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LA NASSE ET SA BOUÉE SONT ABANDONNÉES A LA MER

prix très notablement inférieur. Quand on pense que le thermomètre est devenu, grâce aux études faites surtout en Norvège, non plus un instrument scientifique, mais un véritable outil de pêche destiné a être mis entre les mains de chaque pêcheur, le bas prix de sa fabrication prend un intérêt capital. ;

Il ne serait cependant pas impossible qu’on parvienne à le perfectionner encore. Sur les exemplaires existants, la longueur de un degré centigrade de l'échelle est d'environ 2 millimètres. Sur une telle longueur, pour peu que l’œil y soit exercé, on arrive à faire la lecture au dixième de degré près. Pourtant il est des cas où une précision plus grande serait utile et où il conviendrait d’être non seulement absolument assuré du dixième de degré, mais d'évaluer avec sécurité le demi-dixième. Il serait donc à désirer qu’un constructeur imaginât une modification du Negretti et Zambra telle qu'on püt d’abord, par un dispositif quelconque, absolument garantir la rupture de la colonne au 1/10° de degré puis, par lisolement préalable d’une certaine quantité de mercure de la colonne, donner la sensibilité indiquée entre des limites déterminées variables à volonté. Il s’agirait d’une sorte de thermomètre cryoscopique modifié de manière à supporter deux retournements, l’un avant Pimmersion pour régler les limites de la sensibilité, l’autre au sein de la couche d’eau profonde afin de provoquer l'isolement de la colonne mercurielle à la température même de la couche. La sérieuse importance prise par la connaissance de la température exacte de l’eau qui doit ultérieurement servir aux corrections de la densité et aux recherches afférentes à la circulation sous-marine, notamment aux courants volcaniques adjacents au sol, font de ce perfectionnement un véritable desideratum.

On a imaginé d’autres modèles de ‘thermomètres sous-marins. Les Suédois ont repris l’idée de Hales, une bouteille entourée d’une épaisse couche de matière isolante et contenant un thermomètre dont on lit l’indication lorsqu'il a été remonté à la surface dans sa bouteille protégée. On prétend être assuré de 1/300° de degré. On demeure, il faut l'avouer un peu sceptique au sujet de ce 1/300° et, en admettant qu’on soit certain de cette précision sur un bâtiment

en pleine mer avec le roulis, le tangage et mille autres difficultés, pratiques, on ne comprend pas trop à quoi servirait tant d’exactitude et l’on se rappelle involontairement ce géodésien qui prétendait mesurer la distance de Vienne à Saint-Pétersbourg au millimètre près. Gardons-nous de l’hypnotisme des décimales, maladie scientifique malheureusement assez commune.

Le D' Reonard a inventé un instrument enregistreur donnant par une courbe qu’il trace lui-même les variations de la température pendant une durée de temps déterminée. L'appareil est un thermomètre enregistreur ordinaire à mouvement d’horlogerie dont l’intérieur est en communication avec un ballon en caoutchouc rempli d’air, immergé avec lui, subissant la même compression quelle que soit la profondeur et par conséquent régularisant la pression subie intérieurement et extérieurement par les ressorts. L'appareil est très habilement combiné et, malgré quelques inconvénients, il est susceptible de rendre des services à la condition de ne pas être immergé trop profondément.

On a aussi imaginé des thermomètres thermo-électriques ; nous avons dit un mot déjà de ceux de Siemens et de Wheatstone ; il en est de plus nouveaux. Ces instruments, quelque ingénieux qu'ils soient, sont tous entachés du même défaut. Ils sont trop compliqués et trop délicats. Il serait désirable que les inventeurs eussent fait campagne effective à bord d’un navire océanographe, non pas à petite distance des côtes, rien que pour essayer leur invention, mais dans les réelles conditions de la pratique, par temps plus ou moins agité, sous la pluie ou le soleil, en d’autres termes en service courant et non en service d'essai. Dans ces conditions, 1l y a tout lieu de croire que leurs inventions seraient modifiées, à supposer tout d’abord que la plupart d’entre elles fussent conservées.

