LA NAVIGATION
ciel du Commerce en juin 1906, et nous instruit du mouvement maritime en l’année 1904.
Le nombre total des arrivées et des départs de bâtiments de commerce chargés et sur lest, dans les ports de l'île, s’est élevé à 4.375, correspondant à un tonnage global de 2.413.887 tonnes et à la présence, à bord, de 111.205 tonnes d'équipage et de 60.039 passagers.
Le mouvement se répartit comme suit : 3.288 navires à vapeur, représentant 2.334.492 tonnes et 103.744 hommes d'équipage, et 1.087 bâtiments à voiles représentant 79.415 tonnes et 5.461 hommes d'équipage.
L’Angleterre a, pour sa part, 153 bâtiments, dont 20 vapeurs, 133 voiliers. L'Autriche 662 bâtiments, dont 648 vapeurs et 14 voiliers; la France 50 vapeurs; l’Allemagne 14 vapeurs; la Grèce 1.659 navires dont 1.270 vapeurs et 389 voiliers. Le trafic a lieu de la facon suivante :
La Canée reçoit 1.174 navires, représentant 839.216 tonnes. La Sude 319 navires: Kolyvès, 20 navires: Sphakia, 48 navires: Réthymo, 821 navires: Candie, 1.036 navires; Sitia, 267 navires.
M. Maurouard termine son rapport ainsi : « À part la baie de la Sude, où les paquebots russes font normalement leur touchée hebdomadaire, et qu'utilisent les autres paquebots par les gros temps, les escales de la plupart de ces vapeurs se font en Crète sur rades foraines abritées seulement du vent, venant du côté de la terre, l’accès des ports de la Canée n'étant pos-
sible qu'aux petits vapeurs el aux voiliers et l'entrée des ports de Candie et Réthymo aux voiliers seulement. Nonobstant, ces médiocres conditions de mouillage, le programme de ce service maritime peut être dans la pratique régulièrement exécuté. La baie de la Sude offre toujours à la navigation un abri sûr, mais elle n'est malheureusement reliée à la Canée par aucune voie Îerrée, lacune qui complique les transports des marchandises par terre.
Enfin, en 1907, le commerce de l'ile est le suivant importation de farines, 11.871.022 kilogrammes, représentant 2.695.306 francs, de tissus d'une valeur de 3.126.073 francs ; de céréales pour 779.531 Îr.
L'exportation des huiles se chiffre par 4.594.037 fr., les céréales par 1.331.830 francs. Le raisin sec par 1.119.587 francs.
Nous terminerons ce chapitre en ürant la conclusion que comporte la situation de la Crète, telle que nous venons de l'exposer. L'île est dépourvue de voies de communication, ses poris sont insuffisants, ses relalions avec l'Europe irrégulières, ce qui empêche les transactions. En outre, les impôts sont lourds, l’armée et l'administration sont des charges trop fortes pour le pays ; malgré lout, on ne saurait désespérer de l’avenir et rien n'empêche de croire qu'après quelques années de calme et de gouvernement soucieux des intérêts du pays, la Crète n’obtienne un sort meilleur.