‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 192 sur 221 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

prenait congé de son trop parcimonieux directeur, celui-ci ne s*avisa-t-il point de lui dire : « Mon pauvre enfant, il faut vous résigner, vous ne jouerez jamais que les petits tambours ou les trompettes! ». Thiron n'oublia point cette aimable prophétie. Plus tard, recevant force compliments de Bocage qui avait oublié l'incident, le spirituel comédien lui répondit : « Oui, monsieur, j'arrive ! et sans tambour ni trompette ! »

Les nouvelles actrices engagées étaient : M"* Max Deshayes, touchante jeune première venant, comme son mari, des théâtres de drame; M"~ Avenel, Aspasie, la belle M"* Biron, du Palais-Royal ; M"* Volnays, ingénue de province ; M°*** Sen, Darmont, Daubray, M"* Rivais, actrices utiles; M"* Irma Crosnier, aujourd'hui l'une des meilleures duègnes de Paris, resta quelques mois confidente de tragédie dans cette troupe qui, on le voit, était digne du second Théâtre-Français. Quant au ballet que Bocage y ajouta, excepté M. Hazard et M"' Ferdinand, jolie personne excellant à lever la jambe à la hauteur de l'œil, nous n'en dirons rien, et pour cause.

La réouverture se fit le 8 septembre avec Le Trembleiir, comédie en deux actes, en prose,' mêlée de chant, de M°* AnaïsSégalas, gracieux vaudeville, joyeusement traité, sur la peur d'un bourgeois qui ne rêve que d'émeutes et de socialisme (Moreau-Sainti , V. Henry, Larochelle, Harville, Forestier; M""^' Biron, Laurenline), qui eut une dizaine de représentations, et La Jeunesse du Cid, drame héroïque en trois journées et sept tableaux, tradutt de Guilhem de Castro par Hippolyte Lucas. On sait que

c'est dans la pièce espagnole que Corneille prit le sujet du Cid; ce travail consciencieux n'était donc qu'une nouvelle édition du chef-d'œuvre classique. Quelques endroits, trop empanachés d'antithèses et de rodomontades, ont provoqué le rire irrévérencieux du parterre. Les chants guerriers de M. Bazzoni, exécutés par les chœurs du Théâtre italien, ont fait bon effet, ainsi que la chanson dite par Larochelle avec beaucoup de goût ; il n'en fut pas de même du ballet, réglé par M. Dumas, qu'on critiqua très sévèremenL

(Savigny, Darcourt, Gaudé, Fortini, Osmont, Jahyer, Aimé-Gibert, Larochelle, Uarville, Maurice Coste; jjiûes Frantzia, Baptiste et Talini.) 15 représentations.

Le 5 octobre, deux premières : Evelyne, drame en deux actes, en prose, de M""" Regnaud de Prébois. C'est l'histoire d'une actrice anglaise dont un lord s'éprend jusqu'au délire, délire qui cesse par le mariage. Demisuccès (Alexandre, Clarence, Moreau-Sainti, Larochelle, Darcourt; M"" Max Deshayes, Avenel), et La Farnesina ou la Vierge de Raphaël, drame en trois actes, en vers, de Méry, mêlé de chant et de danses, musique d'Ancessy. C'est une aventure amoureuse arrivée à Raphaël' au moment où il peignait la Psyché du palais Farnèse. Succès. (Clarence, Alexandre, V. Henry, Darcourt; M"®* Max Deshayes, Moreau-Sainti, Anselme, Baptiste, Sen.)

Le 26 octobre^ l'Héritier du Czar, drame en cinq actes, en prose, de Paul Foucher et Gombaud. Episode pris dans l'histoire de Pierre le Grand : c'est la fin tragique d'Alexis Pétrowich, tué par ordre du czar son père;

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