CHAPITRE II
SI
vers, de Forgeot, les Rivaux amis, fut très -applaudie, grâce aux talents de Mole, de Fleury et de M lu Contât.
16 décembre. — Le vieux Garçon, comédie en cinq actes et en vers, de Dubuisson, n’obtint qu’un faible succès.
20 janvier 1783. — Ducis, continuant « d’accommoder au goût français » les pièces de Shakespeare, donne son Roi Lear , tragédie en cinq actes et en vers , avec Brizard dans le principal rôle. Ce fut un événement littéraire (la pièce avait été représentée le 16 à Versailles).
24 février. — Plein succès des Aveux difficiles, comédie en un acte et en vers, premier ouvrage de Vigée, fils du peintre.
La dernière nouveauté fut une comédie en deux actes et en prose de M me de Montenclos (d’Aix) , directrice du Journa l des Modes, le Déjeuner interrompu, qui eut quelque succès.
Clôture annuelle le samedi 5 avril, par le Cid , un Discours de Dorival et la Jeune Indienne. La part d’acteur fut de 22,030 livres, chiffre jusqu’alors sans exemple *.
Outre ces quatorze nouveautés , la Comédie avait donné à la Cour une tragédie nouvelle, Electre, de M. de Rochefort, et la Venise sauvée, de M. de Laplace, représentée pour la première fois en 17Û6.
1. Autrefois, la part d’actour était de 6 ou 8,000 livres en moyenne; aux Tuileries, elle avait été do 8 à -10,000 livres et n’avait jamais encore dépassé 18 ou 20,000 livres.
Dans lo 1 er trimestre de 1783, la Comédie-Française fut appeléo vingt-cinq fois à la Cour et reçut chaquo fois 650 livres, ce qui fit un total de 16,250 ( Archives nationales , ancien régime, O 1 3061 et 3063).
„ Neuf ouvrages avaient été remis au répertoire :
Spartacus, de Saurin (1760); la Mort de César, (h Voltaire (17/i3) ; Roméo et Juliette, de Ducis (1772) ; les Tuteurs, de Palissot (175k) ; les Deux Amis, de Beaumarchais (1770); la Bérénice, de Racine (1671); les Philosophes, de Palissot (1760), avec des changements ; i Anglais à Bordeaux, de Favarl, h l’occasion de la paix (1763), et Gaston et Bayard , de De Belloy (1771).
Sept débuts avaient eu lieu ; voici les plus importants ; Saint-Fai, acteur de Bruxelles, dans Gaston et Bayard et la Métromanie (8 et 9 juillet) ; Saint-Prix dans Tancrède (9 novembre) ; Larochelle, acteur de Versailles, dans YAndrienne et Crispiti rival de son maître (12 décembre) .
Cette même année, M 1,e Olivier fut reçue sociétaire , et M' ne Doligny prit sa retraite avec une pension de 1,500 livres.
La Comédie eut k regretter les morts de M me Grandval, de Bonneval, retiré depuis 1773; de M ,,e Quinault cadette, retirée depuis 17k2, et d’Augé, retiré depuis Pâques 1782.
1783-1784. — On profita des vacances de Pâques pour faire des changements k la salle 1 2 et au foyer s , on peignit le fond des loges en bleu avec ornements blancs pour rompre la monotonie reprochée, et le lundi 28 avril.
1. La dovanturo des premières loges fut ornée do draperies peintes, couleur gris tendre, réchampi en bleu (La Mcsongère, Voyageur à Paris , t. III, p. 187).
2. Le foyer public fut déplacé par les architectes. Il était orné ’