‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 2)Chapitre 22 sur 218 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

C’est ainsi qu’un siècle en arrière, Louis XIV défendait à Tartuffe de paraître sur le théâtre public du Palais-Royal, mais l’admettait avec faveur aux fêtes de Versailles et permettait à Molière de le représenter à Vil lers -Coiterets pour Monsieur, aux châteaux du Raincy et de Chantilly pour le prince de Condé.

On parla d’abord, pour la première représentation du Mariage de Figaro , des Petits- Appartements, puis de Trianon, puis de Choisy, puis de Bagatelle et de Brunoy. Une trentaine de répétitions, les premières fort secrètes, les douze à quinze dernières à peu près publiques, se firent sur le théâtre de l’Hôtel des Menus », et la première

représentation de « cette farce », pour parler comme le

' gazetier des Mémoires secrets , fut fixée au vendredi 13 juin 1783.

Aussitôt seigneurs et grandes dames de briguer les loges des Menus-Plaisirs pour cette solennité. Tout Paris se dispute les billets , jolis cartons taillés en losange et rayés « à la Marlborough* », avec la figure gravée de Figaro dans son costume.

Le grand jour arrive : à midi, M. le duc de Villequier fait signifier à tous les acteurs de la pièce de s’abstenir d’y jouer, sous peine de désobéissance et conformément à un ordre écrit du roi. M. le comte d’Artois, qui s’était mis en route pour le spectacle, n’apprit l’interdiction de la pièce qua son arrivée à Paris. A six heures, il fallut

1. Lo théâtre des Menus-lMaisirs dépendait de la maison du roi : c’est aujourd’hui la salle du Conservatoire de musique et de déclamation.

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