‹ L'occultisme et la scienceChapitre 18 sur 57 · APPLIQUÉES · texte numérisé non relu

APPLIQUÉES

1 Anthropologiques n Réintégration} Théoanaiogiques H Physioanalogiques l Anthropoanalogiqi

H Réintégration en que besoin

(1) L’hébreu s’écrit de droite à gauche et ne comporte pas de voyelles : le iod est une consonne.

(2) Providence.

(3) Fatalité.

On voit de suite toute la simplicité du système. Posons maintenant quelques exemples.

I. — Sciences simples : la théologie sera cataloguée sous I1, et la science des exorcistes sous I2 ; la médecine pure sous H1, la clinique sous H2 etc.

II. — Sciences complexes : la philosophie, science humaine, sera rangée sous V1 ; mais la philosophie comporte quatre parties : psychologie, morale, logique et théodicée, dont les trois premières comportent elles-mêmes chacune deux parties : théorie et pratique ; on rangera donc la psychologie, la morale et la logique sous V3 et V4, et la théodicée sous l3.

Un cas particulier mettra en lumière la supériorité de ce système sur le désordre de la science officielle qui a toujours misérablement et lamentablement échoué dans toutes ses tentatives pour créer une synthèse : A l’heure actuelle, les médecins et les philosophes se disputent âprement la psychologie expérimentale, les uns parce qu’ils voient dans l’hypnose un procédé thérapeutique et les autres parce qu’ils y trouvent l’étude pratique de l’âme ; or, la médecine est une science naturelle (1) rangée sous H, alors que la psychologie est une science humaine rangée sous V : la psychologie expérimentale (hypnose) est donc du ressort des philosophes et non de celui des médecins.

Mais, ce n’est pas tout, et ce qui suit montre l’indéniable supériorité de la synthèse hermétique sur toute autre.

Il ne faut pas croire que les sciences se rangent en trois ordres différents I, H, V, comme en des compartiments étanches sans aucune communication entre eux... Loin de là ! il y a entre eux. et, par suite, entre toutes les sciences, un lien général qui les unit et sans lequel ils ne se pré-

(1) La médecine s'applique également aux animaux (science vétérinaire) aux végétaux qui, eux aussi, ont leurs maladies et même, dans certains cas, aux minéraux (cémentation, etc.).

senteraient à nous que comme les membres isolés d’un même corps.

On a vu plus haut que le nom divin Ieve se décompose tout naturellement en deux parties : I (lod) Dieu, et Eve la vie (1) ; or, c’est la vie que la doctrine occulte trouve dans tout ce qui existe et qu'elle étudie dans toutes ses manifestations, dans toute les sciences. L’élément essentiel du système synthétique de l’occultisme, c’est donc la force primordiale, source unique de toutes les autres forces (répondant par son unité même à l’unité de matière dans le monde physique) dont la forme générale est le mouvement et dont la plus haute expression est la vie, que la Sagesse antique regardait — avec raison — comme l’élément universel et primordial du kosmos. En effet, comme l’a remarqué très justement, Flammarion (2) : « L’univers est un dynamisme : la gravitation dans le monde sidéral, l'électricité dans le monde physique, la vitalité dans le monde matériel, et l'esprit dans le monde psychique, régissent l’Univers. » Or, pour qui va au fond des choses, gravitation, électricité, vitalité, esprit, tout cela n’est que du mouvement c’est-à-dire de la vie.

Ce que la Sagesse antique étudiait donc sous le lod , c’étaient les manifestations vitales dans la nature divine ou naturante, comme c’étaient ces mêmes manifestations vitales qu’elle étudiait sous le Hé ou dans la nature naturée, comme c’étaient toujours ces mêmes manifestations vitales qu’elle étudiait sous le Vau ou dans la nature humaine.

En résumé, ce qu’étudiait la Sagesse antique dans toutes les sciences, et ce qui constituait entre toutes les sciences le lien qui les unissait pour en faire un seul bloc dont toutes les parties se tenaient, c’était la Vie — la vie, dont elle creusait le principe et l’essence dans le lod

(1) Telle est la signification de ce mot hébræo-chaldaïque.

