‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 144 sur 221 · CHAPITRE XIII. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. S

de lauteur contre le directeur de TOdéon, à qui il prétendit avoir donné 800 francs pour faire noonter sa pièce, eurent quelque retentissement. Son ours fort mal léché fut accueilli plus que froidement ; il fut joué, du reste, d'une façon déplorable.

Le Si décembre y petit succès avec : la Mocghb DU COCHE, comédie en un acte, en vers, de M. Alfred Philibert. (Saint-Léon, Boileau; M"** Delphine Baron).

Le 9 janvier i845j Inez, ou la Chute d'un ministre, drame en cinq actes , en prose , de don Carlos d*Algarra. Le public était venu bien disposé. On était curieux: de voir un étranger jeune, exilé, proscrit, écrire, dans un idiome qui n'était pas le sien une chose aussi difficile qu'une pièce de théâtre ; malheureusement, ce drame n'était qu'un vulgaire mélodrame bourré d'incidents et de surprises puisées à droite et à gauche dans le répertoire de Bouchardy. Insuccès. (E. Monrose, Jourdain; M"* Bourbier.)

Le d5 janvier, le Bouquet a Molièuk, comédie en un acte, en vers, de J. Commerson, qui créa plus tard le Tintamarre. Cet à-propos de l'illustre auteur des Pensées d* un emballeur ohiini un petit succès (Molière, M. Quélus.)

Le i8 janvier^ lb Lys d'Évrbux, tragédie en cinq actes, en vers, de M. A. Loyau de Lacy, représentée en vertu d'un jugement du tribunal de commerce. Cette pauvre liliacée fut secouée par la tempête et brisée par l'ouragan ; on dansa la polka pendant les scènes les plus pathétiques; au dénouement, une fanfare de cors éclatant au fond d'une baignoire Gt un tel vacarme qu'on n'entendit plus un mot. (Ballande, Darcourt, Chotel^ Baron; M"* Fitz-James.)

Le 3i janvier^ au bénédce de L. Monrose, deux premières : ALBERT Hermânn, drame en quatre actes, eu prose, de M. Carie Ledhuy, qui échoua, et un Comique a la ville, comédie en un acte, en prose, dont le bénéficiaire était l'auteur avec M . H. Lucas. Cette pièce et son principal interprète, car Monrose jouait Dugazon, furent très applaudis.

Le d 2 février, demi-succès avec : l'Article 170 ou un Mariage à Vélranger, comédie en deux actes, en prose, de MM. Desvergers et Louis Dugard B... (Milon.)

Le 20 février, Notre-Dame-des-Abimbs, drame en cinq actes, en prose, de Léon Gozlan. Cette dernière espérance de Lireux s'évanouit brutalement. « L'auteur « avait eu le tort de rogner les ailes à sa Tantaisie et de <c forcer son style à cheminer paisiblement à travers les « sinuosités et les méandres d'une action compliquée à « plaisir* »; il en est résulté un drame sur le patron des pièces de l'Ambigu, une œuvre obscure et ennuyeuse. Bocage et M"* Eugénie Sauvage firent de leur mieux, dans les deux grands rôles, sans réussir cependant à intéresser avec cette lourde machine mélodramatique.

Le 3 mars, on lisait en gros caractères sur l'affiche de l'Odéon : Première représentation du Docteur amoureux, de Molière^ et, plus bas, un avis ainsi conçu : « Le manuscrit du Docteur amoureux sera exposé au « foyer du théâtre pendant toute la durée de la repré-p « sentation. » Cette prétendue trouvaille n'était, hélas ! qu'une supercherie littéraire due à M. Ernest de Calonne :

Page 1