventre des dames du grand siècle, et, pour varier le sacrilège, disait un autre genre d'office appelé (( la messe du sperme » durant lequel il fabriquait des pâtes conjuratoires en mélangeant le sperme aux ingrédients nécessaires à la fabrication
]. Loc. cil., p. 189.
Hosted by
de l'hostie. « Les archives de la Bastille, écrit J.-K. Haj'smans, nous apprennent qu^il agit de la sorte sur la demande d'une dame nommée la Des Œillettes. Cette femme qui était indisposée donna de son sang; l'homme qui l'accompagnait se retira dans la ruelle de la chambre où se passait la scène et Guibourg recueilht de sa semence dans le cahce ; puis il ajouta de la poudre de sang, de la farine, et, après des cérémonies sacrilèges, la Des Œillettes partit, emportant sa pâte. )>
Le docteur Légué nous a restitué dans son livre une note de M. de la Reynie à Louvois sur l'abbé Guibonrg, l'officiant des messes noires de la Voisin et dans cette courte note se trouve cette phrase typique sur ce triste individu : « Les messes dites sur le ventre et autrement, les consécrations et tout ce qu'on a désiré de plus impie et de son ministère ne kii ont jamais fait de peine. »
Parmi les ecclésiastiques de l'époque qui se distinguèrent particulièrement dans ce genre de sacerdoce, citons encore un certain abbéTournet qui fut exécuté en place de Grève « pour impiétés et sacrilèges et avoir dit une messe sur le ventre d'une jeune fille alors âgée de quatorze à quinze ans, messe pendant laquelle il la connut charnellement. »
Un autre, Tabbé Beccarelli, distribuait, pendant la messe, des pastilles aphrodisiaques aux assistants. Après les avoir avalées, les hommes se croyaient changés en femmes, et les femmes en hommes. Le prêtre Benedictus qui cohabitait avec la démone Armellina, consacrait les hosties en les tenant la tête
Hosted by
SATAN ET L AMOUR d03
en bas. J.-K. Huysnians assure que des prêtres allaient (( jusqu'à célébrer la messe avec de grandes hosties qu'ils coupent ensuite au milieu, après quoi ils les collent sur un parchemin arrangé de la même manière et ils s'en servent ensuite d'une façon abominable pour satisfaire leurs passions ».
Comme nous l'avons dit dans le précédent chapitre, les cérémonies de la messe noire se pratiquent encore de nos jours dans certains milieux.
Une revue de 1843, la Voix de la sep lame, raconte que pendant vingt-cinq ans, à Agen, une association satanique ne cessa de célébrer des messes noires et pollua trois mille trois cent vingt hosties. En 1855, il existait également à Paris une association composée en majeure partie de femmes; ces femmes communiaient plusieurs fois par jour, gardaient les célestes espèces dans leur bouche, les recrachaient pour les lacérer ensuite ou les souiller par de dégoûtants contacts.
J. K.Huysmans à qui nous empruntons ces détails assure que l'on célèbre toujours la messe noire, et il nous fait assister à une de ces mj^stérieuses séances. Une assistance composée en majorité de détraquées, absolument comme dans les séances spirites, attend dans une ancienne chapelle la célébration de l'office infernal. Des parfums troublants brûlent, empestant
Hosted by
ratmospliëre ; le silence n'est troublé que par quelques cliucliotements peureux. Sur Tautel, pareil aux autels ordinaires, se dresse « un Christ dérisoire, infâme. On lui avait relevé la tête, allongé le col et (les plis peints aux joues muaient sa face douloureuse en une gueule tordue par un rire ignoble. Il était nu et à la place du linge qui ceignait ses flancs, Timmondice en émoi de l'homme émergeait d'un paquet de crin. Devant le tabernacle un calice couvert du pale était posé^ »
Devant cet autel, des enfants de chœur du troisième sexe viennent exhiber leurs déhanchements sous prétexte d'allumer les cierges ou de remuer les cassolettes à parfums où brûlent <( de la rue, des feuilles de jusquiame et de datura, des solanées sèches et de la mjuThe ; ce sont des parfums agréables à Satan ».
Mais voici l'officiant, le prêtre maudit, le redoutable maitre de l'occultisme, le chanoine Docre. Tandis qu'il commence l'office, les enfants de chœur distribuent aux assistants des réchauds de cuivre et des encensoirs qui leur permettent de s'envelopper de fumée. Lorsque cette griserie opère, le prêtre interrompt sa parodie de la messe et prononce une invocation à Satan qui se rapproche des litanies au même dans les Fleurs du inal^ de Baudelaire, et dont voici un passage tjq^ique : « Espoir des virilités, angoisse des matrices vides, Satan, tu ne demandes point les inutiles épreuves des reins chastes, tu ne vantes pas la démence des carêmes et des siestes ; toi seul