CHAPITRE II
sur l'air dit Serin qui te fait envie, le couplet suivant qu'il avait composé, et que le public bissa :
Le roi, digne de sa couronne,
A pris pitié des malheureux.
La reine, et ce qui l'environne
S'occupe à faire des heureux.
Dessous le chaume qui le couvre.
L'infortuné n'a plus d'effroi :
Il chante aux champs tout comme au Louvre
La bienfaisance de son roi.
H mars, — Le Jaloux, comédie en cinq actes et en vers libres, de Rochon de Ghabannes, pièce très-médiocre sauvée par l'admirable jeu de Molé et de M^'' Raucourt, avait été jouée le 6 à la Cour ^
27 mars, — Clôture annuelle par Méro'pe, un Discours de Saint-Fal et le Legs,
La Comédie avait représenté devant la Cour, à Fontainebleau, r Inconstant j, comédie en cinq actes et en vers, premier ouvrage de Colin-Harleville, patronné par Molé.
Remis au répertoire dans le courant de cette année théâtrale :
Le Bienfait rendu, ou le Négociant, de Dampierre (1763).
Le Mariage interrompu, ou la Fille supposée, de Gailhava (1769).
Les Troyennes, de Châteaubrun (1754).
1. La brochure, dédiée au roi de Suède, porte déjà la mention : a jouée sur le théâtre de la Nation (1785). »
Venise sauvée^ de Laplace, et Jeanne de Naples^ de Laharpe, avec un nouveau dénoûment.
Enregistrons neuf débuts, dont trois importants :
Ce sont ceux de Ghampville, neveu de Préville, dans le marquis du Joueur et Crispin rival de son maître (7 mai) ; de Dorfeuille, dans la tragédie (13 août) ; et de Naudet, dans Auguste, de Cinna (21 mars).
M"^ Joly fut reçue cette même année. — La Comédie eut à déplorer la mort de Bouret (16 septembre 1783) et fit une pension à ses enfants.
Nous ne pouvons passer sous silence une querelle qui eut alors le plus grand retentissement entre M'"^ Duvivier (autrefois M'"^ Denis) , et les comédiens, au sujet de la statue de Voltaire, querelle qui a si longtemps occupé l'opinion publique et qu'on eut tant de peine à terminer.
" Le chef-d'œuvre de Houdon, le Voltaire assis ^ avait été offert à l'Académie par la nièce d'Arouet et accepté avec reconnaissance avant même d'être terminé ^ Dans l'intervalle, un sot mariage, à soixante-dix ans passés, avec un monsieur Duvivier, dit Toupet, éloigna de la maison de M'"^ Denis les gens de lettres et les philosophes. Pour se venger de cet abandon, elle offrit alors la statue aux comédiens français (septembre 1780), et se fit écrire à ce sujet une lettre par Gerbier, avocat de la Comédie. Le marbre devait être placé dans le foyer de la nouvelle salle; mais Préville, le plus digne des interprètes du grand Comique, et pieusement fidèle à sa mémoire,
Ce marbre admirable ne fut achevé qu'en 1781, date de la signature de Tloudon.