II. — L’intermédiaire plastique
L’homme est tri-un, composé à la fois d’un esprit, émanation directe de la Divinité, d’une âme d’ordre composite formée d’aithers différenciés, c’est-à-dire de substances astrales (2), et d’un organisme matériel.
(1 ) L'Occultisme et la Vie , 1 vol. sous presse.
(2) V. l’Ame humaine du même auteur, 1 vol. in-12, Paris, S. D.
Voilà le fait. En voici maintenant les conséquences.
L'esprit vit sur les limites inférieures du plan divin l’âme vit sur le plan astral et l'organisme dans la matière La matière influe beaucoup sur la totalité de l’être, parce que les sens ordinaires ne sont organisés que pour percevoir la matière ; mais que le corps et l’âme soient temporairement annihilés, ce qui n’arrive que chez les créatures d’élite, par exemple dans les cas d'extase ou de ravissement, et l’esprit prend conscience du milieu sublime où il se trouve ; que le corps seul soit momentanément non pas annihilé mais simplement mis en état de passivité et d’inertie par le sommeil, par une méditation profonde ou pour tout antre motif, et l’âme prend conscience qu'elle ne vit pas sur le plan physique : elle en prend conscience par les songes (1), par les intuitions, par des impulsions de sympathie ou d'antipathie qui s'imposent à elle et qui lui proviennent de l’ambiance astrale où elle se trouve.
Il y a même plus : Placée sur le plan où s’élaborent les formes de l'avenir, où se gênèrent en principiation les séries de clichés astraux que le monde sensible devra ensuite réaliser, lame peut prendre connaissance du futur, en tant, toutefois, qu’il n’est pas modifié par le libre arbitre de l’homme ; en d’autres termes le lendemain lui apparaît tel qu'il doit logiquement et idéalement découler du présent, quitte lorsqu'il passe à sa réalisation sur le plan physique, à être modifié, s'il y a lieu, par la volonté humaine. De là pour l’âme, pendant que l’organisme matériel n’agit plus sur elle, les songes prémonitoires et autres mystérieux avertissements qu’elle reçoit sur le plan astral, et que l’homme appelle des intuitions, des pressentiments ou autres notions préalables des choses qui s'imposent à lui en dehors de tout raisonnement.
(1) Ne pas confondre avec les rêves qui ne sont que des réminiscences de la vie matérielle emmagasinées dans lJâme causale.
Mais l’âme comporte en soi tout un organisme fluidique qui est le double exact du corps physique et qui apparaît quand, au cours de nos expériences de psycho-physiologie, nous isolons l’âme vitale (1). Cet organisme fluidique possède des sens bien plus délicats que ceux du corps physique. De plus l’âme sensitive (2), quand nous l’isolons nous révèle, chez tous nos sujets magnétiques, un sens unique d'une extraordinaire acuité résumant non seulement les cinq sens normaux mais encore d’autres qu’ignore l’homme terrestre : ce sens, lorsque nous l’étudions, nous l’appelons sens astral parce qu’il semble surtout trouver son champ d’application sur le plan supérieur.
Or, supposez un être ayant la possibilité de mettre en œuvre tous ses sens supra-normaux sur le plan astral — et c’est le cas à la fois de tous les sensitifs à l’état de veille et de tous les sujets magnétiques en certains états d’hypnose — et vous comprendrez la voyance dans le temps ou dans l’espace, la clairaudience, la divination, la télépathie et autres manifestations propres au plan astral, mais que ces sensitifs et ces sujets nous rapportent sur le plan physique.
D’autre part, il n’est personne à qui il ne soit arrivé d’avoir ce qu'on appelle des absences ; c’est le cas où l’esprit vagabonde, laissant où il est le corps physique parfaitement éveillé, mais dans une sorte d’inconscience qui le soustrait momentanément aux influences des choses ambiantes... Supposez le corps complètement endormi, ou tout au moins absolument inconscient et dans un engourdissement complet: alors, ce que l’esprit fait si facilement de façon courante, rien ne l’empêche de le faire, dans ces conditions encore plus faciles, en entraînant avec soi l’âme dont momentanément le corps n’a
(1) Appelée aussi double aithérique ou corps odique.
(2) Corps astral ou corps de désir d'autres écoles.
plus besoin ; mais l’âme, je le répète est de nature fluidique : elle peut donc tomber sous les sens assez déliés pour la percevoir; plus encore : étant composée de substance astrale qui est la base de toute matière physique, elle peut se condenser de même qu’elle peut prendre, dans l’ambiance, delà substance humaine (1)... Dans ces conditions il est aisé de comprendre l’apparition des vivants, le wraith ou vision d’un moribond, le dédoublement, en un mot, de l’être humain qui, ces dernières années, c'està-dire depuis que l’attention a été attirée sur se genre de phénomènes, a été si souvent constaté par la plaque photographique.
