‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 111 sur 221 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

1841-1842. — Résurrection du second ThéÀtre-Français. — D*Épagny et ses associés. — Triste réoaverture. — Mathieu Luc, — Les Enfants blancs. — Lireuz succède à d*Épagny. — Cédric le Norwégien. — Les Ressources de Quinola, — Le Voyage à Pontoise,

D'Épagny S voyant TabaDdon oii était tombé le beau théâtre de la rive gauche, forma une société en nom collectif avec MM. Valmore, Robert Kemp, A. Mirecour, Lireux, M"* Mathilde Payre et sollicita, au nom de cette société, le privilège de TOdéon qu'il n^avait pu obtenir seul, on s*en souvient, en 1829.

Le passé théâtral de d'Ëpagny lui donnait quelque autorité : les comédiens, ses associés, étaient de braves gens estimables et estimés; leur ambition n'était pas exigeante : u Nous voulons, disaient-ils, commencer sans subvention, et travailler de façon à l'obtenir un jour. » Cependant, on 6t attendre plus de deux années la réponse qu'ils sollicitaient.

4. Épagny (Jean-Baptiste Violet d'), né en 4793, à Gray, mort en 4868. Auteur dramatique fécond : Luxe et indigence, V Homme habile. Lanças tre, Dominique le possédé, elc,^ etc.

Le 15 juillet 1841, M. Duchâtel concéda « au sieur baron Violet d'Epagny, agissant au nom et comme directeur de la société formée pour Texploitation de rOdéon », le privilège du second Théâtre-Français pour neuf années à partir du l*"^ octobre 1841. Trois mois pour organiser un théâtre de cette importance ! Il n'y avait pas de temps à perdre : on donna immédiatement des auditions nombreuses, on Qt un appel pressant aux auteurs ; quinze jours après, la troupe était faite, et le spectacle d'ouverlure décidé*.

Voici comment fut instituée l'organisation de la nouvelle direction. La société en nom collectif fut divisée en vingt-quatre paris, partagées elles-mêmes en moitiés et en quarts de part; les fondateurs furent sociétaires définitifs et comme tels eurent part entière; les artistes qu'on s'adjoignit, considérés comme candidats sociétaires, devaient, au lieu d'appointements, toucher un prorata déterminé par le directeur dans les bénéfices de l'exploitation.

La troupe faite à la hâte, tout incomplète qu'elle était, comptait cependant quelques comédiens de valeur et d'avenir. Citons : Louis Monrose*, artiste vaillant et lettré, un peu trisie, un peu grimaçant peut-être, mais possédant bien la grande tradition paternelle dans les Crispins, les Frontins, et tous les personnages de conven-

4. Le secrétaire du théâtre fut d'abord Tun des Gis du grand chaoteur Ponchard; puis, de 1842 à 4845, Achille Deuis, Pezcellent rédacteur en chef de VEnlr*acle,

2. L. Monrose, fils du grand comédien, débute au Théâtre-Français, les W juin 1846 et 49 juin 4849 ; sociétaire le 4^' janvier 48M.

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