CHAPITRE YIII
une troisième pièce, qui, jouée à la Comédie-Française le 17 août, sous le titre de Jacques Clément ou le Bachelier et le Théologien y avec d'Épagny pour éditeur responsable, eut un demi-succès. La pièce qu'il donna sous son nom seul, à la rive gauche, n eut que quatre représentations et ne fut pas même imprimée. (Lockroy, Chilly, Duparai, Delafosse, Éric- Bernard; M'""* Noblet et Lar gardère.)
Dès le commencement de 1831, Harel voulait abandonner rOdéon qui le menait à la ruine, pour prendre un autre théâtre, mieux situé, et qu'il pourrait gouverner à sa fantaisie. On se souvient que la liste civile * accordait au second Théâtre-Français 13,800 fr. de subvention mensuelle, soit à peu près 170,000 fr. par an.
Le ministère de l'intérieur réduisit, en 1831, les 13,800 à 10,000, puis à 9,000 fr., déclarant qu'il n'était pas obligé de tenir les engagements pris par la liste civile. Harel se pourvut contre les décisions ministérielles devant le conseil d'Etat. Voici l'arrêt rendu à ce sujet, le 22 avril :
(( Considérant que le traité passé le 26 avril 1829 n'a (( pas été soumis à l'approbation du ministère de l'int^- (( rieur, qui seul pouvait engager les fonds de la subven- <( tion votée par les lois des finances; que l'intendant de « la liste civile ne pouvait obliger le Trésor, et n'avait c( capacité de disposer que des fonds qui lui étaient remis « par le ministre de l'intérieur, sans pouvoir contracter
4. Les subventions ne furent inscrites au budget des Chambres qu'après 4830.
« d'engagement pour l'avenir, et disposer des deniers « qui n'étaient accordés par la loi des finances qu'au « ministre de l'intérieur responsable ;
« La requête du sieur Harel est rejetée. »
Harel, frappé par ce jugement, traita définitivement avec le théâtre de la PorteSaint-Martin, et emmena une partie de sa troupe au boulevard, avec le Richard d'Arlington d'Alex. Dumas, que l'on répétait alors au second Théâtre-Français.
Pour terminer son contrat avec le ministère des beaux-arts et finir certains engagements qu'il avait été forcé d'accepter, il fit jouer alternativement, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ses deux, troupes.
On vit d'abord arriver du boulevard le Napoléon à Schœnbrunnf avec Gobert; Victorine ou la Nuit porte conseil^ avec M""* Mélanie et le vertueux Moëssard; les Meuniers, ballet, puis Antonij (Lockroy et M™' Dorval) ; le Ménage du savetier, vaudeville; les Victimes cloîtrées (Dorval) et les Dix francs de Jeannette, vaudeville ^
Le 24 décembre, on donne Marion Delorme, de Viclor Hugo, qui venait d'être représentée à la Porte-Saint- Marlin sous la direction Crosnier. Lockroy jouait le rôle de Bocage ; Provost, Gobert et M"** Dorval, ceux qu'ils avaient créés. C'était finir l'année sur une belle reprise; malheureusement, l'œuvre était mal mise en scène, pau-
i . Entre autres spectacles, signalons celui du 22 décembre : les Victimes cloîtrées, Victorine et Napoléon à Sainte-Hélène. Le rideau levait à cinq heures et demie!