II. — La Tri-unité de Tunivers
Dieu est tri-un, à la fois Essence, Esprit et Energie.
Dieu
L’Univers est tri-un : monde des Principes (domaine de Dieu) ; monde des Lois (domaine de l’homme) ; monde des Faits (domaine de la nature) (1).
t Principes — Plan divin
Univers ] Lois — Plan astral
f Faits — Plan physique
Univers \ Lois
L’homme est tri-un : Esprit, âme, corps.
Tout ce qui existe est tri-un, composé d’esprit, de force et de substance à des degrés variables, mais le tout rentrant dans un cadre unique :
(1) Pour faire comprendre la différence, je poserai un exemple : Dieu {principe) a réglé les rapports du froid et du chaud, rapports d'après lesquels l’homme comprend et établit la loi de la chaleur; mais il coutrevient à cette loi et se brûle ‘ voilà le fuit.
Dieu
Plan divin
Principes
Esprit
Energie
Essence
tn
Plan astral
Lois
Intelli¬
gence
Vie
Substance
Plan physique
Faits
Instinct
Forces
Matière
Homme
Nature
Esprit
Nature idéale
Création
= Principiation
Ame
(vie)
Nature naturante
Organisation =: Formes
Corps
Nature naturée
Réalisation = Objets
Gomment tous ces éléments divers qui, à première vue semblent si disparates et inconciliables, fusionnent-ils ensemble pour constituer le tout, harmonieux en sa triunité, qui frappe nos regards dans le monde sensible, et notre esprit dans le monde intellectuel? Voici.
Dieu, ai-je dit, est tri-un, à la fois Esprit, Essence et Energie.
De lui émane un rayonnement perpétuel (1) qui, à la fois Esprit, Essence et Energie, traverse tous les plans cosmiques, depuis le cercle divin jusqu'au tohu-wabohu de la matière inorganisée, en créant tout, au cours de cette involution — où l’Essence se mue en substance, puis en matière d’abord sans forme et enfin avec forme — où l’énergie devient de la vie, puis de la force successivement cosmique et matérielle — où enfin FEsprit se
(1) On ne peut philosophiquement comprendre un principe créateur qui cesse de créer, qui, en un mot, n'est créateur que par intermittence. Ce rayonnement perpétuel, c'est le perpétuel sacrifice de la Divinité à la vie, à la permanence de son œuvre, c'est la grande leçon de l'altruisme divin.
modifie en intelligence chez l’homme et les vertébrés supérieurs, en instinct chez l’animal et la plante, en affinité chez le minéral.
Arrivé au dernier des plans cosmiques, où il est allé porter la vie dans l’organisation, le rayonnement divin remonte vers sa source en entraînant avec lui la matière qui se spiritualise et l’esprit qui tend à se diviniser ; c'est la période d’évolution où tout est ramené vers le créateur. L’univers est donc le corps de Dieu, et les mondes sont les cellules de ce corps.
Au cours de ce cycle double dévolution puis d’évolution, une monade a voulu, au lieu d’être confondue avec les autres dans les tourbillons de fluides, vivre sa vie propre et arriver à Dieu par ses forces personnelles ; elle a inauguré alors le cycle des existences successives dans la matière ; elle a appris d’abord à vivre la vie matérielle, confondue avec le minéral; puis elle s'est affinée avec les marbres et les cristaux; puis elle est devenue plante, de plus en plus élevée, puis animal de plus en plus perfectionné, puis être humain, d'abord brute, sauvage, puis civilisé, et enfin évolué, pour devenir dans l’au-delà esprit de plus en plus pur, puis élémentaire, puis Démiurge, puis... que sais-je? Jusqu’à l'heure où la monade primitive, après des avatars sans nombre, est établie ministre divin, à la suite de myriades d'existences successives dont le bien et le mal de chacune se répercutent sur les suivantes... mais qu’importe le temps, et qu’est ce cycle de vies devant l’éternité ?
Le tableau suivant met en relief cet ensemble harmonieux où l’évolution des êtres et des choses est causée et rythmée parla réintégration du rayon créateur à sa source ineffable et divine.
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On voit, du premier abord, toute la simplicité, à la fois logique et grandiose, de ce système cosmologique où tout rentre dans le même cadre, qui donne la compréhension de tout, de la Divinité comme du caillou le plus brut.
Ayant établi plus haut (deuxième partie, chap. Il) Terreur de la Science officielle dans sa théorie de la constitution de la matière, il convient ici d’indiquer, en parallèle, la théorie de l’occultisme sur le même sujet.
