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formation de la glace en eau ayant pour conséquence une séparation du bloc solide et retransformation de l’eau en glace effaçant les effets de la séparation.
On a encore supposé que le point de fusion est plus élevé à l’intérieur d’un morceau de glace qu'à la surface à cause de la cohésion exercée sur une molécule intérieure par les molécules qui l'entourent et tendent à l'empêcher de changer d'état. Cette action n'existe évidemment pas à la surface. En outre, la glace solide, comme d’ailleurs tous les corps cristallisés, possède le pouvoir de provoquer la cristallisation c’est-à-dire la congélation de l’eau en contact avec elle et à la même température. Le regel serait ainsi expliqué.
Quelle théorie convient-il d’adopter ? Chacune rend compte des faits, chacune est plausible ; peut-êtretoutes deux sont-ellesexactes; peut-être toutes deux sont-elles inexactes ; peut-être encore certas cas dépendent-ils uniquement de l’une et certains autres de l’autre. La nature agit sans se soucier des explications. L'homme qui la regarde s'efforce de saisir les causes sans y réussir toujours et force lui est bien alors de se satisfaire avec des mots.
On avait longtemps admis que lorsque de l’eau de mer se congelait partiellement, la glace formée était constituée par de l’eau pure tandis que les sels se concentraient dans la saumure restante. Le phénomène aurait été d’un grand avantage pour les explorateurs polaires qui, pour leur alimentation, auraient toujours été assurés de se procurer de l’eau douce potable en faisant fondre quelques fragments de glace. L'eau de mer se serait dessalée par un effet physique. Il n’en est malheureusement pas ainsi. Les explorateurs ne l’avaient déjà que trop reconnu pratiquement avant que M. Pettersson ne se soit livré à une constatation rigoureuse à la suite de ses analyses des échantillons d’eaux de fusion de glaces rapportées par Nordenskjüld de son mémorable voyage à bord de la « Véga ».
Au moment de la congélation partielle d’une masse d’eau de mer Composée d’une dissolution dans l’eau pure de divers sels, ceux-ci se partagent inégalement entre la portion solidifiée et la
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saumure restée liquide. Les sulfates se concentrent de plus en plus dans la glace tandis que la saumure s’enrichit en chlorures. La forte proportion des sulfates expliquerait pourquoi certaines eaux de glaces marines, quoique sans saveur salée et-bonnes au goût, indisposaient gravement les hommes qui en avaient bu. Il ne suffirait donc pas d’analyser ces eaux comme on l’a fait dans la plupart des expéditions polaires, au point de vue des chlorures, par un dosage à lPazotate d'argent, mais aussi au point de vue des sulfates par le chlorure de baryum. Ces effets de sélection sont sous la dépendance de la lenteur de la congélation et de la température à laquelle s'effectue celle-ci. En définitive, un fragment de
glace d’eau de mer est une roche hétérogène comparable à une …
roche cristalline quelconque, un granite par exemple. Mais tandis que les éléments du granite sont des minéraux de composition différente, d'aspect différent et par suite immédiatement reconnaissables, la glace d’eau de mer se compose d’éléments différents, de nature chimique différente, cryohydrates solides de composition saline variable et en proportions variables selon les conditions dans lesquelles s’est effectuée la congélation. Ceux-ci offrant le m ême aspect extérieur, blanc et limpide, ne sont point discernables et leur ensemble manifeste l'apparence trompeuse d’un bloc compacte et homogène.
Il en résulte de graves conséquences au point de vue des phénomènes polaires. Tout d’abord les éléments de la glace salée étant de composition chimique différente, possèdent des propriétés physiques différentes et par suite des coefficients de dilatation différents. C’est pourquoi, soumis à des alternatives de températures aussi variables que celles qui ont lieu dans les régions polaires, ces éléments se dilatant etse contractant chacun à sa façon, tendent à se séparer mécaniquement les uns des autres, à se disjoindre et à provoquer ainsi la dislocation de la glace par des fissures et des fentes. Sur le lac de Constance dont l’eau est douce et dont la glace est par conséquent de constitution beaucoup plus homogène que la glace d’eau salée, il se fait en hiver des crevasses de 10 kilomètres de longueur sur une largeur de quatre à cinq mètres. La