CHARGES DU BUDGET
liens de 104 à 20 seulement, avait pour cause des promotions dans la gendarmerie crétoise. Après trois années d'organisation, on ajourna ces promolions et les sous-officiers italiens furent au même effectif. De cette facon, la gendarmerie italienne continue à coûter 203.040, plus 30.000 pour le traitement des interprètes.
La gendarmerie créloise coûte en tout 810.200 Îr.; dont 606.700 francs pour frais de traitements. L'ensemble des deux gendarmeries revient donc à 1.043.340 Îr., somme à laquelle on ajoute 65.000 francs pour la solde et les frais des gendarmes faisant le service des prisons ce qui monte le total à 1.108.340 francs.
La Justice coûte, y compris l'entretien et le personnel des prisons, 695.000 francs. L'Instruction publique les Cultes, les Arts 1.000.000 de francs. L'Intérieur 138.000 francs, les Douanes 178.000, les Préfectures 67.000 francs, le personnel des Travaux publics 27.000, les ports 150.000, le service de cabotage 72.000, la liste civile du Prince 200.000. Le service des Finances, administration, contrôle, comptabilité générale, caisse du Trésor 80.000francs, l'imprimerie 35.000, l'Agriculture et les Fonds 50.000 francs, l'entretien du domaine 12.000, remboursement et non-valeurs 27.000, caisse de secours des combattants de l'insurrection 120.000, versement à la Dette publique sur produit du sel 100.000 francs.
De cet ensemble du budget de la Crète, on peut tirer
quelques considérations. Pour faire face aux dépenses, le gouvernement va être dans l'obligation d'augmenter certaines taxes sur les vins et les spiritueux très légèrement imposés, il en sera de même en ce qui concerne le vin, l'huile et les produits naturels. Mais, ces impositions sont rendues nécessaires pour pouvoir accomplir quelques travaux d'absolue nécessité. Le gouvernement a bien tenté de réaliser quelques économies en supprimant 14 sous-préfectures et en réduisant les traitements des hauts fonctionnaires. Ainsi l'évêque de la Canée ne touche plus que 500 francs par mois au lieu de 900 francs. Mais les charges, malgré tout, nous le répétons, sont énormes. Les députés touchent 10 fr par jour durant les 60 jours de la session, ce qui augmente d'autant le budget. La gendarmerie pèse très lourdement, avec 1.043.340 francs, sur un budget de 3.600.000 francs. Peut-être pourrait-on diminuer ce luxe des gendarmes, considérant que la Corse se contente d’un nombre bien inférieur.
Enfin, le budget à "été encore grevé de l'indemnité due aux étrangers et aux indigènes qui ont subi des pertes dans les insurrections. Les indemnités aux étrangers ont été réglées en septembre 1906 : une somme globale de 1 million avait été réservée sur la surtaxe de 3 0/0 prise sur les revenus des douanes à ce sujet. Les indemnités qui avaient été reconnues aux étrangers par la Commission consulaire s’élevant à un peu moins
POINT DE VUE COMMERCIAL 157 de 2 millions ; ils ont donc touché 51 0/0 sur le chiffre qui leur avait été reconnu.
Le surplus de la surtaxe a été affecté aux indemnités destinées aux indigènes, L'examen de ces demandes d'indemnilés à été opéré par une Commission mixte composée de 6 consuls, des conseillers du gouvernement crétois et de quelques hauts magistrats ou fonc- Honnaires crétois. La somme demandée par les indigenes s'élève environ à 50 millions ; au cours de la crise crétoise, le fonds des indemnités a été déposé dans une caisse spéciale placée sous la garde et Ia surveillance combinée de la Commission, des 6 consuls et du gouvernement crélois, avec le concours des détachements internationaux pour assurer mutuellement celle garde. Les indemnités aux indigènes ont été ré-
glées en 1907.