Ainsi donc l’instrument dont on se sert d’une façon à peu près constante pour mesurer la température de la mer dans les couches profondes est le thermomètre Negretti et Zambra. Quand on désire obtenir des températures en série verticale, opération qui devient de plus en plus fréquente parce qu’elle est intimement liée à la

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détermination des densités de l’eau de mer sur une même verticale, entre la surface et le fond, on superpose les thermomètres à des intervalles connus sur le même fil de sonde. On en accroche quelquefois dix ou douze. Les Américains de V « U. S. Fish Commission », à bord du Grampus, en ont superposé jusqu’à dix-sept. Rien ne limite le nombre des instruments sinon la force portante du fil de sonde et la crainte assez naturelle d’une grosse perte d’argent en cas de rupture car chaque thermomètre avec sa monture vaut, en France, une soixantaine de francs. On comprend l'émotion ressentie en attachant une dizaine de ces instruments à un fil d’acier qu’une coque ancienne dont la trace même demeure invisible, prive sans qu'on puisse le soupçonner, de plus des trois quarts de sa force portante. Ce n’est pas sans raison que le Prof. J.-Y, Buchanan écrivait un jour. « Je ne puis m'empêcher de considérer comme un acte de cruauté envers les instruments, le fait d'en attacher un trop grand nombre sur le même fil. » D'autre part il serait mauvais de les suspendre tous à un câble trop fort qui non seulement se manœuvre très lentement, mais encore communique aux instruments des secousses véritablement au-dessus de celles qu'ils peuvent et doivent supporter. Il vaudrait mieux exécuter le sondage thermique vertical en deux ou trois fois en ne mettant chaque fois sur le simple fil de sonde qui est en réalité un fin câble d’acier à 9 brins ou 3 torons, que la moitié ou le tiers des instruments. Le changement de place du navire, d’ailleurs aussi immobilisé que possible, serait négligeable, les thermomètres ne seraient pas brutalisés et 1l est même probable, vu la rapidité de la descente et de la remontée, que la durée de l’opération, loin d’être allongée, serait peut-être même raccourcie.

Quoi qu’il en soit, les thermomètres étant disposés en série, on les retourne tous en même temps ou bien en relevant légèrement le fil s’ils sont munis d’hélices Magnaghi, ou bien avec des relais de messagers Rung déclenchés les uns après les autres et les uns par les autres, à partir de la surface, au moyen d’un premier messager envoyé du bord.

Si l’on se propose de mesurer des températures superficielles, on

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emploie divers systèmes très simples. Un thermomètre de Meyer enveloppé de matière isolante ou bien un thermomètre entouré d’une sorte de cylindre en verre épais avec monture en cuivre pour le protéger contre les chocs et muni à ses deux extrémités de soupapes laissant librement circuler l’eau pendant la descente mais qui se ferment à la remontée et conservent un certain volume d’eau emprisonné dont la température est assez longue à se modifier après que l'instrument a été ramené à l'air. Enfin, le système le plus simple de tous consiste à envoyer le long du bord, à l'avant du navire pour éviter les souillures, un seau en bois ou en toile qu’on abandonne à la traine pendant quelque temps afin qu'il se mette bien en équilibre de température. On le remonte vivement sur le pont et on y plonge un thermomètre gradué en dixièmes de degré dont on lit l’indication aussitôt que la colonne mercurielle est devenue stationnaire. Hâtons-nous de dire en passant que les déterminations de températures absolument superficielles, c’est-à-dire jusqu’à cinq ou six mètres de profondeur, n'ont de valeur que si elles ont été recueillies avec beaucoup de précautions et d’une embarcation. Prises du bord d’un bâtiment, surtout à vapeur, même immobile ou à peu près, pendant un sondage, les couches d’eau environnantes sont toujours plus ou moins remuées et mélangées par la présence même du bâtiment aussi bien que par le remous de l’hélice, de sorte que le thermomètre ne donne jamais qu’une moyenne assez grossière des températures de toutes ces diverses couches.

Lorsqu'une série de températures suivant une verticale, a été prise, on a l'habitude de représenter graphiquement les résultats sous forme de courbe. Les profondeurs sont indiquées en ordonnées et les températures en abscisses sur deux axes de coordonnées rectangulaires. Quelquefois c’est l'inverse, les profondeurs sont en abscisses et les températures en ordonnées. La différence est sans importance. Pour reporter l’ensemble de ces mesures sur des cartes qu’on dispose elles-mêmes en séries à diverses profondeurs suivant des plans situés à des distances variées de la surface, on note la température trouvée en chaque point placé à sa vraie position et

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