CHAPITRE II
on fit la réouverture par Athalie , un Discours de Dorival, et Pygmalion.
Neuf nouveautés furent représentées dans le courant de cette seconde année :
2 juin, — Pyrame et Thisbé, mélodrame ou scène lyrique en prose, du tragédien Larive, qui joua sa pièce avec M 1U Sainval; la musique était de Baudron.
iG juin, — Grand succès de curiosité de Pbiloctète, tragédie en trois actes, de Laharpe, traduction de Sophocle, imprimée depuis longtemps (Saint-Prix, Larive, Vanhove) .
30 juillet, — Succès « de tolérance », disent les gazettes, des Marins ou le Médiateur maladroit , comédie en cinq actes et en vers de Desforges.
6 octobre. — Le Bienfait anonyme, ou Montesquieu à Marseille, drame en trois actes et en prose, de Pilhes, avocat de Tarascon ; faible succès.
8 novembre. — Le Séducteur, comédie en cinq actes et en vers, du fameux marquis de Bièvre, bel esprit célèbre par ses calembours, attribuée d’abord à Palissot et représentée le h avec succès devant la Cour à Fontainebleau. Molé, qui jouait le rôle principal, toucha les honoraires des représentations et de l’impression de la pièce, environ 500 louis. (M"° Olivier.)
d’une belle cheminée en marbre des nouveaux granits des Vosges, décorée d’un nouveau genre, et sur laquelle était posé lo buste en marbre de Molière comme père rie la comédie. Au-dessus des portes, les médaillons de Plaute, do Térence, do Sophocle et d’Euripide. Six lustres éclairaient ce foyer (Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, t. Il, pp. 389-392).
L’ODfcON.
15 décembre . — Une nouvelle tragédie de Laharpç, les Brames, tomba à plat et fut retirée à la seconde représentation *.
12 janvier 1784 . — Première représentation de Macbeth. Cette tragédie de Ducis, retardée depuis septembre par une maladie de Larive, fut un succès douteux le premier soir. L’auteur ayant fait, pour la seconde (samedi 17), quelques corrections et coupures, la réussite fut alors complète. Ducis, demandé à grands cris, se fit voir au public d’une loge au-dessus de la scène. (M me Vestris.)
2 mars. — Coriolan, tragédie en cinq actes, de Laharpe, était la douzième pièce composée sur ce sujet (Larive, Saint-Prix, Vanhove et M ,n# Vestris); la première représentation en fut donnée au profit des pauvres* et produisit 10,389 livres 2 sols de recette. Après Corio- ( lan , on donnait la Partie de chasse de Henri IV. Dugazon, que nous retrouverons plus tard jacobin, était chargé du rôle du bûcheron : après quelques mots relatifs à la bienfaisance du roi et de la reine , il chanta
\ . Un plaisant dit à l’occasion des doux dernières nouveautés de la Comédie : « Le Séducteur réussit. Les bras me tombent.. »
2. Représenté lo 1 1 mars devant Leurs Majestés à Versailles, Coriolan fut l’objet d’un démêlé de La Harpe avec la Comédie au sujet de ses droits d’auteur, et do l’épigramme suivante, attribuée à Champcenetz ou Leroi :
« Pour les pauvres, la Comédie Donne une pauvre tragédie :
C’est bien lo cas, en vérité.
De l’applaudir par charité !