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En 1895, Sven Hedin a parcouru le terrible désert de Takla-Makane dans l'Asie centrale; il faut lire les récits qu'il
Anémomètre Robinson.
(Construit par la Maison Richard.)
nous a rapportés de ces effrayantes explorations.
• A perte de vue les dunes apparaissent régulièrement espacées. Cette mer de sable, me semble singulièrement grandiose et le silence qui l'enveloppe rend cette impression plus pénétrante.
a Devant cette majestueuse immensité, je me sens poussé en avant par l'aiguillon de la découverte et la fantasmagorie de l'inconnu.
0 Les dunes grandissent toujours; les plus saillantes atteignent maintenant 25 ou 30 mètres et présentent des pentes si escarpées qu'il est nécessaire de tracer un sentier sur leurs versants pour permettre aux chameaux de les gravir.
« Le lendemain la marche est rendue encore plus pénible par uii simoun terrifiant. Sous les pas de la caravane les rafales soulèvent des nuages de sable et l'enveloppent de tourbillons impénétrables. Cette pluie de particules minérales pénètre partout, dans la bouche, dans le nez, dans les oreilles, même à travers les vêtements et les masques de fil de fer dos lunettes.
« Par moment les hommes s'arrêtent à moitié asphyxies par les
trombes de poussière ne s'élevant pas a plu6 de 3 mètres ou 3 m. 50. Toute h. journée le soleil luit, implacable, dans rum azur idéalement pur. Impossible de se désaltérer. L'eau contenue dans les citernes portées par les chameaux a une température de 30 degrés. »
En France, nous avons rarement de semblables tempêtes à redouter; notre climat paraît surtout sous la dépendance des vents provoqués en grande partie par un large courant marin, le Gulf-Stream.
Echauffées par un soleil torride, les eaux de la mer du Mexique sortent de l'étroit goulet de Bahama avec une vitesse de S à 10 kilomètres à l'heure. La largeur de ce fleuve marin aux eaux bleu-foncé atteint jusqu'à 200 kilomètres sur une profondeur de 400 mètres. Si nous ajoutons que la température du Gulf-Stream est voisine de 30 degrés, on comprendra qu'un pareil courant traversant 1 Atlantique de part en part, amène dans l'atmosphère d'inévitables ruptures d'équilibre. Par un mécanisme particulier, ce courant augmente la fréquence des vent:; d'ouest dans l'Europe occidentale et tend ainsi à égaliser notre climat.
Nous verrons plus tard l'importance
rel;ant électriquement un anémomètre à cet appareil
obtient l'enregistrement de la direction et de 1 1 vitesse du vint. (Modèle Richard^
te la direction et de la vitesse du vent dans la prévision du temps; il est dcne nécessaire de dire en terminant ce chapitre comment en détermine l'une et l'autre.
La direction du vent est donnée par le point d' horizon d'où il semble provenir.
A cet effet, on utilise ce que les marins appellent la rose des vents : c'est une circonférence divisée suivant les quatre points cardinaux :
Nord, Est, Sud, Ouest. Chaque part de la circonférence est lui-même divisé en parties égales plus petites; ou obtient ainsi des directions intermédiaires
Pour déterminer le point d'où vient le vent on peut se servir d'une girouette ou mieux d'un léger drapeau, ou même d'un ruban attaché au bout d'un bâton.
En général, il vaut mieux prendre cette direction sur un point élevé, en raison des remous occasionnés par le6 arbres, les maisons, les accidents de terrain.
Cette remarque est si vraie qu'il est impossible de se faire une idée de la direction du vent en examinant un grand nombre de girouettes dans une ville.
Dans les observatoires, la di-
Uns glace noircie où l'on a
tracé la rose des vents permet
d'apprécier la vraie direction
des nuages.
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rection du /ent est enregistrée électriquement au moyen d'appareils appelés anémomètres (1). Souvent les instruments sont munis d'un moulinet à ailettes dont le nombre de tours par seconde peut être repéré et enregistré ; on obtient alors la vitesse au vent en mètres par seconde.
Ces instruments serjt toujours coûteux et ceux qui s'intéressent aux observations météorologiques peuvent avoir recours au tableau de la page 60 qui comprend 6 forces de vent qu'on peut facilement apprécier.
La vitesse du vent augmente généralement à mesure qu'on s élève.
A Paris la vitesse moyenne e-t de 2 m. 15 par te- ,?onde à 20 mètres de hauteur.
Au sommet de la tour Eiffel, elle est quatre fois plus grande, soit 8 m. 70; mais si nous montons encore, la vitesse ne croît plu6 proportionnellement. A 8 ou 10 kilomètres elle ne dépasse guère 30 mètres à la seconde. Néanmoins ce chiffre correspond à nos tempêtes ; il faut remarquer, toutefois, que l'air étant plus raréfie, la pression doit être beaucoup
A nui MÉTÉOROLOGIQUE.
Moi lie du Bureau Central.
( 1 ) Anémomètre de: a m mu--, souffle ; metr-jn, mesure.
moins forte et les effets moins violents. Ces derniers chiffres nous indiquent cependant, que la circulation aérienne est extrêmement active. L'atmosphère est continuellement agitée, des remous gigantesques sont sans cesse en action pour brasser cette masse énorme. Nous vivons dans Jes profondeurs d'un véritable océan
aérien, seules les vagues de fond pour ainsi dire nous intéressent directement, mais pour les prévoir il faudrait constamment étudier les coucbes supérieures et si, dans ce domaine de la science, les ouvriers sont animés d'un zèle ardent, leur nombre fait souvent défaut et les ressources pécuniaires sont tout à fait insuffisantes.
Fleurs de glace.
L'hiver a l'observatoire dd Put de Dôme,