‹ L'Occupation Internationale en Crète de 1900 à 1906Chapitre 34 sur 80 · DEMANDE D'EMPRUNT · texte numérisé non relu

DEMANDE D'EMPRUNT

francs à contracter par le gouvernement crétois si l’intérêt ne dépassait pas 3 0/0, grâce au concours des puissances.

Mais celles-ci étaient peu disposées à garantir l’em-

prunt, les ambassadeurs à Rome étudiaient la question, mais n'y donnaient aucune solution.

Une autre difficulté survint pour ce qui était des indemnités à accorder aux paysans ruinés par les insurrections de mai 1899. Le prince Georges demanda aux puissances de lui avancer chacune 600.000 francs, qui seraient considérées non comme un emprunt, mais comme une avance directe faite aux paysans. Les ambassadeurs étudièrent encore la demande mais n’y donnèrent point de solution. Des difficultés s'élèvent alors entre chrétiens et musulmans. Les députés musulmans, ayant demandé un emprunt de 40 millions qui avaient été repoussé, prirent le parti de s'adresser aux notables de la Canée, Candie et Rethymo pour transmettre une pétilion aux puissances afin d'obtenir leur concours. Le prince, fort embarrassé, renouvela en mai sa demande aux puissances ; il les pria d'avancer 800.000 Îr. à 1 0/0 d'intérêt et 2 0/0 d'amortissement. Les puissances acceptèrent, sauf l'Italie, qui, ayant envoyé des officiers et des sous-officiers pour former la gendarmerie, se considéra comme ayant suffisamment rempli son devoir envers la Crète.

Enfin, le prince eut encore à s'occuper de la fixation de la contribution de la Crète à la Dette ottomane. En droit,

les puissances ayant passé sous silence la contribution à

la dette, la Crète n'était obligée en rien, mais en fait, elle participa à la Contribution. L'administration de la Dette ottomane agit ici en qualité de société privée et revendique à son profit le maintien d'anciens privilèges. Le décret du 8/20 décembre 1881 cédait à cette administration, pour le service de la dette, la perception de certains revenus comprenant généralement les six contributions indirectes. Mais en vertu de l'article 13 du pacte de Halépa, de 1878, après prélèvement des frais d'administration locale, l'excédent des recettes sur les dépenses devait être partagé entre le Trésor impérial et le budget de l'ile. Seuls, les droits de douane et ceux sur le sel et le tabac, ne devaient pas figurer à ce budget. Il y eut donc en 1881 une injustice à concéder tous les droits à l'administration de la dette. En 1896, on décida que l'impôt sur le tabac appartiendrait désormais à l’île. Ce fut alors une mjuslice vis-à-vis de la Porte qui protesta.

Au moment du départ du prince Georges pour la Crète, il y eut encore des difficultés. L'intérêt des Anglais porteurs de litres ottomans était que la Crète contribuât, dans la plus large mesure possible, à la dette. M. Law, membre du conseil d'administration de la dette et président du contrôle international de Turquie, souleva la question à Athènes.

M. Sphakianadis, futur président de l'Assemblée créloise, refusait de reconnaître le principe même de l’obligation de la Crète de fournir à la dette. Le prince Geor-

ges, au contraire, n'était pas hostile, mais il voulait ne

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