I. — Le plan astral
Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître l’existence d'une énergie première d'où dérivent toutes les forces naturelles: ils ne diffèrent entre eux que sur sa modalité.
Cette énergie primordiale se trouve mentionnée dans la Table d’Emeraude, sous le nom de Thélesme ; les auteurs intermédiaires l’ont communément appelée lumière astrale, les alchimistes Azoth (1), et les mystiques, le corps igné du Saint-Esprit.
E. Lévi dit d’elle:
« 11 existe un agent mixte, un agent naturel et divin, corporel et spirituel, un médiateur plastique universel,
(1) Ce mot, qui désigne lo grand agent hermétique, la Vie, prise en soi et dans son absolu, comme origine et fin de tout, est composé de VA qui est la première lettre des trois alphabets principaux do l'antiquité, et de chacune de leurs dernières lettres : Z latin, Oméga grec, et Thav hébraïque.
un réceptacle commun des vibrations, du mouvement et, des images de la forme, un fluide et une force qu’on pourrait appeler, en quelque manière, l’imagination de la nature.
« Par cette force, tous les appareils nerveux communiquent secrètement ensemble ; de là viennent la sympathie et l’antipathie ; de là viennent les rêves ; par là se produisent les phénomènes de seconde vue et de vision surnaturelle. Cet agent universel des œuvres de la nature c’est Yod des Hébreux et du chevalier de Reichenbach, c’est la lumière astrale des Martinistes... La lumière astrale aimante échauffe, éclaire, magnétise ; attire^ repousse ; vivifie, détruit ; coagule, sépare ; brise, rassemble toutes choses sous l’influence de volontés puissantes (1).
Et ailleurs :
« La substance une est ciel et terre, c’est-à-dire, suivant ses degrés de polarisation, subtile ou fixe... Lorsqu’elle produit la splendeur, elle se nomme lumière. Elle est à la fois substance et mouvement: c’est un fluide et une vibration perpétuelle... il se révèle par quatre sortes de phénomènes et a été soumis au tâtonnement des sciences profanes sous quatre noms -.calorique, lumière, électricité, magnétisme... Cet agent solaire est vivant par deux forces contraires, une force d’attraction et une force de projection, ce qui fait dire à Hermès que toujours il remonte et redescend... La lumière universelle, lorsqu’elle aimante les mondes, s’appelle lumière astrale ; lorsqu’elle forme les métaux, on la nomme azoth ou mercure du Sage ; lorsqu’elle donne la vie aux animaux, elle doit s’appeler magnétisme animal (2). »
La Kabale hébraïque la voyait sous trois modalités répondant à la polarité universelle : Yod (positif), Vob (négatif) et Yaour (neutre).
(1) Histoire de la Magie, 1 vol. in-8, Paris, 1892.
(2) Clé des grands Mystères, 1 vol. in-8, Paris, S. D.
Pour Louis Lucas, c'est du mouvement :
« Le mouvement, c’est le souffle du Dieu en action parmi les choses créées ; c’est le principe tout puissant qui, un et uniforme dans sa nature et dans son origine peut-être, n’en est pas moins la cause et le promoteur de la variété infinie des phénomènes qui composent les catégories indicibles des mondes ; comme Dieu, il anime ou flétrit, organise ou désorganise, suivant des lois secondaires qui sont la cause de toutes les combinaisons et permutations que nous pouvons observer autour de nous(l).
Ce même auteur en dit encore :
« Le mouvement, c’est l’état non défini de la force générale qui anime la nature; le mouvement est une force élémentaire, la seule que je comprenne et dont je trouve qu'on doive se servir pour expliquer tous les phénomènes de la nature ; car le mouvement est susceptible de plus et de moins, c’est-à-dire de condensation et de dilatation, électricité, chaleur, lumière. Il est susceptible encore de combinaison et de condensation. Lutin, on retrouve chez lui l’organisation de ces combinaisons. Le mouvement, supposé actif matériellement et intellectuellement, nous donne la clé de téous les phénomènes (2). »
En résumé, ce que Louis Lucas appelle mouvement, je l’appelle, d’une façon plus générale, Vie, et je suis arrivé à cette conclusion par de multiples expériences de psychologie poursuivies non seulement par moi-même, mais par des maîtres — de mes Maîtres — qui s’appelaient le D* G. Encausse, le DrH. Baraduc et le Col. de Rochas.
D'autre part, quand je parle de Vie , il ne faut point croire qu’il s’agit de vie modalisée, tonalisée et spécifiée ; non, la vie dont je parle est de la vie en principiation, qu’à la vérité nous pouvons prendre sur le plan voisin telle quelle, mais qui, pour se manifester sur notre plan
(1) Chimie nouvelle, 1 vol. in-12, Paris, 1854,
(2) Id ., médecine nouvelle, 2 vol. in-12, Paris, 1862.
matériel, a besoin d’être élaborée par l’organisme qui se l’est assimilée, pour être, par lui modifiée et adaptée aux fins dont il est besoin.
Contrairement à la force matérielle qui, introduite dans l’organisme, s’y affine successivement en force musculaire, force nerveuse, force cérébrale..., l’énergie vitale captée sur le plan voisin est modifiée tout d’abord, dès qu’elle est introduite dans l’organisme, et avant tout, en vie cérébrale et nerveuse qui, en se matérialisant, si je puis employer ce terme, se diffuse dans les organes et les appareils.
En résumé, près de nous, sur le plan voisin, c'està-dire à notre portée, il existe un réservoir de vie où chacun de nous, sous certaines conditions et réserves naturellement, peut la puiser en quelque sorte à volonté. Je n’ai pas à dire ici les voies et moyens : ces explications seront données de façon complète et détaillées dans un ouvrage ultérieur où elles seront mieux à leur place (1). Il me suffit ici d’avoir indiqué le fait avec l’absolue certitude qu’un jour ou l’autre il s’imposera à l’attention des physiologistes.
J’arrive maintenant aux possibilités latentes que recèle l’homme normal, possibilités que les officiels, matérialistes avant tout et ne voyant que le corps — ou, au plus, admettant l’esprit mais sans comprendre qu’un lien doit exister entre l’un et l autre — traitent couramment de nons-sen et d’absurdités.