‹ L'océanChapitre 62 sur 76 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

E même qu'un être vivant contient dans la masse entière de sa D chair un réseau de veines et d’artères situées les unes à fleur de peau, d’autres dans la profondeur des tissus, superposées, larges ou étroites, laissant couler le sang dans des directions tantôt parallèles, tantôt obliques, tantôt diamétralement opposées, de même depuis sa surface, dans son épaisseur et probablement jusqu’au fond de certains de ses abîmes, l’océan est lui aussi sillonné de fleuves d’eau coulant au milieu de l’eau même, superposés, juxtaposés ou divergents, de sens parallèles ou opposés, les uns faibles jusqu’à être presque insensibles, d’autres aussi rapides que les cours d’eau terrestres les plus violents. Rien ne ressemble plus à la circulation d’un être vivant que la circulation de l'océan. Tout possède une influence sur un courant marin, la température, la composition chimique du liquide, sa densité, la profondeur et la nature du sol inondé, la direction et la force des vents, les contours géographiques des continents, les marées, la rotation terrestre. Comment s’y reconnaître dans cette complication qu'augmenteront encore les phénomènes mécaniques du mouvement, les réactions suites des actions qui se sont fait sentir, car il est des courants de réaction, de compensation qui existent non par eux-mêmes, mais parce que d’autres existent et que l’équilibre doit toujours tendre à se rétablir. On étudie cet ensemble à l’aide d’une méthode qui, par une curieuse coïncidence, correspond à une méthode fréquemment employée dans les sciences biologiques. On commence par constater les phénomènes et par les mesurer directement

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