CHAPITRE XYII
M. Jahyer vint chanter, Dieu sait comment, Thymne de Rouget deLisle. Ce fut, toute la soirée, une tempête d'acclamations, un feu roulant d'allusions ^ Succès donc, très bruyant et très mérité. Alexandre, premier rôle de province qui avait créé la pièce à Bruxelles, débutait dans le rôle d' Agneessens : il fut très applaudi. (Moreau-Sainti, Larochelle, Gaudé, Harville, Roger, Beaumont, Anselme; M""** Roger- Solié, Franlzia et Baptiste.)
Le théâtre de TOdéon, fermé le 1®' juin malgré le succès du Bourgeois des 3/étiers^ fit sa réouverture le 8 septembre avec deux pièces nouvelles. Avant de publier la nomenclature des ouvrages joués dans l'exercice théâtral J 849-1850, présentons, ainsi qu'il convient, la nouvelle troupe à nos lecteurs :
M. Deshayes, premier rôle, arrivant du tbéâlre de la Gafté ; un peu bourgeois, un peu petit pour cet emploi ; en revanche, excellent de naturel et de bonhomie dans les rôles de genre, les hénisseurs, comme on dit en argot de coulisses ; Alexandre, premier rôle aussi, venant de province, acteur emphatique; Clarence, élégant jeune premier,
4. Les mauvais rapports entre Bocage et l'administration supérieure commencèrent dès cette représentation. L'effet bruyant de la première du Bourgeois des métiers causa quelque émoi. Le préfet de police invita officieusement Bocage à supprimer les passages qui avaient par trop exciié l'enthousiasme. Bocage répondit officiellement à la demande de M. Rebillot par un refus.
à la voix charmante, manquant peut-être de composition et de variété, mais dans son emploi ce sont choses dont on se passe souvent. Nous avons déjà parlé de MM. Larochelle, Jourdain, Harville, Darcourt, Aimé Gilbert^ Osmont, Barbier, Husson, de V. Henry qui allait devenir directeur de la Porte Saint-Martin quelque temps après, de jyjraes Frantzia, Moreau-Sainli, Payre, de M"*® Marie Laurent, dont nous aurons souvent encore à proclamer le talent; arrivons aux nouvelles recrues: M. Gaudé, qui se fit remarquer, sous le nom de Charly, aux théâtres du boulevard, notamment dans Patrie, le beau drame de Victorien Sardou ; Maurice Coste, artiste consciencieux, eut aussi son heure au théâtre du Châtelet; Moreau-Sainti fils, acteur lettré, intelligent, joua peu de temps la comédie ; il fut un moment administrateur au théâtre de l'Ambigu et directeur des Folies-Dramatiques; Lambert Thiboust, premier prix du Conservatoire, venant du théâtre Beaumarchais, comique un peu triste, qui réseiTait sa verve et sa gaieté pour les jolis vaudevilles et les spirituelles comédies qu'il devait faire applaudir plus tard; Forestier, du café des Aveugles; Gamard, de Bobino. Qui encore? Fortini, Bruneau, Philibert, Ernest, le légendaire Ernest, aujourd'hui comme alors chef de la figuration.
N'oublions pas Thiron, élève de Provost et premier prix du Conservatoire. L'excellent sociétaire de la Comédie- Française ne fit qu'une courte apparition sur la scène de rOdéon ; Bocage lui ayant offert des appointements dérisoires, 30 francs par mois, il dut signer un engagement et suivre Rachel en Angleterre et en Russie. Gomme il