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sens, éprouve d’assez grandes variations, car elle est sous l'influence d’une foule d’autres variables quelquefois très différentes en des localités pourtant assez rapprochées. Plus basse du côté de la mer que du côté de la terre, plus élevée à mesure que, sur l’ancien continent, on avance de l’ouest vers l’est, dans les régions sèches que dans les régions humides, elle est encore modifiée par certaines données topographiques et météorologiques, l’éclairement, l'orientation du terrain, la précipitation atmosphérique et jusqu'à la pente même du sol car les amas de neige glissent et disparaissent des flancs des montagnes très escarpées.
Il existe trois sortes de glace : la glace d’eau douce, d’eau de mer et celle des glaciers. La neige, forme spéciale de l’eau congelée, est la matière première de la glace des glaciers.
Quand la neige tombe en grande abondance dans une région située en amont de la limite des neiges persistantes, elle s’accumule en masses dont l'épaisseur augmente de plus en plus, surtout si la topographie du lieu s’y prête, c’est-à-dire si le terrain forme une sorte de cuvette plus ou moins vaste. Les couches inférieures comprimées par le poids des couches qui les recouvrent, augmentent de densité. A l’état de neige, elles pesaient à peine 100 kilogrammes au mètre cube et maintenant, grâce à cette compression, leur poids va augmenter jusqu’à atteindre 500 kilogrammes pour le même volume et elles se transforment petit à petit en une masse incomparablement plus compacte quoique encore loin d’être absolument massive car elle contient beaucoup de bulles d’air qui la rendent blanche, opaque et lui donnent l'aspect et la texture de la boule de neige durcie que pétrissent les enfants entre leurs doigts. Ce passage intermédiaire entre la neige et la glace compacte porte le nom de névé. Le névé lui-même soumis à une pression plus forte encore, pénétré dans ses moindres interstices par de l’eau liquide suintant des étages supérieurs et ensuite congelée, deviendra plus compact car il se débarrassera peu à peu des bulles d’air disséminées dans sa masse, soit par remplissage de leurs cavités, soit par expulsion mécanique à la suite des compressions subies. Le névé augmentera de densité, tendra à peser environ
900 kilogrammes au mêtre cube et prendra une couleur du bleu azur le plus pur. En définitive, dans la nature, existent toutes les transitions depuis l’état de neige en flocons jusqu'à celui de glace aussi compacte que du verre. Les faits sont élucidés par l’expérience synthétique qui permet de transformer en la comprimant, une poignée de neige en une lentille tellement transparente et limpide que Scoresby, au Spitzhberg, a pu s’en servir pour concentrer les rayons solaires et allumer la pipe de ses matelots.
Lentement la neige qui augmente sans que rien la fasse disparaître puisqu'elle se trouve dans la région des neiges persistantes, va s’accumuler en amas de plus en plus épais et par conséquent de plus en plus pesants. L'épaisseur du névé, puis celle de la glace des couches inférieures augmentera donc continuellement. Si le cirque montagneux où elle est entassée présente une échanerure, Ja masse glacée finira tôt ou tard par en atteindre le niveau et, semblable à un vase trop plein qui déborde, grâce à sa viscosité, elle coulera au dehors et descendra sur la pente comme le ferait un fleuve au cours extrêmement lent quoique présentant atténuées les mêmes particularités qu’un fleuve liquide. La masse visqueuse descendra alimentée par l’apport continuel des neiges en amont jusqu’au moment et jusqu’à l’endroit où, la limite des neiges persistantes franchie, les conditions d’ablation par fusion et par évaporation l’emporteront définitivement sur l'alimentation par chute de neige. La température de l'air, le rayonnement solaire, les pluies chaudes, tout fera sentir son action et le fleuve glacé s'arrêtera brusquement, terminé par un front d'autant plus voisin du niveau de la mer que lablation se manifestera avec une intensité suffisante plus près de ce niveau. En d’autres termes, les glaciers qui se trouvent à toutes les latitudes, parviendront d'autant plus bas que la localité se rapprochera davantage du pôle, de telle sorte que dans les régions polaires elles-mêmes, au Spitzberg, à l’archipel François-Joseph, au Groenland, sur presque tout le pourtour de l'immense continent antarctique, leur front sera baigné par les flots. Alors se manifestera l’ensemble des phénomènes dépendant des propriétés connues de la glace. Tous sans exception seront