‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 145 sur 221 · CHAPITRE XIII. SI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. SI

Dépité, découragé d'une éternelle attente* (il avait présenté des pièces de tous les côtés sans en pouvoir faire représenter aucune), je perdis patience, dit le mystificateur, et finis par me donner au diable. Le diable est toujours là pour profiter de nos imprudences; il me prit au mot et me souffla une idée naturellement diabolique. Trois jours après, VEntfacte insérait dans ses estimables colonnes une lettre timbrée de Rouen, par laquelle M. Guérault-Lagrange, qui se disait avocat en cette ville et descendant du comédien Lagrange, l'ancien camarade de Molière, annonçait urhi et orbi qu'en fouillant dans une armoire où s'étaient entassés de vieux papiers de famille, il avait mis la main sur une copie du Docteur Amoureux. » Lireux la demanda immédiatement à M. Guérault-Lagrange, par une lettre publiée dans les journaux. M. de Galonné se fit l'intermédiaire de l'avocat rouennais, retenu en Normandie par la goutte, etc., etc. ». Bref, la pièce fut représentée et obtint un certain succès. Barré et L. Monrose furent très applaudis. Cette double comédie fut prise au sérieux par le public et par quelques journalistes. La foule assiégea le foyer pour voir le manuscrit de Molière; un adroit fanatique en enleva même une page à la barbe des deux gendarmes, plantés là par Lireux pour faire tableau. M. de Galonné avait réussi

4. Préface du Docteur amoureux, \ vol. in-18, avec fac-similé du manuscrit. Paris, Michel Lévy, 486^.

8. Un prologue en vers précédait la pièce et racontait toute celte fable; il était récité par Tactear Boileau.

t4Q L'ODÉON.

dans sa supercherie, a telles enseignes qu*un successeur de Lireux lui demanda plus tard, parait-il, de vouloir bien lui « retrouver » une pièce de Regnard. M. de Galonné s'en tint à sa première découverte.

Le i5 marSf Le Cbevalier de Pomponne, comédie en trois actes, en vers, de Mary Lafon. Style brillant, intrigue aimable et intéressante, franc succès (Jourdain, A. Mauzin ; M"** Grassau, Volet, E. Sauvage.)

Le 23 marsy Walstbin, drame en cinq actes, en vers, précédé d'un prologue. Traduction de Schiller, due à Théodore Yillenave; elle obtint un succès d'estime. « G'est du Schiller dédié à la garde nationale », disait modestement Lireux. (Ghotel, Ballande, Saint-Léon, Barré, Milon; M"" Grassau, Fi tz-James.)

Le 28 mars. Le Seigneur des Broussailles, comédie en trois actes, en prose, de Théodore Barrière et G. Duval. C'est plutôt un vaudeville qu'une comédie. Les quiproquos, les incidents en sont très amusants. Succès. (L. Monrose, Roger; M*"* Berlhault).

Le 8 avril, Les Pharaons, drame en cinq actes, en vers, de Ferdinand Dugué. Malgré le talent de M"* Georges, qui Gt dans celte pièce sa dernière création à l'Odéon, ce fut un demi-succès. (Darcourt, Itaphaël.)

\^ i9 avril, l'Eunuque, comédie en cinq actes, en vers, de M. Michel Carré, adaptation de la pièce latine, fut écoutée sans applaudissement ni murmure. (Saint- Léon, Mauzin, L. Monrose, Barré; M«'« Payre, Berthault) .

Le 29 avrils Camoens, drame en cinq actes, en prose.

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