‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 145 sur 204 · CHAPITRE XVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVH

amoureux^ comédie à tiroirs en un acte, en vers, de Maurin, acteur du Grand-Théâtre de Lyon, qui fut jouée avec succès.

Le h mai, succès d'estime du Coureur d'héritages, comédie en trois actes et en vers de Justin-Gensoul (Yal ville); le fond de cette pièce, froide, mais dont la versification était facile et correcte, les mots heureux, les tirades bien écrites, était le même que celui de V Avide Héritier de de Jouy.

Le 16 mai, succès d'interprétation de l'Inconnue ou une Femme,, comédie en un acte et en prose, premier essai d'un jeune homme qui garda l'anonyme (Glozel et Picard jeune) .

Le k juin, brillante réussite du Curieux, comédie en un acte, en vers, premier ouvrage de M. Planard, sous le seul prénom d'Eugène (Firmin).

Le 31 juillet, un Dîner par victoire*, divertissement impromptu, en un acte et en vers, avec couplets et danses, composé par Désaugiers à l'occasion de la paix de Tilsitt, fut très-bien accueilli, grâce à ses mots heureux, à ses allusions ingénieuses^;

\. Austerlitz, léna, Eylau, Friedland, etc., etc.

2. Un Anglais chantait ce couplet, faisant allusion au fameux radeau du Niémen, où Napoléon et Alexandre s'étaient donné l'accolade fraternelle :

« Mon pays avec la France

Il s'est jamais entendu :

Quand l'un pleure, l'autre il danse;

Quand l'un bat, l'autre est battu.

Et parce que le Angleterre

Et, le 10 août, une autre pièce de circonstance, également composée pour la paix, par Picard : le Mariage DES DEUX GRENADIERS OU V Auherge de Munich^ comédie épisodique en un acte, en prose, avec ballet et couronnement du buste de l'empereur au vaudeville final, fut applaudie avec enthousiasme*.

Le 27, LE Mariage DE M. Beaufils ou les Réputations d'emprunt, comédie en un acte et en prose de M. de Jouy. Cette farce, suite de Monsieur Beaufils ^ du même auteur, très-bien jouée par Clozel, fut favorablement accueillie.

Le mélodramaturge Caigniez, « le Bacine du boulevard », remporta deux succès, les 24 et 26 octobre, avec : le Volage ou le Mariage difficile, comédie en trois actes et en prose, et un acte également en prose : les Souvenirs DE MES premières AMOURS, petit ouvrage imité

Il fait le guerre sur l'eau,

Le France il vient de faire ,

La paix sur un radeau ! »

\. A cette même occasion, le Vaudeville, donna un à-propos de Barré, Radet, Desfontaines et Dieulafoy : V Hôtel de la Paix, rue de la Victoire.

Le 19, jour de la Saint-Louis, il fut donné après le spectacle, dit Charles Maurice dans son Histoire anecdotique du théâtre, une représentation en l'honneur de Picard. Dès que le public eut quitté la salle Louvois, elle fut remplie jusqu'aux combles d'hommes de lettres, d'artistes, de gens du monde, heureux de l'hommage qu'ils allaient rendre au premier auteur comique de l'époque. Picard, qui ne s'y attendait point, s'arrête étonné, interdit à l'aspect de cette réunion ; les applaudissements, les bravos éclatent à sa vue, l'émotion force le brave homme à s'asseoir. On donna un monologue composé exprès par Andrieux, des danses, des scènes détachées. Cent autres folies plus divertissantes les unes que les autres et un bal dans le foyer public précédèrent le souper : on ne sortit qu'au jour de cette fête charmante.

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