CHAPITRE XX
Le 12, un drame en trois actes de Léger : Alphonse ou les Suites d'un second mariage, amena des sifflets, du tumulte, des rixes, et finalement les gendarmes dans la salle.
Une nouvelle comédie-vaudeville de M. Victor, les Arrêts militaires, en un acte, en vers, venait de réussir (9 mars), lorsque le vendredi saint 20, dix-neuf ans presque jour pour jour après le premier incendie, vers trois heures de l’après-midi, ét après la répétition générale des Projets d'économie (comédie en un acte, de Daubigny) , le feu se manifesta dans la salle.
L’incendie fut très-violent. 11 dura huit jours et, comme le premier, qui aussi avait éclaté pendant la semaine sainte, fut attribué à la malveillance. Tout l’intérieur de la salle, avec la toiture, fut brûlé 1 . On préserva les quatre façades, le grand foyer, les corridors, les grands escaliers, les escaliers de communication et les loges des acteurs.
Une tradition prétend qu’on trouva fondu dans les décombres un canon dont on avait fait récemment usage pour les représentations d’un physicien.
M. le chancelier de France et M. le grand référendaire de la Chambre des pairs se rendent sur le lieu du sinistre; Son Altesse Royale M gr le duc de Berry envoie un secours de 2,000 francs*.
4. Le feu consuma le joli rideau de Lafitte, allégorie à quatre personnages : Apollon soutenu par Minerve et la Renommée, et conduit par l’Amour.