L’émanation divine est à la fois Esprit, Essence et Énergie. A mesure que cette émanation s'éloigne de sa source, l’esprit s'obnubile, devient intelligence, puis instinct, puis affinité... L’énergie se subdivise en forces de plus
en plus grossières. L'Essence se scinde en essence et en substance ; la substance est d'abord sans forme et la forme s’organise sur un plan voisin du nôtre ; lorsqu’elle pénètre sur notre plan — par le sous-plan atomique, le plus élevé des sous-plans du plan physique — l’ultimate substantiel, base de la matière, est donc constitué par la force la plus subtile du plan matériel, et d’où dérivent toutes les forces physiques : l’électricité à l'état tourbillonnaire — et par une matière à l’état quintessencié, mais constituant déjà une forme, la forme sphéroïdale ; c’està-dire que, dans la théorie occultiste, l’ultimate présente les trois dimensions et, par suite une étendue : enfin il est dirigé par ses affinités propres, émanations de l’esprit.
Ainsi comprise la matière s’explique très logiquement alors que la théorie des officiels n’est qu’une pure absurdité : 0 + 0 = 1.
Toutefois, je dois dire ici qu’il existe certaines différences d’écoles, lesquelles, par suite de l’analyse plus ou moins poussée de la division ternaire, établissent la distribution de l’univers, en conformité avec la constitution occulte de l’homme, suivant des modes différents, quinquenaire, septénaire ou novenaire.
11 y a en effet, probabilité, par exemple, que l’âme (1) de l'homme déborde en haut sur le plan divin, puisque l’expérimentation nous la montre débordant en bas sur le plan physique. Mais ce n’est là qu’une difficulté d’apparence que l’expérience résout facilement.
En ce qui me concerne, j’ai longtemps hésité entre les deux théories, ternaire — qui me semblait la plus sim-
(1) Il importe de ne pas confondre l’âme avec l’esprit, comme on le fait de nos jours ; l’apôtre Paul était dans la réalité des choses quand il distinguait en l’homme trois éléments divers, l’esprit, l’âme et le corps- L’esprit vit sur le plan divin, l’âme sur le plan astral, et le corps sur le plan physique (V. Paul, I, Thess, V, 23).
pie, rhomme étant composé d'un corps, d'une âme et d’un esprit — et septénaire — qui me semblait mieux répondre à la réalité, l’âme étant, à mon avis, d’ordre composite et cette division nous ayant été léguée par toutes les écoles mystériales de l’antiquité.
Mais l'expérimentation m'a indéniablement démontré que la théorie novenaire (simplifiée en théorie septénaire) est celle qui répond à la réalité. En opérant sur des sujets magnétiques placés dans une hypnose de plus en plus profonde, j’ai dédoublé l’être humain en organisme matériel et fantôme, et, dans ce dernier, j’ai reconnu Pâme, comportant en soi l'esprit. Puis, par des dédoublements successifs, en cette âme totale j’ai rencontré des éléments différents, tous de forme distincte, qui me sont apparus comme autant d’âmes spécialisées. Ces âmes spécialisées je les ai isolées puis étudiées une à une, et je suis arrivé par cette analyse, à établir que l’être humain se compose des éléments suivants :
1° Organisme physique, ne comportant que la matière.
2° Ame vitale (1) (Vie organique. — Forme: du corps, sur lequel elle déborde).
3° Ame sensitive (2) (Sensibilité. — Forme : du corps, mais plus petite).
4° Ame intelligente (3) (Science humaine. — Forme : Aura enveloppant le corps).
5° Ame causale (4) (Volonté, Mémoire. — Forme : Flamme avec halo).
6° Ame morale (Distinction du bien et du mal. — Forme: Soleil éblouissant).
7° Ame intuitive (Relation avec l’esprit. — Forme : Fer de lance).
(1) Double aéthérique ou corps odique,
(2) Corps astral, corps de désir.
(3) Corps mental.
t (4) Corps causal.
8° Ame conscientielle (Moi de l’individu. — Forme : Ostensoir débordant sur V esprit).
9° Esprit (ldéogénie. — Forme : Petite flamme à facettes).
Ceci doit suffire au point de vue de l’étude poursuivie en ces pages (1).
