Mémoires secrets. 1 fr mai
les beautés réelles dont elles sont pleines. Ce fut un véritable événement politique.
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais avait alors cinquante-deux ans 1 . Sa vie entière fut une lutte qui, commencée devant les parlements, continue au théâtre et finira devant la Convention nationale 5 .
Raccourcie d’une demi-heure à la seconde représentation, la pièce est donnée trois fois en quatre jours. A la cinquième, le jeudi 6 mai , on avait fait courir le bruit que la Reine viendrait au spectacle: avant le lever du rideau, il se détacha des quatrièmes loges et du cintre quatre ou cinq cents imprimés qui se répandirent en voltigeant dans la salle : « Ce fut à qui en aurait, les femmes en demandaient à grands cris, les spectateurs du parquet en présentaient aux loges au bout des cannes; des plaisants y mettaient du papier blanc! ou même des polissonneries; tous les crayons étaient en l’air pour copier; c’étaient des cris de joie, des brouhahas, un tumulte, une farce qui valait mieux que celle de Figaro et qui amusait tellement le public, que la représentation en a été reculée pendant plus d’une demi-heure 3 » .
C’était une épigramme anonyme 4 contre la pièce et l’auteur; un orateur du parterre se leva pour lire ces vers, qui furent sifllés. Beaumarchais les publia lui-même le surlendemain dans une lettre adressée au Journal de
Il était né le 24 janvier 4732, rue Saint-Denis.
2. Ma vie est un combat, disait Beaumarchais, prenant pour devise cet hémistiche du Mahomet de Voltaire.