CHAPITRE XV
Sans une clcmouro cortaino S'il est pénible de courir, Au moins avec un vrai plaisir Chez ses amis on se promène. »
Ce couplet fut redit, le lendemain 16, au Théâtre du Marais.
Après les reprises (T/phigénie en Aulide^ Misanthropie et Repentir, Minuit, etc., données à la salle Favart, les comédiens de l'Odéon débutent, le il juin, par la Femme jalouse de Desforges, et le Voyage interrompu, au petit Théâtre de la Cité- Variétés \ dirigé parle propriétaire, M. Lenoir, oîi ils alternent, les jours impairs, avec la troupe de ce théâtre (dont Glozel et M'"' Vazel font partie) et les chevaux de Franconi. Picard, jouant le rôle de Jolivet , dut chanter deux fois ce nouveau couplet , encore ajouté par lui :
« Nous avons fait plus d'un voyage,
Et perdu plus d'un nom fameux :
Mais nous ne perdons pas courage,
Si vous nous suivez dans ces lieux.
Notre espérance est-elle vaine ?
Chez Jolivet et ses amis,
Tous pleins de zèle et bien unis,
De temps en temps qu'on se promène ! »
L'infatigable Picard donne coup sur coup :
Une grande comédie en cinq actes et en vers,
Ce fut là que Beaumarchais fit représenter la Mère coupable, ou Vautre Tartuffe. Trop éloigné du centre pour prospérer, ce théâtre, après plusieurs fermetures, fut supprimé en 1807.
\. Ouvert le 20 octobre 1792, ce théâtre était situé en face le Palais de Justice, sur l'emplacement de Téglise Saint-Barthélemy ; il devint le Prado en 1846. On y joua un grand nombre de pièces révolutionnaires et irréligieuses. (Th. de la Pantomime Nationale.)
l'Entrée dans le monde (15 juin) et les Voisins, comédie en un acte et en prose avec vaudeville (9 juillet) dans laquelle il emprunte sans façon à Dufresny un de ses plus joyeux couplets, copié mot pour mot.
A cette date, la société, organisée « à l'instar du Théâtre-Français )> , se compose de :
xMM.
Picard.
Dorsan.
Chevreuil.
Dégligny.
Habert.
Vigny.
Barbier.
Leclerc.
Varennes.
Valville.
Marsy.
Defresne.
M™«^ Desroziers-Duval.
Molé-Léger.
Molière.
Beffroi.
Joly cadette.
Josset.
Monvel.
Delille.
Clément.
L'incendie opère enfin la réunion tant désirée des comédiens français, à laquelle le succès del'Odéon était devenu le principal obstacle \ Grandménil, Saint-Fal, Naudet et autres passent à la rue Richelieu, dont le théâtre fut rouvert le 30 mai 1799, par le Cid (Talma, Yanhove, M'"^ Petit) et r Ecole des maris (Grandménil, Dugazon, M Mars, Mezeray et Devienne).
\ . « Le désir qu'on éprouvait généralement de voir les deux troupes de comédiens français se réunir à la rue de Richelieu parut autoriser le bruit du feu mis exprès à la salle de l'Odéon. Le mot de Naudet, arrivant au théâtre et le voyant brûler, fortifia cette opinion: « Ah! ah! dit le comédien en riant un peu jaune, pour nous forcer de déménager, voilà une assignation bien chaude! » Ch. Maurice, Histoire anecdolique du théâtre, tome