CHAPITRE XII
Le 12 novembre. Une Aventure suédoise*, drame en un acte, en vers, d'Hippoiyte Lucas, faillit être compromis par le costume ridicule dont était affublé l'acteur Rousset: dès qu'il paraissait en scène, le rire éclatait avec une telle intensité que le malheureux ne put tenir son sérieux et Qt comme le public.
Le i3 décembre j M. Camille Doucet obtient un franc succès avec: les Derniers Valets* ou le Baron de Lafleur, comédie en trois actes, en vers : imbroglio amusant, intrigue légère mais ingénieuse, des vers étincelants d'esprit; sorte de pastiche des pièces en honneur au xviii* siècle (L. Monrose, Saint-Léon, Pierron; M"'* Berthault, Weiss et Volet),
Le 2A décembre^ La Main droite et la Main gauche, drame en cinq actes, en prose, de Léon Gozian, qui abordait pour la première fois le théâtre. Cette pièce, intitulée primitivement : Il était un roi et une reine, avait été affichée le 9 janvier 1841 au théâtre de la Renaissance, sous la direction Anténor Joly, avec Bocage dans le principal rôle ; à 5 heures du soir, une bande portant ces mois : Relâche par ordre, fut apposée sur l'affiche, la pièce était interdite; la censure avait pourtant donné son visa, d'où venait cette interdiction imprévue? On dit qu'en haut lieu on avait trouvé cette comédie non seulement dangereuse, mais encore pleine d'allusions blessantes à l'adresse de la reine Victoria, et, par conséquent, de
4. C'est Hedwige d*Eriestal. {Caractères et portraits de femmes, 4836, t. IL)