(2) La mort et son mystère , 3 vol. in-12. Paris.

(Dieu), dont elle dénombrait les modalités multiples et différentes dans le Hé (le Kosmos et la nature), dont elle poursuivait les fins dans le Vau (l’homme).

Comprend-on maintenant tout ce qu'il y a de grandiosement superbe dans cette unité de vues sur laquelle est basée la synthèse delà Science des sanctuaires, unité que nous verrons plus loin encore resserrée par la Loi d'analogie ?

Faut-il, en regard de la synthèse antique, si merveilleusement universelle, en sa simplicité, placer la fragmentation de la science moderne où rien ne se tient ? La comparaison est éminemment curieuse et instructive.

A l’heure actuelle les sciences modernes se divisent en huit sections principales qui sont :

1° Langues et belles-lettres ; 2° sciences mathématiques et physiques ; 3° sciences naturelles et médicales ; 4J sciences géographiques et historiques ; 5° sciences religieuses et philosophiques ; 6° sciences politiques et économiques ; 7° Beaux-arts ; 8° éducation et enseignement.

Rien ne relie ces sciences entre elles et l'on ne voit pas les rapports, si lointains soient-ils, qui peuvent exister entre toutes ces diverses branches, ce qui nous permet d’assister en ce moment même au bien curieux spectacle que j’ai présenté ci-dessus : la médecine, qui fait partie des sciences naturelles et la psychologie, qui rentre dans les sciences philosophiques, toutes d’eux pourtant bien lointaines l’une de l’autre, se disputant réciproquement et avec la dernière âpreté leurs droits de propriété sur l’hypnologie que l’on ne sait dans quelle catégorie ranger.

D’autre part, aucun lien n’existant entre la psychologie et la physiologie, il est incompréhensible, pour beaucoup de personnes — même intelligentes — , qu'il puisse exister une science qu'on appelle la psycho-physiologie !

A quoi cela tient-il ? A cette cause primordiale que la science moderne se refuse avec la dernière énergie a recon-

naître explicitement ces deux vérités fondamentales que sont l’existence de Dieu et l’universalité de la vie, ce qui lui interdit d’adopter le cadre si lumineux et si simple de la synthèse antique basée tout entière sur le nom divin.

Malheureusement le temps n’est pas si loin où Laplace répondait à Napoléon qui s’étonnait de n’avoir pas une seule fois rencontré le mot Dieu dans sa Mécanique céleste : Sire, la science n’a pas besoin de cette hypothèse !

2° Méthode.

J'ai relevé ailleurs, d’après l’œuvre de Platon, les matières formant l’enseignement d’un haut grade des Mystères d'Egypte et se résumant en huit ordres de connaissances qui étaient : — La vie spirituelle — la faculté transcendante de l’esprit — la classification des facultés naturelles — la faculté de compréhension de l’idée divine, — la connaissance de l’avenir et de l’existence future — la réminiscence — la perception divine ou révélation de la divinité par l’âme — et enfin la connaissance de l’existence des passions humaines.

D’autre partie rappellerai que les petits Mystères, répondant à notre instruction secondaire, étudiaient nos sciences ordinaires, alors que les grands Mystères s’occupaient de la métaphysique de ces sciences, du développement de ces connaissances au point de vue purement intellectuel, et enfin de la pratique occulte de toutes les théories précédemment étudiées.

On voit, par le programme énoncé ci-dessus à quelle profondeur était poussé cet enseignement mais nous n’avons aucune donnée sur la méthode qu’il suivait, et il nous serait difficile d’en dire ici rien de précis si un écrivain occultiste de haute valeur, F. Ch. Barlet, n’avait publié, il y a quelques années un Cours méthodique de sciences

occultes (1) qui, basé sur la synthèse exposée plus haut et étayé par ses recherches dans les diverses branches du savoir antique, doit répondre sensiblement, bien qu’établi en vue de notre époque, à la méthode d’enseignement utilisée dans les sanctuaires initiatiques.

Je me bornerai à donner ici le tableau qui les résume.

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