‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 130 sur 221 · CHAPITRE Xli · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xli

qu'en écus, il s'était remis aux travaux littéraires : Un Éloge de Voltaire couronné par l'Académie française, une pièce en cinq actes : les Grands et les Pelits^seçue au Théâtre-Français S avaient remis son nom dans la circulation parisienne. On fit autour du Succès^ par camaraderie, beaucoup de bruit dans la presse, mais cette spirituelle comédie fit peu d'argent, même appuyée du beau drame de Lockroy : Un duel sous Richelieu, que rOdéon prit alors dans son répertoire.

Le 16 marSy Gaiffer, drame en cinq actes, en vers, de Ferdinand Dugué. Cet épisode de la lutte des Mérovingiens d'Aquitaine contre les Francs fut rigoureusement sifflé (Maubant, Rouvière, Crette, flarville; M"® Darras).

Le 23 mars. Le Corrégidor de Pampelune, comédie en un acte, en prose, de MM. Altaroche et Jules Moléri (de Molière), fut plus heureuse. (Saint-Léon, Pierron, Milon ; M"" Payre.)

Le 27 mars. Un tour de rodlette, comédie en un acte, en prose, de MM. A. Durantin et J. de Rieux, fut écoutée avec bienveillance. (Pierron, Baron, Rousset; M"°* Volet et Broux.)

Le iO et le il avril, même genre de succès avec : les Contrastes, agréable comédie en un acte, en prose, de M. Durand de Beauregard (Bouchet, Bert, Baron; j^jiics Berthault, Volet), et les Prétendants ou Complot de dupes, comédie en trois actes, en vers, de P.-J. Les-

4 . Ce drame en prose fut donné à la Comédie-Française le 23 mai \ 843 ot n'eut que trois représentations. Après ces essais dramatiques, Harel retomba dans Toubli. l\ mourut fou en 4846.

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guillon, arrêtée par la censure en 18/i2 et permise enfin, grâce à un changement complet d'époque et de noms. (L. Mpnrose, Barré, Saint-Léon, Roussel, Baron, Boileau, Bert, Pérez; M"^* Morales et Broux.)

Le 22 avrils LucuèceS tragédie en cinq actes, en vers, de François Ponsard.

Lireux avait du flair; il l'a prouvé plus tard dans les aflaires, où il s'enrichit. Quand Charles Reynaud et Achille Ricourt lui eurent remis — au nom de Ponsard encore au fond de sa province, à Vienne, en Dauphiné, — le manuscrit de Lucrèce^ il poussa un cri de joie : « J'avais enfin, ^ dit-il*, ce que je cherchais avidement, « l'œuvre de valeur d'un inconnu, et le moyen d'enlever « haut la main la subvention. »

Le moment était propice pour lancer un nom nouveau; le public français, « qui n'accepte Tart qu'à son corps c( défendant, commençait à être las de passion, de lyrisme « et de poésie \ » Les journaux disaient que les grands auteurs romantiques étaient épuisés, finis : Alexandre Dumas semblait abandonner le théâtre pour le roman ; Les BurgraveSj l'admirable trilogie dramatique de Victor

4 . C'était pour Rachel et pour profiter de la résurrection de la Tragédie que Ponsard avait fait sa Lucrèce, Ch. Reynaud. qui la porta chez rillustre tragédienne, a déclaré qu'elle ne la lut même pas. On dit aussi alors que le comité de lecture de TOdéon la refusa. C'était un bruit absurde que Lireux n'était pas fâché de laisser circuler. 11 y avait dans les vingt-huit membres du comité de lecture de TOdéon des gens de valeur, incapables d'un tel refus. Lucrèce, paratt-il, ne fut pas lue en comité.

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