CHAPITRE IV
Journée de Tartuffe , représentée le 1/| à Versailles devant Leurs Majestés, n’obtint qu’un faible succès, et ne fut jouée que six fois. Cette imitation d’H Molière , comédie de Goldoni, d’abord traduite en cinq actes et en prose et publiée en 1776, avait été « ajustée pour le Théâtre- National » , et réduite à quatre actes par P. -A. Guys, diplomate, et Louis- Sébastien Mercier, l’auteur du Tableau de Paris (Fleury joua le rôle principal) . Entre le troisième et le quatrième acte, on représenta la comédie de Tartuffe « en » costumes Louis XIV ». Nouveauté dans un temps où l’on jouait Molière avec la poudre et les habits à la française !
18 décembre . — Les Rivaux, comédie en cinq actes et en vers, imitée de l’anglais, tombe à plat et ne peut aller au delà du commencement du troisième acte.
Signalons rapidement :
2 janvier. — Odmar et Zulna, tragédie en cinq actes, du récidiviste Maisonneuve.
1 S janvier. — La Ressemblance, amusante comédie en trois actes et en vers, de Nicolas- Julien l'orgeot;
Le 23, les Réputations, comédie en cinq actes et en vers, du marquis de Bièvre, mal reçue du public.
22 février. — L’Optimiste, ou l'Homme content de tout, comédie en cinq actes et en vers, de Collin-Il arleville, représentée le 25 devant Leurs Majestés (Mole).
Et 29 février. — Un essai d’écolier, Méléagiie, tragédie de Népomucène Lemercier, âgé de seize ans et demi *.
Clôture annuelle le samedi 8 mars, par Athalie ,
1. Celle pièce, représentée par ordre obtenu de Marie-Antoinette, grâce à M m * de Lamballe, fut honorée de la présence de la reino qui
un Compliment de Grammont-Roselly et le Babillard.
On avait remis au répertoire :
Coriolan, de La harpe (1784).
Buiskis ou la Colère d'Achille y par Poinsinet de Sivry (1759), pièce reprise pour secourir le fils de l’auteur.
Hamlet , de Ducis (1769).
L'Amour usé , de Destouches (1741), comédie réduite à trois actes,
. Et Orphanis, de Blin de Saint-Maur (1773).
Dunant, Grammont-Roselly 1 et Larochelle avaient été reçus dans lecourant de cetteannée. La Comédie eut a pleurer (21 septembre) la mort de la jolie M ,le Olivier, « si intéressante, dont le talent donnait tant d’espérance, et qui, comme une rose flétrie peu d’heures après l’aurore, a été moissonnée dès son entrée dans la carrière s », et à regretter le départ de M lle Dugazon et la retraite de l’excellent tragédien La Rive. Heureusement pour le Théâtre -Français, il arrivait un successeur à ce dernier,
et quel successeur : Talma !
L’Ecole royale dramatique (Conservatoire) , établie depuis le 1 er avril 1786 à l’hôtel des Menus-Plaisirs, par
donna le signal des applaudissements. Le jeune auteur assistait à sa représentation dans la logo de sa Majesté. 11 fut demandé et présente au public, dont l'attention et la bienveillance avaient été extrêmes, par M m, de Lamballe. Retirée aprèsla première , Mélcagrc ne fut pas imprimée.
Né à la Rochelle le 10 juin 1750, il fut plus tard adjudant-général do l’armée républicaine on Yendée, impliqué dans le procès des hébortistes, et condamné à mort avec son fils. Ils montèrent sur l’échafaud de Paris, le 13 avril 1794.
2. Censeur dramatique, par Grimod de la Reynièro, n n 1, pages