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peut s'acquérir que par l’usage aidé de la réflexion : c’est dire, que le tableau qui suit est loin, bien loin de présenter un exemple complet.
Je laisserai ensuite de côté les correspondances primordiales, celles unissant le visible à l'invisible, qui ne se peuvent concevoir que par des études assez profondes, pour m’en tenir aux correspondances courantes qui sont rapportées d’ordinaire à la double base du tarot et de l’astrologie.
En se reportant au tableau ci-joint, on y trouvera une trentaine de séries, nombre suffisant pour en comprendre l’usage.
Je suppose qu’un auteur hermétique veuille énoncer cette idée : Dieu est le créateur de l'humanité, et qu’il ne veuille être compris que des kabbalistes les plus élevés : il utilisera la série des lettres hébraïques et écrira : Aleph est le Zaïn de Ghimel, ce qui est absolument incompréhensible pour tout profane.
Veut-il s’adresser non aux maîtres de la kabale mais à tous les kabalistes, il énoncera : Kéther est le Tiphéreth de Binah, ou, si l’emploi de termes hébraïques lui paraît présenter un certain danger dans le cas où l’Inquisition lui aurait demandé quelque explication embarrassante, il traduit en langue courante : La Couronne est la Beauté de l’Intelligence.
S’il ne veut être compris que des arithmologistes, il posera l’équation : 1 = 7 de 3 ou mieux : 3 — 7 = 1.
Préfère-t-il parler le langage de l’astrologie ? Il écrira : Le Soleil est le Sagittaire de la Terre.
On voit, par ces quelques exemples, toutes les ressources que peut présenter l’usage des correspondances à l’écrivain qui veut dissimuler sa pensée... Et n’oublions pas que, après la chute des sanctuaires antiques, les hermétistes n’écrivaient que pour les autres hermétistes, de façon que leur pensée fut incompréhensible aux foules, et que, durant le millénaire du Moyen Age, c’était pour eux une question de vie ou de mort, que l’Eglise toute-puissante ne put pénétrer le fond de leur pensée, alors que cette pensée devait être saisie par les autres déteneurs de la haute science des anciens sanctuaires.
On voit, par ce bref exposé toutes les difficultés que présente aujourd’hui la lecture des Maîtres anciens ! Encore heureux quand, à ce voile ils n’ajoutaient pas celui d’une traduction en symboles ou en écriture pantaculaire !
J’ai parlé ailleurs de ce genre d’écriture, je n’y reviendrai pas ici (1).
Mais il y avait d’autres cas où les vieux auteurs employaient le langage des correspondances, par exemple lorsqu’ils avaient à décrire les conditions de certaines opérations d’hyperphysique (Magie) dont ils voulaient écarter les caractères débiles et les volontés chancelantes. Je n’en citerai qu’un exemple.
Pour accomplir les opérations faites sous les auspices du soleil, les maîtres anciens nous disent qu’il faut être couronné, vêtu et chaussé d’or serti d’escarboucles... il n’est aucun simple curieux qui ne recule devant la dépense que représente un tel ornement corporel, et tous renoncent à une si coûteuse expérience. Mais l’adepte au courant des correspondances sait très bien qu’en pareil cas, l’or peut aisément se remplacer par la couleur jaune, et les escarboucles par des glands de chêne ou des points incandescents (ampoules électriques jaunes , etc.).
Je vais maintenant donner le tableau de quelques correspondances parmi les plus usuelles mais en répétant au lecteur que ce tableau, embrassât-il un volume entier, ne saurait en aucun cas et quel que soit son développement, être complet : c’est par l’étude seule, aidée de la méditation, que l’on peut acquérir une connaissance quelque peu étendue des correspondances occultes (2).
(1) V. plus haut, la Loi du Symbolisme et aussi la Sorcellerie des campagnes, du même auteur (1 vol. grand in-8#, Paris 1910).
(2) Les correspondances se retrouvent, comme vestiges d'un lointain passé dans la thérapeutique des campagnes, où les remèdes voient très généralement leur efficacité basée sur des rapports plus ou moins lointains de forme, de nom, de couleur, etc., avec l'organe ou la maladie en cause. C'est ainsi que la pariétaire ( perce-murailles ) et le saxifrage (dont le nom signifie Briseur de rocher) sont employés contre les calculs de la vessie, la renouée contre les contusions, le corail et le santal rouge contre les hémorragies, le sureau contre l'hydropisie, le lis contre la lèpre, la serpentaire contre les morsures venimeuses, etc. ; de même la laitue est réputée favoriser la sécrétion du lait ; de même, saint Cloud est invoqué contre les furoncles, sainte Claire contre les maladies des yeux, etc.