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La vio universelle

Nous abordons maintenant le troisième grand principe de l’Occultisme :

La Vie est en tout ! La Vie est partout !

C’est donc la Vie qui constitue le lien général unissant toutes les parties de la synthèse hermétique exposée plus haut.

Dans sa fatuité puérile, l’homme n’a longtemps regardé comme vie que l’ensemble des phénomènes biologiques dont il était lui-même, et lui seul, à la fois le sujet et l’objet. 11 n'est pas encore si longtemps que Pascal n’accordait à l’animal que la vie purement mécanique d’un automate ; de nos jours seulement, on s’est avisé que les poètes anciens, en parlant par exagération poétique de la vie des plantes, étaient, sans le savoir, dans la réalité absolue ; et à l’heure actuelle où certains phénomènes ont forcé l’attention, on commence à parler, encore bien timidement, de biologie minérale.

L’homme, en effet, rapportant tout à soi, ne pouvait comprendre les phénomènes biologiques du chêne par exemple, qui, s’étendant sur plusieurs siècles, étaient trop lents pour lui et déroutaient son observation ; il ne pouvait davantage comprendre la vie du brin d’herbe qui le

l’occultisme et la science

décevait également, mais par sa brièveté. Quant à la vie minérale, pour beaucoup de personnes, même éclairées, même de nos jours, cela semble un simple accouplement de mots qui dénote une rêverie creuse sinon même un dérangement de l'esprit. Ces personnes ne peuvent pas comprendre que si la vie est une force unique, ses manifestations revêtent toutes les formes les plus disparates, et, au premier abord, les plus éloignées les unes des autres, telles, par exemple, dans l’homme, le mouvement, la pensée et la digestion.

Or, reportons-nous au tableau de la création permanente (p. 441), qu’y voyons-nous ?

Le rayonnement divin, c’est la Divinité s’émanant ellemême pour donner aux êtres l’exemple du sacrifice. Chacun de ses rayons se compose, comme Dieu lui-même, d’Esprit, d’Énergie et d’Essence. Dans son mouvement involutif, il atteint le plan astral où, pour se mettre en harmonie avec le milieu, il se modifie : l’Essence se divise et devient essence et substance, l’essence qui est toujours Dieu se continuant dans les stades de l’involution, et la substance qui se sépare de lui pour se soumettre à la forme, alors en principiation, et donner naissance à la matière sur le dernier plan ; l’Esprit s’abaisse en intelligence, avant de devenir, plus bas, instinct des animaux inférieurs et des végétaux, et affinité pour le minéral ; et enfin l’énergie se mue en la force la plus haute qui soit, source de toutes les forces du plan physique, mais en même temps intermédiaire entre elles et l’énergie pure : c’est la Vie. A chaque émission de soi-même, dans chaque radiation de son rayonnement sans cesse renouvelé, c’est donc de la Vie qui est émanée par le Centre Universel. Cette vie, elle existe dans son absolu, sur le plan astral où nous pouvons la puiser suivant nos besoins (1), mais à

(1) Un de mes maîtres, le Dr H. Baraduc, a fait à cet égard de bien curieuses expériences : i' a photographié, dans certaines conditions par-

partir duquel elle se modifie à l’infini pour produire toutes les manifestations possibles.

Une de ces vagues de vie, arrivant dans le Kosmos est d’abord absorbée par les soleils, qui, après l’avoir muée en vie solaire, la répartissent autour d’eux ; dans notre système planétaire, elle devient ainsi de la vie martienne, vénusienne ou terrestre ; la vie terrestre à son tour est modifiée en vie animale, végétale ou minérale ; la vie animalè, suivant l’individu, devient de la vie bovine, chevaline ou humaine ; dans l’homme, elle se mue, suivant l’appareil ou organe qui l’utilise, en vie cérébrale, hépatique, cardiaque...

Dans le minéral, elle va encore plus bas, encore plus loin et pénètre dans les abîmes de matière non organisée, dans le Tohu-Wabohu biblique en période d’organisation ; mais, dans l’être humain, elle ne descend pas au-dessous de lui, puisqu’elle est déjà, en lui, en voie d’évolution et elle suit dès lors son cycle évolutif : l’organisme de l’homme, par une élaboration particulière en fait une énergie vitale d’ordre supérieur (force neurique) qu’il quintessencie encore en force-vie mentale, qui, à son tour, est sublimée en force-vie causale... d’où elle revient, comme force-vie astrale au réservoir commun, le plan supérieur, où la suite de son évolution la reconstituera en énergie pure qui se réintégrera enfin à sa source première : Dieu.

