‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 125 sur 204 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

grand-feuîlletonier de France — la société est en général assez bien composée ; elle annonce beaucoup de zèle^ un grand désir de plaire au public, et, si elle peut varier son répertoire, donner des ouvrages piquants, je ne doute pas que souvent, au lieu d'aller s'amuser dans toutes les règles de l'art au salon de Thalie, on ne soit tenté de faire quelque débauche dans ses petits appartements*. »

Entrepreneur, directeur, auteur et acteur, toujours pressé par le besoin de soutenir son théâtre, Picard était obligé de donner nouveautés sur nouveautés. Cette hâte peut expliquer certaines incorrections de ses pièces, dont beaucoup ne sont que des ébauches, ce qui ne l'empêcha pas d'être surnommé par les journaux du temps (( l'un des cinq géants littéraires ! »

L'ouverture de la salle Louvois par les comédiens de rOdéon eut lieu le 5 mai 1801^ par la petite maison DE Thalie, comédie épisodique en un acte, en vers, d'Armand Charlemagne, qui fut très-applaudie et dont le titre servit longtemps à désigner le nouveau théâtre'. Picard, qui y jouait le rôle de Momus, resta six minutes sans pouvoir parler, tant les bravos furent vifs et prolongés. On donna dans la même soirée son Collatéral.

La troupe, qui avait à sa tête, outre le directeuracteur, Vigny et M"® Molière, etc., etc., fut bientôt aug-

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