‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 162 sur 218 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

de M Uc Molière, l’excellente soubrette, qui passa en West phalie et épousa le danseur Aumer, maître de ballets.

Le 16 février, les quelques sifflets qui accueillirent les Satires de Boileau, comédie en trois actes et en vers, avec prologue en un acte, de Sewrin, furent le signal du grand orage qui devait se déchaîner le 7 mars sur Christophe Colomb, comédie « shakespearienne» historique, en trois actes et en vers, de Népomucène Lemercier, dont la scène se passait sur un vaisseau. Cette pièce, véritable prélude de la lutte mémorable des classiques et des romantiques, causa grand tumulte, et, soutenue par les baïonnettes contre un parterre de jeunes gens et d’étudiants, elle fut défendue, après sept ou huit représentations signalées par des rixes sanglantes suivies d’arrestations. Ce fut une chute, mais une chute retentissante, équivalant presque à un succès.

Le 27 mars, succès de l’Orgueil puni, bluette assez bien écrite, en un acte et en prose, de M" ,e Léger-Molé, suivi de quatre assez médiocres réussites :

Le 10 avril, les Comédiens d’Angoulème 1 2 , comédie en un acte, en vers, de Charles Maurice, au bénéfice de M. Massin.

Le 1 er mai, l’Argent du Voyage ou l'Oncle inconnu, comédie en un acte, en prose, de M ,ne de Bavvr* (Clozel et Firmin).

1. Celte petite pièce était la mise en scène d’une aventure arrivée à M n,e Molé lorsqu’elle faisait partie de la troupe de Lyon.

2. Auteur des Suites d'un bal masqué, jolie comédie restée au répertoire du Théâtre-Français.

Les 6 et 11 juin, l’Honnête Menteur, comédie en un acte, en prose, et le Créancier, comédie en trois actes, en prose, d’auteurs anonymes. Entre ces deux insuccès, Picard donna les Capitulations de conscience, comédie en cinq actes et en vers, qui, impitoyablement sifllée, n’eut qu’une seule représentation, le 7 juin.

Le 12, Mon val et Sophie ou le Nouveau Père de famille , drame en trois actes, en vers libres, du chevalier Jean Aude 1 , obtint, avec Firmin, dans le principal rôle, Dugrand, Perroud et M lle Delille, un grand succès de larmes; l’enthousiasme fut immense, et rappela à l’auteur sa Madame Angot , qui avait fait courir jadis tout Paris chez Nicolet. Ce drame, comme nous l’avons vu plus haut, avait été donné en cinq actes, en 1793, sur le Théâtre-National de la rue de la Loi 2 .

Le 26, demi-succès du Portrait de famille, comédie en un acte et en vers de Planard (Firmin).

Le 25 juillet, la Famille anglaise, comédie en cinq actes, en vers, de Peyre, déjà imprimée.

Le 31, faible succès de : le Bavard et l’Entêté, comédie en un acte, en vers, de Barjot et Duchemin (Perroud et Firmin).

1. Né on 4755, mort en 4841, Audo avait été secrétaire de M. de Buflfon, puis secrétaire d’ambassade; il fut l’un des esprits les plus originaux de cette époque.

2. Il avait été reçu en 4794 au théâtre de la Nation et répété en 1792 sous le titre des Deux Sophies : il avait alors cinq actes. Les répétitions, interrompues par la générosité d’Aude qui céda son tour à l’auteur de Paméla, ne purent être reprises à cause de l’emprisonnement des Comédiens français.^

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