Isouard Nicolo, mort le 15 mars
APPENDICE I
LE THÉÂTRE- FRANÇAIS DE LA RUE FEYDEAU ET LE THÉ A TRE-FRANÇAIS DE LA RUE DE L0UV01S
Nous avons vu, le 23 décembre 179/i, les comédiens de l’ex -Théâtre de la Nation, Molé, Dazincourt, Saint- Prix, Saint-Fai, M ,les Contât, Devienne, etc., etc., quitter la salle du Théâtre de l’Égalité 1 et s’engager pour trois mois au théâtre de la rue Feydeau 2 3 , dont l’administrateur était Chagot-Defays. Ils y débutèrent le mardi 27 janvier 1795 (8 pluviôse an III), par la Mort de César et la Surprise de l'Amour , et y alternèrent bientôt avec l’opéra-comique et les concerts de Garat \
1. Faubourg Germain, section Marat. — En <794, Louis-Ie-Grand porte le nom de Collège de V Égalité .
2. La salle Feydeau, bâtie en <788 par Legrand etMolino, avait été ouverte en <791 et réunissait, sous le nom de théâtre de Monsieur, les opéras français Pt italien. En septembre <792, la retraite des Italiens permit à la Comédie d’y alterner avec l’Opéra-Comique. Elle a été démolie en 1829.
3. Ces concerts, devenus le rendez-vous du plaisir et de l’élégance, étaient très-suivis : Alphonse Martainville et René Perrin firent repré-
Les temps n’étaient plus aussi sombres. Les théâtres regorgeaient de spectateurs : c’était une arène où les partis avaient leurs coudées franches, et ils s'en donnaient à cœur joie. Le Réveil du peuple avait détrôné la Marseillaise, désormais proscrite, et tous les passages qui flétrissaient le règne de la Terreur étaient applaudis. « Dans les loges paraissaient les beautés du temps , femmes ou amies des thermidoriens; dans le parterre, la jeunesse dorée de Fréron (incroyables et merveilleuses, et plus tard les muscadins) semblait narguer par ses plaisirs . par sa parure et par son goût , ces terroristes sanguinaires et grossiers qui, disait -on, avaient voulu chasser la civilisation *. »
Non contents de triompher, les jeunes et turbulents réactionnaires se promirent de faire un outrage sensible aux quelques Jacobins qui , réunis dans les cafés , vers les quartiers populeux de Saint- Denis, du Temple, de Saint-Antoine, avaient menacé d’aller attaquer au Palais- Royal, aux spectacles, à la Convention même, ceux qu’ils appelaient « les nouveaux conspirateurs ».
Le samedi 31 janvier, on donnait à Feydeau le Misanthrope et les Epreuves , de Forgeot. « Des jeunes gens, dit encore M. Thiers*, s’élancèrent au balcon, renversèrent le buste du saint (de Marat, l’idole du jour, le martyr de la Révolution, dont tous les lieux publics et parti-
senter à l’Ambigu, le 19 février 1795, un à-propos intitulé : Le Concert de la rue Feydeau.