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ment abondants et entassés les uns sur les autres, on les nomme dans les Alpes des séracs. La fluidité se traduira par une structure veinée. Dans les fentes s’engouffreront les eaux de fusion superficielles qui formeront des moulins, des grottes, pour finir par constituer sous la masse même du glacier et si la température du climat le permet, un cours d’eau caché qui descendra en suivant la pente et s’'échappera au dehors sur le front du glacier. Comme l’eau augmente de volume en se solidifiant, les parois rocheuses du glacier tantôt mouillées, tantôt congelées, éclatent, s’éboulent et versent leurs débris à la surface de la glace. Une fois déposés, ils sont entraînés par la progression générale du terrain qui les portent et ils constituent les moraines latérales doubles pour chaque glacier puisqu'elles proviennent de ses parois droite et gauche. Par leur nombre, dans les parties basses, elles indiquent le nombre des glaciers affluents qui sont venus, semblables à des rivières, alimenter le cours principal. En effet, ce nombre des moraines diminué d’une unité est égal au nombre des affluents, puisque deux glaciers donneront trois moraines, deux latérales et une médiane constituée par les deux moraines l’une de gauche et l’autre de droite des deux glaciers juxtaposés ; trois glaciers affluents en produiront quatre et ainsi de suite. Toutes ces pierres descendront jusqu'au moment où, le glacier prenant fin, elles tomberont abandonnées pêle-mêle sur le sol véritable, tantôt plus loin et tantôt plus près selon les mouvements d’avancée et de recul de la glace, en donnant naissance à une moraine terminale. L’entassement des pierres se fera donc non pas en une ligne unique comme pour les moraines latérales, mais tout le terrain en avant dùu glacier sera semé de blocs, de cailloux arrondis, plus souvent à arêtes vives, offrant la plus grande variété de composion minéralogique, puisqu'ils sont les débris de toutes les roches limitant le cours du fleuve entier solide et de ses affluents. Le caractère glaciaire d’un amas de roches se reconnaît du premier coup d'œil et l’océanographie y trouve son utilité. Le long des rivages des pays froids, ces débris chargés sur des glaces côtières sont emportés par les courants jusqu'aux parages où, au contact d'eaux