L'INTERVENTION EN CRÈTE
secteur international, le commandant supérieur des troupes internationales relève de la réunion consulaire.
En outre, il est évidemment du devoir des consuls généraux, s'il se produit dans la marche du gouvernement crétois des abus ou des intrigues de nature à compromettre gravement l'ordre public ou à préparer des attentats aux statuts crétois, d'en rendre compte à leurs gouvernements après en avoir délibéré entre eux.
En dehors de la réunion des quatre consuls généraux des puissances protectrices qui fonctionne pour les questions mettant en jeu le rôle de ces puissances comme puissances protectrices, le groupe entier des consuls, comprenant les représentants des six grandes puissances se réunit et fonctionne pour les affaires intéressant ces puissances, par exemple pour les questions des indemnités et de la surtaxe et toutes questions touchant au régime des capitulations, au commerce, à la navigation et à la protection des ressortissants étrangers en Crèle.
Enfin, les puissances ont en Crète des troupes internationales réparties en secteurs. Or, 1l faut noter que l'ile est en pleine paix, ce n’est donc pas une occupation armée en cas de guerre qui s'explique facilement, même si elle est prolongée après la paix, comme cela se passa pour la France en 1870 ; mais ici, le cas n'est pas le même il n'y a pas eu guerre, l'occupant n'exerce pas sa souveraineté et l'occupé n'est nullement dans limpossibilité d'exercer la sienne, comme l'exige l'occupation armée.
Nous ne pouvons guëre comparer la situation de la Crète
à ce point de vue qu'à celle autrefois existante à Ancône, en 1831, où Casimir Périer fit occuper la ville jusqu'en 1839, pour faire la contre-partie du jeu de l'Autriche qui occupait Bologne.
Résumons-nous : l’île de Crète est dans une situation spéciale au point de vue international. Son sort, réglé par les puissances qui, se crurent le droit de le faire pour assurer la paix en Orient et protéger les musulmans, est le suivant.
L'île est un Etat mi-souverain par rapport à la Turquie, et, par rapport aux quatre grandes puissances, elle est dans un état spécial qui se résume par un gouverneur agent des puissances, par le rôle étendu des consuls et par la garnison de troupes internationales.