Que la vie primordiale donne naissance à des forces vitales si variées et si différentes entre elles, il n’y a pas lieu de s’en étonner : est-ce qu’un rayon lumineux, passant à travers un prisme de cristal, ne produit pas toutes

ticulières, des animaux en train d'expirer, et la plaque les a montrés enveloppés d'un vortex ou tourbillon de force-vie cosmique répondant à leur suprême appel. A remarquer ici que les radiations vitales provenant des êtres (animaux, plantes ou minéraux) et enregistrées par la photographie, sorrt toujours rectilignes, alors que les forces cosmiques affectent, sans exception, une marche courbe.

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les couleurs avec la multiplicité, la richesse de toutes leurs teintes intermédiaires ? (V. la note 1, p. 464).

La vie est donc la force universelle, et chaque être, du grain de sable au Démiurge en détient une partie qui lui est personnelle, qui est appropriée au milieu où il agit, et dont, seules, la modalité et les manifestations varient.

L’homme la reçoit de trois façons différentes qui correspondent aux trois parties constitutives de l’être humain et aux trois plans du Kosmos sur lesquels il vit.

Rappelons d’abord que l’homme est constitué comme suit :

Esprit.

Ame (vie et intermédiaire plastique).

Organisme physique.

Mais cet organisme lui-même se subdivise en trois parties nettement distinctes, dont chacun a sa vie propre, sa paire de membres pour entrer en relation avec l’ambiance (1), et dont chacun contient le siège de son élément particulier et de la vie qui lui est afférente.

La tête possède la masse cérébrale, aboutissement du système nerveux, siège de la vie intellectuelle.

La poitrine possède le poumon, siège de la vie psychique.

Le ventre enfin possède l'intestin, siège de la vie physique.

D'autre part : «

L’intestin, par la digestion, produit de la vie physique.

Le poumon, par la respiration, produit de la vie psychique.

Le cerveau enfin, vivant sur le plan mental y puise les forces nécessaires à son fonctionnement.

De plus, certains appareils de l’organisme reçoivent de la vie physique, l’élaborent en vie neurique, base de la

(1) Les jambes appartiennent au ventre ; les bras, à la poitrine ; et le maxillaire inférieur (d-ont les deux parties, droite et gauche, sont soudées à leur extrémité) à la tete.

vie psychique, et d’autres muent celle-ci en vie cérébrale, base de la vie intellectuelle.

Donc, il est un réservoir de vie à notre portée : le plan astral où, sous certaines conditions dont la première est que l’organisme destiné à la recevoir soit en parfait état de fonctionnement, nous pouvons la puiser à volonté.

De plus, de même que l’on peut puiser de la vie au réservoir commun, de même, toujours sous certaines conditions dont la principale est que l’organisme en jeu en possède une réserve ou un excès, on peut émettre sa propre vie hors des limites du corps physique.

La conséquence de ces deux faits, c’est que la vie est une force interchangeable (1).

La vie peut encore être considérée comme universelle à un autre point de vue : de même que l'homme est composé de cellules, de même il constitue, au même titre que les autres êtres — animaux, végétaux, minéraux — une cellule de la terre (2) ; la terre, à son tour est une cellule de l’univers, et notre univers, comme tous les autres perdus dans l’immensité du Kosmos, est une cellule de Dieu (3) : encore une fois, le grain de sable vit au même titre que le Démiurge, ministre de l’Absolu, au même titre que l’Absolu lui-même.

La question de la biologie minérale peut sembler paradoxale à plusieurs ; je vais donc en dire quelques mots pour montrer où nous en sommes à cet égard ; mais, d'un autre côté, le problème général de la vie est traité ailleurs (4) avec toute l’ampleur, tous les développements

(1) Cette affirmation, qui fera hausser les épaules aux physiologistes officiels, se vérifie à chaque instant dans la pratique : voyez plutôt le phénomène de la lactation.

(2 N’oublions pas que chacun des mondes est doué de sa vie propre.

(3) L'atome n’est qu’un système cosmique en petit, où le soleil est le noyau et les planètes, les électrons animés d’un mouvement vertigineux autour du noyau.

(4 L Occultisme et la vie , 1 vol. du même auteur, sous presse.

qu’il mérite ; je me bornerai donc ici à citer, sans même les exposer en détail, quelques-uns des faits les plus saillants parmi ceux qui révèlent, dans le minéral, l’existence d’une vie latente.

Le minéral naît, vit et meurt comme la plante ou l’animal, mais sa vie étant de longue durée, ses phénomènes vitaux nous échappent par leur lenteur.

La terre a débuté par être un amas de vapeurs : les minéraux sont donc nés de cet amas de vapeurs.

Le squelette d’un vertébré se compose de minéraux, et cependant ce squelette vit.