Quant à ce qui concerne les plans de la nature, on en • compte un certain nombre qui varie également suivant les écoles, et sur chacun desquels on fait vivre un élément de l’âme; on leur a même donné des noms tirés de védantisme et du bouddhisme ; le vrai est que, à part les plus proches de nous, nous n’en savons rien, et l’heure n’est pas proche où l’expérimentation pourra nous fixer à leur égard. 11 est donc plus prudent, à mon avis, de ne compter, dans l’univers, que trois plans : le plan divin ou N monde des principes, le plan astral général ou monde des lois (qui contient en soi les plans : astral proprement dit, mental et causal, sur lesquels nous avons quelque documentation), et le plan physique, ou monde des faits. Toute subdivision plus détaillée est pure spéculation à part un point de vue spécial qui est celui-ci : Tout plan de l’univers comporte des sous-plans dont le plus élevé, pour chacun, est un sous-plan atomique où la matière de ce plan, dans sa marche évolutive vers la spiritualisation, passe sur le plan supérieur dont elle ne formera d’abord que la substance la plus grossière.
Pour nous résumer, on peut admettre sans crainte d’errer, que l’âme totale vit : sur le plan physique par son élément vital et, par la partie inférieure de son élément sensitif ; sur le plan astral, par ses principes intermédiaires; et qu’enfin, sur le plan divin, comme l’esprit,
(1) Le lecteur curieux de cette étude technique trouvera dans l’Ame humaine, du même auteur (1 vol in-12, Paris, S. D.) le résultat de recherches spéciales sur Pâme, sa substance, ses forces, sa biologie, sa physiologie, son anatomie, ses propriétés physiques et chimiques, etc..*
vivent très vraisemblablement les principes supérieurs de l’âme en relation directe avec l’esprit, c’est-à-dire l’élément conscientiel et, pour la partie supérieure de luimême, l’élément intuitif.
L’être humain peut 'dès lors être considéré comme suit :
Homme
Univers
[ Plan physique ) Ame vitale \ f Corps matériel J
Ce tableau nécessite plusieurs remarques :
D’abord, il peut sembler étrange de voir l’âme intuitive, qui est en rapports étroits avec l’esprit, vivre en quelque sorte à la fois sur les deux plans : divin et astral : c’est que, si elle est, comme l’âme conscientielle, en intime communion avec l’esprit, elle a, de plus que celle-ci, à agir sur les éléments suivants qui, eux font partie du plan astral : pour les actionner, elle doit donc elle-même vivre au moins partiellement sur ce plan.
D’autre part, on peut être surpris de voir l’esprit placé sur le plan divin alors que l’âme morale (distinction du bien et du mal), l’âme causale (mémoire et volonté) et l’âme intelligente (intellect) font partie du plan astral; le motif est très simple : c’est que l’idéation pure est seule du domaine de l’esprit ; les autres facultés de l’âme manifestent l’idéation, mais ont besoin, pour se manifester elles-mêmes, d’agir sur l’organisme par la destruction de cellules cérébrales.
Enfin, l’âme sensitive participe à la fois du plan astral et du plan physique pour ce motif que sa partie inférieure, la plus grossière, celle que touchent les sensations
purement matérielles, semble bien aussi vivre sur le plan physique et disparaître après la mort pour ne laisser survivre que la sensibilité purement astrale : je me suis expliqué ailleurs sur le sens unique qui la caractérise.
Une autre remarque : L’âme vitale (fluidique) et le corps (matériel) ne se composent pas de la même substance, et la substance même de chacun d’eux n’est pas homogène ; nous sommes donc amenés à diviser le plan physique en plusieurs sous-plans qui sont :
[Etat atomique) (Etat aithérique) (Etat moléculairt (Etat radiant)
Aither IV Aither III Aither II
laire)
Plan physique < Aither I
Gaz
Liquide
Solide
En ce qui me concerne, je crois à l’existence de quatre états aithériques entre le gaz et l’astral, me basant d’une part sur ce que m’ont dit mes sujets d’expérience qui, tous, voient plusieurs aithers différenciés dans la composition de l’âme vitale, et, d’autre part, sur ce que la coloration des différentes âmes secondaires est diverse : plus ou moins bleue ou rouge, plus ou moins grisâtre ou brillante.
De même que le plan physique se compose de sousplans, de même le plan astral et le plan divin se divisent je l’ai dit plus haut en un certain nombre de parties secondaires; mais nous sommes trop peu documentés à cet égard pour pouvoir en établir aucune théorie.