$ 4. — Point de vue commercial,
Le reproche adressé universellement à la Crète est son manque absolu de communications. Il ÿY a unanimité à reconnaitre l'utilité absolue qu'il y aurait à créer des routes, des chemins de fer, à reconstruire et à entrelenir les ports et à mettre l'île en rapport avec l'Europe par des services réguliers. En feuilletant le Monileur officiel, nous trouvons les rapports des consuls se plaignant des difficultés qu'on éprouve à circuler et de
l'insuffisance des débouchés. Çà et là nous trouvons
158 DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE Il
des projets qui, hélas! n’aboutissent guère. En 1900 (1), il résulte d’une communication de la Canée que le gouvernement crétois demande l'exécution de travaux consistant en un réseau de routes carrossables. La création de ces routes donnera lieu à des ouvrages d’art. On décide également la fondation d’une ligne de tramways de la Sude à la Canée, et de la Canée à Halepa. Dans la même année (2), nous écoûtons les doléances du Consul se plaignant qu'il n'existe aucun débouché pour le commerce français en Crète. Il n'existe, nous dit-on, aucune industrie, tout est à faire en matière de tissus, d'outillages et de produits fabriqués. L'Italie a seule le monopole des farines ; la quincaillerie, les articles de ménage sont fournis par l'Autriche. L'île exporte des raisins secs, des caroubes et des huiles; presque tout le commerce se fait en Italie et en Autriche. Trieste étant relié par des communications régulières, tandis que les marchandises venant de France sont débarquées au Pirée, ce qui rend le trafic très difficile. En 1900 (3), de nouveaux projets de travaux sont cependant élaborés. Un chemin de fer à voie étroite de 1 mètre de largeur et de 100 kilomètres de longueur pour desservir les plaines de Missara et ayant pour point central la ville d'Héraclée, va être construit dans les conditions suivantes Exploitation 90 à 100 ans; garantie d'intérêt qui serait
(1) Moniteur officiel du commerce, page 148, &., 1 (2) Moniteur officiel du commerce, 1900, page 749.
(3) Moniteur officiel du commerce, t. IT, page 870.
TRAVAUX PUBLICS 159 fixée par les avant-projets dressés par les ingénieurs du gouvernement. Le matériel roulant et tout ce qui sera nécessaire à l'exploitation entrerait franc de port.Pour le charbon,la quantité entrant en franchise serait fixée d’après le nombre de machines. Une somme de garan- Ue devra être déposée; à la prochaine réunion de la Chambre crétoise, une loi sera votée par laquelle le gouvernement sera autorisé à conclure des conventions avec garantie.
Enfin, un projet de canalisation des eaux de la Canée est conçu, mais on est obligé de renoncer à l’exploitation des mines à cause du manque de communication ?
En 1903 (1), un rapport de M. Drouin, consul, nous donne des détails sur le commerce et la situation de l'île. M. Drouin se plaint encore de l'état de l'île; son aspect est lamentable, nous dit-il, des restes de villes et de palais attestent une prospérité passée ; la civilisation semble avoir sombré dans la barbarie. Des senüiers tiennent lieu de routes, les ports construits pour des galères vénitiennes, sont inabordables. L'ensemble des échanges en 1902 s’est élevé à 20 millions de francs, dont 12 millions et demi à l'entrée et 7 millions et demi à la sortie. L'importation fut pour les farines seules, de 4.166.937 francs et pour les tissus de 2.691.735 francs. On remarque que les céréales constituent l’article d’importation le plus important, quoique le pays soit pro-
(1) Moniteur officiel du commerce, t. II, page 272.
pice à la culture; mais le paysan ne s'occupe que des oliviers. La Crète, en 1902, a reçu 10 millions de kilogrammes de farines d’une valeur totale de plus de 2 mullions de francs, provenant de Roumanie pour 5 millions 138.996 kilogrammes, de Grèce pour 2.291.034 kilogrammes, de Turquie pour 1.271.409 kilogrammes, de France pour seulement 596.154 kilogrammes.
L'exportation consiste surtout en huiles pour une valeur de 2.667.125 francs ; en fruits pour une valeur de 2.520.467 francs, en 1902, il est sorti 4.095.499 kilogr. d'huile représentant 2.457.063 francs.
Les principaux débouchés sont Ja Turquie, l'Egypte, la Tripolitaine et l'Italie. Le commerce avec la France se réduit en somme à peu de chose, en 1902 nous avons recu 5.000 tonnes de caroubes, nous avons fourni 420.579 kilos de farine et quelques cotonnades imprimées. Il faut s’en prendre, si notre commerce n'est pas plus actif, aux Messageries Maritimes, qui se relusent à faire des opérations à la Sude. En 1903 (1), un rapport du Consul allemand à la Canée nous apprend que le papier, le carton et les articles en papier sont un produit d'importation assez considérable, à cause de la création des écoles. Nous trouvons également un rapport de M. Maurouard, notre consul, nous renseignant
sur la navigation. Ce rapport parut au Monileur ofjt-
(1) Moniteur officiel du commerce, t. IT, page 497.