Tout cristal, (1) naît d’un autre cristal, soit en puissance d’être dans une eau-mère (cristallisation du sulfate de soude), soit formé par hasard, quand se trouvent réunies les conditions nécessaires à sa formation (cristallisation delà glycérine).

Tout cristal se développe, mais par juxtaposition et non par intussusception.

Tout cristal se reproduit (sulfate de soude et glycérine).

Tout cristal meurt, soit de vieillesse (la turquoise) soit d’accident (broyage) ou maladie (délitescence, rouille).

Le minéral est doué de sensibilité. La manifestation par excellence de la sensibilité consiste à irriter un nerf relié à un galvanomètre qui enregistre aussitôt la naissance d’un courant électrique : le professeur Bose, de Calcutta, en frappant une barre de métal reliée à un galvanomètre enregistreur, a obtenu les mêmes effets. Si on la frappe à plusieurs reprises, le courant devient moins intense : la barre est fatiguée ; si on la laisse reposer, le courant reprend son intensité première. Si on est longtemps sans la frapper, la barre est engourdie et a besoin de quelques coups préalables pour reprendre sa sensibi-

(1) Je prends l’exemple du cristal parce que c’est lui qui présente les phénomènes vitaux les plus rapides, mais ces phénomènes se retrouvent dans tous les minéraux.

lité. L’excès de chaleur ou de froid déprime la barre, qui ne donne de bons résultats qu’à une température moyenne.

Or, fatigue, engourdissement, accablement, sont des phénomènes propres à la sensibilité.

Le minéral possède de la motilité : toutes ses molécules sont agitées d’un mouvement brownien.

Le minéral possède même de la volonté (1) : si Ton étire une barre de fer et qu’on la laisse reposer, un nouvel étirage ne portera plus sur la première striction qui se trouvera consolidée par l’affluence de molécules.

Ce procédé de défense nous amène aux phénomènes particuliers de la vie du minéral chez qui nous retrouvons même des phénomènes de mimétisme, par exemple chez l’iodure d’argent qui, exposé à la lumière rouge, prend rapidement lui-même cette couleur pour éviter la réduction.

Mais il y a plus.

On rencontre, chez le minéral, le phénomène complet du narcotisme (solution faible de potasse sur l’étain), la sensibilité étant d’abord stimulée, puis disparaissant sous l’application d’une solution saturée.

Le minéral peut s'empoisonner : une application d’acide oxalique sur une barre de fer, neuve et saine, donne au galvanomètre des courbes spasmodiques qui vont en s’affaiblissant : l’administration d’un antidote ramène la sensibilité.

La blessure du minéral se cicatrise : un cristal de sulfate de soude, broyé à une extrémité et replacé dans une eau-mère, reprerd sa forme ; si on l’examine peu de temps après, on voit la cicatrice ; après un temps suffisamment long, la cicatrice a disparu.

Tout ceci, semble-t-il bien, constitue des phénomènes vitaux et il serait facile d’en citer bien d’autres.

U) L'Esprit du rayon divin se retrouve en tout, si obnubilé soit-il.

Je pourrais notamment m’étendre longuement sur la production de plantes minérales par le professeur Stéphane Leduc, dont j'ai parlé ailleurs et que j étudié plus à fond dans un autre ouvrage (1). Je terminerai en rappelant que M. Otto von Schron, professeur à T Université de Naples, a démontré qu’il existe dans les cristaux de sel un plasma filiforme, analogue au phytoplasma des algues et à la nucléine filiforme des phases initiale et finale des cellules animales et végétales, et une petro-cellule, c’està-dire une véritable cellule minérale croissant, contrairement à celles que crée le professeur Stéphane Leduc et conformément au mode de croissance des cellules animales et végétales, par intersusception et non par juxtaposition ; il a montré, de plus, qu’au moment de la cristallisation d'un sel apparaissent des filaments bientôt transformés en cellules s’agrégeant, et ensuite en véritables tissus.

Souvent on dit : Les cellules meurent... On peut en douter quand on voit vivre l atome et quand on voit vivre l’ion et l’électron !

Enfin, voici une expérience d’alchimie (2) bien connue, paraît-il, dans les milieux spéciaux et qui prouve l’universalité de la vie :

Prenez de l’eau de pluie, laissez-la fermenter au soleil (le soleil à la température ordinaire ne détruit pas les germes, il entretient la vie) ; distillez à 85° (3) ; distillez à 100° le résidu ; distillez à 110° le nouveau résidu. Calcinez le caput mortuum (résidu final) de cette troisième distillation, de manière à détruire tout germe, et partagez cette terre en trois parties. Dans un ballon où vous ferez

(1) L’Occultisme et la Vie .

(2) L'auteur s'occupe peu d'alchimie : il n'a donc pas répété lui-même cette expérience dont la réussite lui a été d'ailleurs confirmée (V. R. Schwaéblé, Biologie minérale, h br. in-8°, Paris, S. D.).