Pour le plan astral général, nous en connaissons assez bien : le plan astral proprement dit, — un peu le plan mental, — et infiniment peu le plan causal : c’est tout, et les autres plans de l’astral ne peuvent actuellement donner lieu qu’à des spéculations purement métaphysiques.
De même, toutes les religions se sont évertuées à créer
des classifications dans le plan divin : je n'en indiquerai ici que les deux plus connues : celle de Denys-l’Aréopagite, usitée parle Christianisme et celle de la Kabale, que suivent les occultistes, mais en faisant remarquer encore une fois qu’il s’agit ici de pures spéculations, puisque l’expérimentation humaine, arrêtée en ce moment à la base même du plan astral, n'a jamais pu pénétrer dans le plan divin.
Quoi qu’il en soit, voici cette subdivision :
Denys l’Aréopagite
Kabale (1)
La Couronne
1er h érarchie La Sagesse
L’Intellligence La Miséricorde
Plan divin
2® hiérarchie La Prudence
La Beauté La Victoire
Principautés
Archanges
Anges
3e hiérarchie L’Honneur
Le Fondement
J’ai à peine besoin de faire remarquer que toutes ces subdivisions à l'infini n’ont guère d’autre résultat que
d’embrouiller la question, et qu’il est infiniment plus
simple et plus logique de s'en tenir à la théorie tri-une, qui est d’ailleurs un principe primordial de l’occultisme, puisque, de ce principe, nous verrons découler plus loin, la loi fondamentale dite du ternaire.
Avant de clore cet exposé, deux remarques sont à faire :
La première est que, quand on parle de plans et de sous-plans de l’univers, il faut entendre, non pas des localisations, mais des états. C'est ce que font d’ailleurs bien comprendre dans le plan physique, les sous-plans gazeux, liquide et solide qui marquent des états différents et non
(1) Ce système est celui dit des Séphiroth; pour être complet, il doit comporter, au sommet, Y Absolu, c'est-à-dire Dieu compris en soi-même, et, au bas, le Royaume qui correspond à l'univers matériel. (V. p. 472)
des localisations superposées; il en va de même dans la conception générale des trois plans : divin, astral et physique, qui n’indiquent pas, par exemple, le ciel, l’atmosphère et la terre, mais qui ne font que préciser un état plus ou mois rapproché de l’absolu sur la voie évolutive ; de telle sorte que, cestrois états s’interpénétrant, l’homme, sans sortir de lui-même, vit par son esprit sur le plan divin, par son âme (intermédiaire plastique) surtout sur le plan astral, et enfin par son organisme sur le plan physique. Une simple comparaison fera bien comprendre cette interpénétration des plans : Supposez une caisse que vous emplissez de cailloux ; sur ces cailloux, vous jetez du ciment qui remplira leurs intervalles; sur ce mélange, enfin, vous versez de l’eau qui pénétrera le ciment et fera du tout un seul bloc : du béton ; mais, dans ce béton, l’analyse retrouvera l’eau, le ciment et la pierre s’interpénétrant l’un l’autre, de telle façon que, si préalablement, au centre de cette caisse, vous avez placé un objet quelconque, cet objet se trouvera, après achèvement de l'opération, en contact à la fois avec l’eau, avec le ciment et avec le caillou. L’enseignement évangélique « Chacun doit porter Dieu sur son cœur » est donc littéralement exact.
La seconde remarque se rapporte à une différence de méthode existant entre l’occultisme et la science normale. On a vu l’univers partagé en trois plans : divin, astral et physique qui correspondent respectivement aux trois mondes des principes, des lois et des faits. La science normale établit ses lois d’après les faits, et, comme elle ne peut pas, de toute impossibilité embrasser l’ensemble des faits, les lois qu’elle établit sont généralement fausses ou incomplètes parce que des faits nouveaux se révèlent à tout instant, qu'elle n’avait pas envisagés et qui viennent les controuver. De plus, elle n’a jamais pu s’élever jusqu'aux principes absolus. L’occultisme, au
contraire, en possession des principes que lui apporte la Tradition, base sur eux les lois qu’il édifie. Or, quelle loi a le plus de chances de correspondre à la réalité, c’està-dire d’être vraie, celle basée sur un principe, ou celle basée sur un fait? Je laisse au lecteur le soin de décider en lui faisant remarquer que, si nous avons emprunté à la science normale certains de ses instruments, la science normale, par contre, tout en raillant l’occultisme, est arrivée à lui prendre, par ses découvertes successives, tout ce qu’il y a de vrai dans les théories sur lesquelles elle vit à l’heure présente.