Si, d'autre part, en ce qui concerne ce phénomène d'apparition fantômâle des vivants, on se reporte à ce qui a été dit plus haut, que la forme de l’âme sensitive (ou corps astral) est soumise à la volonté de l’être, ce que d’ailleurs nous démontrent nos expériences journalières de psychophysiologie, on est amené à admettre logiquement que cette apparition peut se produire sous une forme qui n'est pas celle du sujet lui-même : et alors voici établie la réalité du phénomène de lycanthropie (loups-garous) que les scientistes et autres gens soi-disant sérieux regardent comme une mauvaise plaisanterie, indigne de leur attention...
Mais il y a plus encore.
Si l’on veut bien se reporter à la loi dévolution, on se rappellera que le rayonnement divin est tri-un, composé d'esprit, d’énergie et d’essence ; à mesure qu’il s’éloigne de sa source, l’esprit devient intelligence, instinct, affinité... L’énergie se modifie en force vitale puis
(1) Du fluide odique que chacun de nous comporte en soi et qui est interchangeable. L'emploi de tous ces procédés est peut-être soumis à la volonté mais serait trop long à expliquer ici. L'étude en a été faite ailleurs de façon détaillée (V. Méthode de dédoublement personnel, du même auteur, 1 vol. in-8°, Paris, 1910).
mécanique... L'essence se mue en substance puis en matière, d’abord sans forme, puis avec forme (1)... mais si loin que la matière soit de sa source primordiale, et si grossière soit-elle devenue, il y subsiste toujours, je l’ai démontré, comme une vague clarté divine de l’esprit qui s’y manifeste sous deux modalités : volonté et mémoire.
D’autre part les choses sont constituées comme les êtres, chez qui la mémoire emmagasine ses souvenirs non pas dans le cerveau (qui n’entre en action que dans la remise au jour des souvenirs) mais dans l’âme intelligente (2), laquelle se présente devant l’expérimentateur, comme une aura lumineuse enveloppant tout l’être et rayonnant autour de lui. Ce rayonnement a été étudié, dans les choses, particulièrement dans les plantes, les cristaux, les aimants, etc., par le chevalier de Reichenbach et par le colonel de Rochas. Supposez donc un objet entrant en contact avec un individu quelconque : il y aura simplement attouchement ; mais, ce contact, examinez-le sur le plan astral, et vous y trouverez l’intercommunication entre l’aura où sont emmagasinés les souvenirs de l’objet et l’aura de rintelligence humaine : l’une percevra l’autre, et alors naîtront les manifestations de la science nouvelle assez improprement appelée psychométrie , qui est appelée à devenir dans l’avenir, une source historique importante (3), qu’ont étudiée à l’étranger le professeur Buchanam, de Boston, les Drs Hübbe-Schleiden
(1) De là les sous-plans arupa (sans forme) et rupa (formé) du plan astral selon 'es théories hindoues.
(2) Ou corps mental.
(3) On a expérimenté avec des fragments de monuments, des débris fossiles, des rayons d'astres, des objets historiques, etc. Il y a quelque temps, j’ai placé une vieille montre sur le front d’un sensitif. « Cette montre, me dit le sujet, a beaucoup voyagé, mais sans presque jamais sortir de France, et, chose bizarre ! généralement de l’ouest à l’est ou inversement. » Or le précédent propriétaire, fonctionnaire du réseau de l’Ouest, était chargé des acquisitions de terrains des lignes à construire et avait ses bureaux à Versailles où il revenait fréquemment.
et L. Deinhard, de Munich, le savant géologue américain William Denton, la Société de Recherches Physiques de Londres etc. En France, les Drs Bourru et Burot ont étudié les radiations des corps, mais à un tout autre point de vue : celui de l’action à distance des substances toxiques et médicamenteuses, ce qui n’est qu’une face secondaire de la question, car il est bien reconnu maintenant que tout corps, organisé ou non, émet des radiations.
Or, si l’expérience amène à reconnaître l’existence de la radioactivité dans les corps inorganiques, à plus forte raison devra-t-on l’admettre chez les êtres organisés, et alors nous arrivons à la télépathie — très proche parente de la télégraphie sans fil puisque toutes deux reposent sur la même théorie, indiquée plus haut — • qui met en relations mentales, par des rapports sur le plan astral, deux personnes, si éloignées soient-elles, pourvu que, psychiquement, elles soient accordées en quelque sorte au même diapason, pour être en état de réceptivité réciproque.