(3) Cette température et les suivantes, variant, bien entendu, selon les conditions atmosphériques.

le vide et que vous fermerez hermétiquement, mettez une partie avec l’eau distillée à 85° ; laissez à 35° ; au bout de dix jours, apparaissent les mousses, les prêles. Dans un autre ballon, où vous ferez également le vide, mettez la deuxième partie avec l’eau distillée à 100° ; laissez à 35° ; apparaissent les larves, les vers. Dans un troisième ballon où vous ferez toujours le vide, mettez la dernière partie avec Ye au distillée à 110° ; laissez à 35° ; au bout de cinq semaines, à l’analyse spectrale, vous trouverez tous les métaux dans cette terre noire qui s'est déposée.

En tout, partout, il y a donc de la vie et de la substance ; donc toute substance vit, donc toute matière vit. Et la conclusion finale de ces déductions successives est celleci : La mort, telle que se la figure l’homme, n’existe pas.

Par la science normale, la vie est regardée comme le résultat d’une harmonie parfaite entre toutes fonctions de tous organes, de toutes forces de l’organisme ; il semble au contraire que, comme l’électricité résulte du choc et du mouvement, la vie, ou du moins sa continuité, ne soit, dans l’organisme, que la résultante d’une lutte entre deux forces opposées, et je suis de l’avis du professeur Stéphane Leduc quand il dit : « La Vie semble être 1^ résultante de deux forces physiques, l’une active, la pression osmotique qui met eu mouvement les molécules et les ions ; l’autre passive, la résistance opposée par les plasmas et les membranes à ces mouvements ; l’inégalité de la résistance à l’égard des diverses molécules et des différents ions semble être la cause déterminante des actions chimiques de la vie, des synthèses et des décompositions, de l’assimilation et de la désassimilation... »

B. — Les lois primordiales

Dieu est le principe des principes ; de lui émanent directement tous les principes, dont, au chapitre précé-

dent, nous avons vu les trois qui dominent tous les autres.

De l'ensemble de ces principes, dérivent les lois, qui sont multiples et qui sont du ressort de l'homme, parce qu'elles génèrent et expliquent les faits du plan physique.

Le scientiste normal prend un certain nombre de faits et en déduit la loi qui les régit. Mais s’il a oublié des faits ? Mais si, n'en ayant omis aucun, ce qui est inadmissible, il les a mal observés ? La loi induite des faits se trouve fausse et, à mesure que se produisent ou sont observés des faits nouveaux, il la faut modifier ; de là l’incertitude où se traîne la science occidentale, où, chaque jour, les doctrines se transforment, où, chaque heure, les théories reçues font place à des théories nouvelles. Dans tous les cas, l'homme, par ce moyen s’élève du fait à la loi, mais il atteint bien exceptionnellement le principe.

L’Occultisme, au contraire, est, par la tradition (1) plusieurs fois millénaire, en possession des principes ; de ces principes, il déduit les lois qui donnent naissance aux faits. Est-ce à dire qu’il est infaillible ? Evidemment non puisque, malgré toute soutenance contraire, l’infaillibilité n’est pas de ce monde, pas plus que la perfection dont elle e§t une modalité.

Mais il est assuré que, l’erreur quant au principe étant infiniment plus visible et, par suite, plus rare que l’erreur quant au fait, la loi déduite doit être, par conséquence naturelle, plus rarement erronée que la loi induite.

L'Occultisme, comme n’importe quelle science, possède un certain nombre de lois dont les unes sont d’ensemble et les autres s’appliquent à telle ou telle partie des connaissances générales.

Pas plus que je n’ai eu la prétention au chapitre précédent de faire connaître la totalité des principes, pas

(1) On peut objecter que la Tradition peut être plus ou moins exacte. D’accord, mais la Tradition n’est pas unique, et, à notre époque surtout, il est facile de contrôler ses branches l’une par l’autre.

plus ici je n'entreprendrai de codifier toutes les lois occultes, ce qui nécessiterait plusieurs volumes.

Mais, parmi celles qui sont d’une application générale, il en est certaines dont préémine l’importance, et qui doivent trouver leur place ici : je les exposerai aussi clairement et aussi brièvement que possible.

La Table d’Émeraude

Au sommet de l’Occultisme, et avant toute loi, se rencontre la Table d’Emeraude (1) qui est comme la synthèse de la Science initiatique, la base de toute science particulière, et le résumé des lois universelles.

Les non-initiés qui l’ont connue l ont regardée longtemps, à cause de son obscurité apparente, comme une formule d’alchimie, précisément parce qu’elle s’applique à toute science.

Or, voici ce que nous dit ce document :

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