OUR
dit suffit cependant pour montrer qu’il importe d’avoir au même moment, sur le même fil de sonde, un nombre d'échantillons aussi grand que possible. IL y à donc avantage à se servir de bouteilles très légères, puisque le volume d’eau recueilli n’a qu’une importance secondaire, pourvu qu'il soit suffisant pour les essais analytiques. La bouteille du D' Richard répond à ces données : elle est légère, de construction simple et par conséquent peu coûteuse ; elle porte un thermomètre à renversement ordinaire et elle ramène un volume d'environ 300 centimètres cubes d’eau avec lesquels on procède à un rinçage du flacon, on exécute une mesure de densité et des dosages quantitatifs de l’ammoniaque libre, de l’ammoniaque albuminoïde, des halogènes et de l’acide sulfurique. Si, toutefois, pour des recherches spéciales, on avait besoin d’un volume plus considérable de liquide, on emploierait la bouteille de Buchanan ou même, si l’on n'était pas effrayé par son poids et surtout par son prix, celle de Pettersson. Comme toujours, le choix des instruments et des méthodes est commandé par le but que l’on se propose et il serait aussi absurde de chercher à mesurer au dixième de millimètre la distance entre deux villes que d’effectuer les mesures linéaires d’un dessin au moyen d’une chaîne d’arpenteur.
La propriété de l’eau de mer, tenant à sa constitution même, la première à constater, est sa basicité. Il suffit d’ajouter quelques gouttes de réactif coloré, teinture de tournesol, solution alcoolique de coralline, aurme ou phénolphtaléine, pour observer immédiatement le changement de couleur qui pour chacun d’eux est caractéristique de l’alcalinité.
L'eau douce continentale est acide et contient toujours une proportion relativement considérable d’acide carbonique. Il en résulte une importante conséquence au point de vue de l’économie générale du globe. L'eau continentale acide dissout mieux les carbonates que les silicates, tandis qu’au contraire, l’eau de mer dissout mieux les silicates. Les carbonates, amenés en quantités énormes dans le bassin océanique, y servent — et surtout le carbonate de chaux, le plus abondant de tous — à la nutrition des végétaux et des animaux à enveloppe calcaire, algues, foramini-
fères, mollusques ou crustacés. Les silicates y arrivent en grains très fins que l’eau de mer dissout et leur silice servira à la flore et à la faune siliceuses, diatomées, radiolaires ou éponges. Des êtres occupant le rang le plus infime, ainsi que l'ont prouvé les expériences de Murray et Irvine, décomposent done les silicates dissous ou même, comme l'argile, simplement en suspension dans l’eau, s’en assimilent la silice et l’isolent, effectuant par leur seule force de vie une opération à laquelle nous ne parvenons, dans nos Iaboratoires, qu’en faisant appel à toutes les ressources matérielles de nos creusets et de nos réactifs.
L'eau de mer contient en dissolution des sels, des gaz et des matières organiques.
En entrant dans le détail des faits relatifs à la composition chimique de l’eau de mer, il convient d'établir, dès le début, que celle-ci, dans tout l'océan, à la surface et dans ses profondeurs, n’est pas partout chimiquement identique à elle-même. On ne saurait considérer des échantillons pris dans des localités éloignées les unes des autres comme de l’eau distillée à laquelle on aurait ajouté un poids plus ou moins grand d’un même mélange de sels. Les proportions de ces sels varient, il est vrai, entre de faibles limites, mais ces différences, si légères qu’elles soient, ont des conséquences capitales sur l’économie de l'océan. On est donc obligé de juger de grandes choses d’après de petites et cet inconvénient, malheureusement inévitable, est une réelle difficulté des études de chimie et de physique océanographiques.
Comme il importe d’avoir un type moyen dont — il faut se hâter de le dire, — les échantillons particuliers s’écarteront toujours plus ou moins, nous donnerons la composition en poids des sels contenus dans 1 000 grammes d’un échantillon d’eau de l’Atlantique.
