‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 14 sur 221 · CHAPITRE II. îl · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. îl

Après le quatrième acte, terminé par les adieux de Loredan à Montfort, les bravos et les acclamations s'élevèrent et continuèrent jusqu'au commencement du cinquième acte ; le jeune auteur dut paraître en scène à la fin de la pièce. La passion politique s'en mêla ; on fit des receltes superbes. Les douze premières produisirent 66,825 fr. 85 c, chiffre fantastique alors. Le comité du Théâtre-Français, qui avait refusé à correction celte tragédie, dut regretter amèrement sa décision, devant un tel résultat. (E. Bernard, Joanny, Victor, Lafargue, Thénard, Paul; M"" Guérin et Klébert.) *

Le d^^ décembre, demi-chute d'Un Moment d* imprudence ^comédie en trois actes, en prose, due à la collaboration ordinairement heureuse de MM. Fulgence(de Bury) et Wafflard. Cette pièce, qui manquait un peu d'intérêt, dut son succès des jours suivants à d'habiles retouches ; revue et corrigée, elle resta sur l'affiche, grâce à sa donnée aimable, à son dialogue spirituel et à sa bonne

4 . Dans une parodie jouée un mois après, jour pour jour, le 23 novembre, à la Porte-Saint-Marlin, par Potier, sous le titre do Cadet- Roussel Procida ou la Cloche du Diner, un acte, en vers, de MM. H. Dupin et Carmouche, on n'épargna point les mauvaises plaisanteries sur i'Odéon et la Comédie-Française.

Voici, du reste, la liste des parodies de cette pièce données alors avec succès :

23 novembre, Théâtre des Variétés : les Vêpres odéoniennes^ vaudeville en un acte, de Simonnin, Achille et Armand d'Artois de Bournonville et Chazet. — Cadet-Roussel Procida. -^ Une heure avant Vêpres^ petite critique des Vêpres siciliennes, un acte en vaudevilles, par Engival et de Fontbon ne (Paris, Setier, 4849). — Et nous aussi^ nous chantons les Vêpres ou Fanfan la Queue aux Vêpres siciliennes^ facétie par Curry (Paris, 4820, in-8*).

n L'ODÉON.

interprétation. Le Théâtre-Français la mit plus tard dans son répertoire, le 17 mai 1835 (MM. Valmore, David, Lafargue, Armand Dailly; M"" Falcoz, Délia, Millen) K

Seize nouveautés témoignent de l'activité de Picard dans le cours de cette année :

6 janvipr. — Les Comédiens^ comédie en cinq actes, en vers, précédée d'un prologue en prose.

Casimir Delavigne, ainsi que nous l'avons dit plus haut, avait eu ses Vêpres siciliennes refusées au Théâtre- Français. Pour railler le comité de lecture et se venger de ce refus, il composa en trois mois celte pièce satirique :

Ces séDateurs comiques

TraiteDt-ils d'assez haut Tauteur qui les nourrit! Font-ils languir assez un pauvre manuscrit!

Quels dédains protecteurs ! quelle étrange insolence ! Ils ont pendant six ans lassé ma patience.

Quoique n'intéressant qu'un petit nombre de spectateurs, cette comédie qui, selon Jules Janin, manque d'air, d'espace et de soleil, s'est maintenue longtemps au répertoire de rOdéon et même à celui de la Comédie-Française, qui eut le bon goût de la jouer quelques années après *, à cause de sa versiOcation brillante et spirituelle. L'interprétation en fut excellente. Samson y gagna ses

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