D’autre part, la science normale, admettant l’hypnose, est bien forcée de reconnaître que certains instruments, certains objets, sont inductifs d’états hypnoïdes qui suffisent pour mettre un sujet en communication consciente avec le plan astral : et nous voici amenés à admettre les miroirs magiques... En Occultisme, tout se tient, tout forme bloc! Et il suffit d'étudier loyalement en faisant naturellement table rase de toute idée préconçue, ce qui est la seule façon scientifique d’étudier, pour être contraint d’admettre des conclusions qui révolteraient si les faits n’étaient pas là, irrécusables, pour confirmer les conclusions.
Et tout se tient si étroitement dans la vaste synthèse de la Sagesse antique, que, en suivant simplement la voie où nous sommes engagés, nous allons aboutir à un monde tout nouveau où, tout d’abord, ne semblaient pas devoir nous amener les prémisses posées plus haut.
En effet, les sujets que nous plaçons en hypnose de façon à les envoyer sur le plan voisin sont unanimes à se dire en rapport avec des Entités qui sont non pas des êtres humains comme eux en cours d’expérience, mais des habitants de ce plan dont les uns, élaborant les fluides, les actionnant et paraissant se confondre avec eux, semblent appartenir à une animalité spéciale, et les autres, doués d’une intelligence sensiblement adéquate à la nôtre, donnent l’impression d’une humanité dénuée de corps physiques et, par suite, soustraite aux besoins matériels...
L’Occultisme nous apprend que le plan astral est peuplé de deux sortes d’êtres, les élémentals ou esprits des éléments et des élémentaires. On a beaucoup discuté sur leur nature et leur rôle : tout bien examiné, voici, à mon avis ce qu’il convient d'en penser.
Les élémentals constitueraient la partie semi-intelligente des fluides dont ils feraient partie intégrante et qu’ils actionnent sous la direction d "Intelligences directrices ; en outre, n’oublions pas que, dans l univers, tout vit : les fluides sont donc vivants ; les élémentals seraient donc la vie des fluides, et leur rôle y serait analogue aux globules sanguins et surtout aux leucocytes de l’homme. La Tradition indique quatre classes d’élémentaux, suivant qu'ils agissent dans les fluides d'un élément spécial, et qui sont :
Eau ........ Ondins
Air . Sylphes
Terre . Gnomes
Feu . Salamandres
Dès longtemps, j’ai pensé que les microbes découverts à la fin du siècle dernier par l’école pastorienne répondent singulièrement à telles données puisqu’ils sont nor-
malement invisibles pour l'homme, puisque ce sont eux qui donnent sa virulence ou au contraire son énergie curative (1) à un sérum, et puisqu’enfin, on en rencontre des catégories très distinctes les unes des autres, dans l’air, dans les liquides et sur tous les corps solides. Toutefois, les Salamandres, dans cette théorie, semblaient inexistantes, puisque, loin d’exister dans le feu, elles sont détruites par la flamme et la chaleur.
Sur ces entrefaites a paru un mémoire où le Dr J. Butler Burke, attaché au laboratoire bien connu de Gavendish, à Cambridge, a démontré comment, en soumettant une solution de gélatine stérilisée à l’influence du radium, on obtient des radiobes nés par hétérogénie (2). Dès lors, la question s'éclaircissait: le feu de l’ancienne physique est étudié par la physique moderne sous deux modalités essentiellement différentes, chaleur et lumière : le feu-lumière donne naissance à ces êtres qui chevauchent sur la limite du mystère, animant l'air, l’eau et la terre, et sont enfin détruits par le feu-chaleur, qui ferme leur cycle vital (3).
Ceci n’est, à la vérité, qu'une théorie, valant par suite ce que valent toutes les théories qui n’ont pas encore passé par le creuset de l’expérimentation ; mais il a été tant discuté à propos des élémentals, que l’on m'excusera d’apporter ici mon opinion personnelle.
Selon une autre opinion, cette animalité de l’astral serait constituée par Tâme des animaux terrestres, lesquels, n’ayant encore d’autre tâche que de s’accoutumer à la forme supérieure de la vie dans les mondes matériels, ne séjournent, sur le plan voisin, que très peu de temps entre chaque existence hylique.
(1) Dans l'un et l'autre cas : sa vie.
(3) D'autre part, sous l'appellation générique Feu, on comprend souvent les fluides et aithôrs qui, eux aussi , doivent posséder leurs microbes spéciaux.
Enfin, on a regardé comme desélémentals certains êtres qui se présentent au cours de nos expériences sur le mystère avec des formes effrayantes et sans fixité aucune : je préfère n'y voir que des élémentaires peu évolués dont l'âme sensitive est susceptible, suivant leur volonté du moment, de prendre toutes les formes.
En tous cas, la réalité de ces entités bizarres me semble hors de tout conteste, puisqu'il nous arrive d’en tuer au cours de certaines expériences (1).
Quant aux Elémentaires, ce sont tout simplement les êtres humains désincarnés. Et nous voici amenés, par l’enchaînement des choses, à parler de l’humanité posthume.