Ghlorure déesoditm NaGt 2eme Er TE REP 3T A6 Chlorure de potassium KCI . . . . . . . . . 0,5921 Chlorureide rubidium.RbCl : 5.24 ::1::,11 0,0490 Suite se Chaux Cas 20e RNA 453829
À reporter. . . . . 29,3066
ni
ReTORLAANENANENS 29,3066
Sulfate de magnésie MgSO, . . . . . . . . . 2,2437 Chlorure de magnésium MgCE . . . . . . . 3,3625 Bromure de magnésium MgBr, . . . . . . . 0,0547 Métaphosphate de chaux CaP,04. . . . . . . 0,0156 Bicarbonate de chaux CaG,0,. . . . . . . . 0,0625 Bicarbonate de fer FeG,03. . . . . . . . . . : 0,0026 Silice S10$ : -}) NS RPM EN NNResEe 35,0631
Si on calcule la proportion de chaque sel en centièmes du total des sels, on trouve :
Chlorure de sodium 4:44. 2 TENNIS DApOnMeNE Chlorure de/masnesium//4 00e RG Sulfate de -mawnésie(i 21 RIM ER TE NONG SS Suliatedeichauxy) NN EN EAU OR NN PINR ES Chlorure de potassium 1e) PNR a Et ee Bromure de magnésium} 4U00N0Ie re MO ee Bicarbonate dé Char EE ANNEE RENTE OU AR
Deux éléments jouent un rôle particulièrement important, le total des halogènes, c’est-à-dire du chlore, du brome et de l'iode et l'acide sulfurique. La proportion des premiers pour 1 000 parües en poids d’eau de mer varie entre 19 gr. 05 et 21 gr. 38 environ, tandis que la proportion de l’acide sulfurique est comprise entre 2 gr. 27 et 2 gr. 34, selon les échantillons.
En réalité, la mer tient en dissolution tous les corps simples, car elle est alimentée par l’eau des pluies, des sources et des fleuves ayant ruisselé sur les continents et en ayant lavé les masses. Or tous les corps, quels qu’ils soient, sont solubles dans l’eau. Nous avons vu que Dieulafait y avait découvert du bore, de la lithine, du cuivre, du zinc et du manganèse, mais on y a reconnu en outre la présence de l’iode, du fluor, de l’aluminium, du baryum, du strontium, du césium, du nickel, du cobalt, du plomb, de l’arsenic, de l'argent et de l’or. Ces éléments se trouvent à l’état de combinaisons diverses qu'il est difficile de préciser, car si les procédés de l'analyse permettent d'obtenir la quantité de chaque corps simple
contenu dans l’eau, rien n’autorise à affirmer quels modes particuliers de combinaisons ceux-ci affectent entre eux. Il est intéressant de constater la concentration de certains de ces éléments. Le sol des grandes profondeurs est semé de nodules mang'anésiens, concrétions d’oxydes de fer et de manganèse autour d’un débris organisé, Des végétaux et des animaux possèdent le pouvoir de concentrer dans leurs tissus un corps simple particulier ; le bore se retrouve dans les cendres de la Zostera marina et du Fucus vesiculosus ; Pocillopora et Heterospora accumulent dans leurs tissus le cuivre, d’autres le plomb ou le zinc. C’est dans les cendres de plantes marines ou dans les incrustations des chaudières à vapeur que les chimistes vont chercher les corps rares.
L'étude de ces concentrations n’a pas été considérée avec le som qu'elle mérite et peut-être la chimie analytique de l’avenir aurat-elle profit à se montrer moins dédaigneuse. Il s’agit d'admettre le réacüf-vie au nombre des réactifs chimiques au même titre que l'acide oxalique pour déceler la chaux ou le chlorure de platine pour la potasse. Si, par exemple, le calcaire, au lieu d’être si répandu dans la nature, était un minéral rare, le plus simple moyen de se le procurer ne consisterait-il pas à laisser des coquilles concentrer le carbonate de chaux en dissolution dans les eaux et, la réaction étant accomplie, à recueillir le produit ayant pris naissance ? C’est d’ailleurs le procédé employé en Cochinchine et dans les îles de corail où la chaux indispensable aux constructions est obtenue par la calcination de coquilles. Le réactif vivant possède parfois une délicatesse dépassant de beaucoup celles des réactifs inorganiques. Des traces plus qu'infinitésimales, indiscernables par les procédés analytiques les plus sensibles, de cuivre ou d'argent, suffisent pour arrêter le développement de certaines algues ou les faire immédiatement périr si ces métaux sont introduits après coup dans l’eau où elles ont végété.
L'eau de mer contient de l’air atmosphérique, c’est-à-dire un mélange d'oxygène et d’azote, de l'acide carbonique et, en faible proporüon, de l’hydrogène sulfuré.
La solubilité de l'oxygène dans l’eau étant plus élevée que celle