‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et litte?raire du Second The?atre Franc?aisChapitre 81 sur 221 · CHAPITRE VII. Ul · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. Ul

et de se livrer à ses juges. Il arriva à Paris par le plus grand froid de l'hiver, à pied, toujours portant avec lui son pauvre chai et le drame auquel il n'avait cessé de travailler dans sa vie errante. Son procès se fit immédiatement ; il fut condamné à cinq ans d'emprisonnement, 10,000 francs d'amende et cinq ans d'interdiction des droits civils.

Ce fut à Sainte-Pélagie, où il était écroué, que Harel, M"'' Georges, Gentil et Jouslin de la Salle entendirent la lecture de Jeanne laFolle^ en compagnie d'un escroc, d'un faussaire et d'un assassin, compagnons de cellule du pauvre Fontan. Le drame fut reçu et mis immédiatement à l'étude. Blâma-t-on, au ministère, le préfet de police Mangin qui avait autorisé cette singulière lecture? En eut-il de l'humeur et s'en vengea -t-il? Cela est probable; car, le lendemain, Fontan se vit arraché à cette prison, où il espérait finir sa peine dans le travail, et conduit à Poissy à pied, entre deux gendarmes, par une chaleur accablante, pour y subir toute l'ignominie de la basse prison \

Les journaux, le Figaro surtout, parlèrent hardiment en faveur du prisonnier. Jules Janin et Fr. Soulié voulurent lui faire signer des excuses au roi afin d'obtenir sa grâce; il refusa. La révolution lui rendit sa liberté. Les comédiens Bouffé et Ch. Desnoyer lui portèrent, après les trois jours, son ordre d'élargissement.

Ces aventures, connues du public, aidèrent certaine-

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