CHAPITRE XVII
de r Amour usé cle Destouches, d'un comique un peu forcé, et destiné d'abord aux boulevards.
Quatre réussites terminèrent l'année :
L'Amour au régime, comédie en un acte, en prose, de Ghazet et Dubois, avec Glozel (21 novembre) ;
La Cigale et la Fourmi, comédie en un acte et en prose de Charles Maurice (7 décembre), portée plus tard au théâtre Comte avec des couplets, par Décour- Laffilard ;
L'Ami de tout le monde, çomédie en deux actes et en prose de Picard (de Vhislitut)^ le 22 décembre (Firmin, Clozel, Vigny, M"^ Molière) ;
et LES Nouveaux Artistes, comédie en un acte, en vers, de Ch. Maurice (27 décembre), dont le sujet et le plan avaiejit été fournis par Picard.
Furent remis au répertoire :
V Ivrogne corrigé^ de Dieulafoy (i^' février) ;
Un Tour déjeune homme, de Chazet et Léger (23 mars) ; . L Auberge de Calais, de Dorvigny, Bonel et G. Duval, sous le titre de l'Auberge de Strasbourg (7 avril) ;
Le Tambour nocturne j, de Destouclîes (20 avril);
Le Retour du Mari^ du vicomte de Ségur ^ (17 juin) ;
La Colonie^ de Saint-Foix (26 juin) ;
Les Jeux de Vamour et du hasard et l'Héritier de village^ de Marivaux (9 et i/j. juillet) ;
Les Deux Figaros ou le Sujet de Comédie, critique du Mariage de Figaro, par l'acteur Richaud-Martelly (27 juillet) .
Les Marionnettes et les Voisins, de Picard (17 et 18 septembre) .
\, Ségur jeune était mort en 1805.
Outre les débuts de Perroud dont nous avons parlé plus haut^ notons ceux de M"^ Sophie Mengozzi, fille de M'"' Sarah Mengozzi et du compositeur de ce nom^ dans r Epreuve nouvelle et les Filles à marier (18 janvierj, de Rosambeau/ avec succès dans la Cloison (31 juillet) et de Grandville^ (valets) dans les Amis de collège^, Marlon et Frontinj, et les Jeux de Vamour et du hasard, (14 septembre).
Picard, appelé, comme nous l'avons vu, à la direction de l'Opéra le 1" novembre 1807, aurait volontiers cédé son théâtre aux artistes réunis en société ; mais ils ne s'entendaient pas entre eux; son frére^ Picard jeune^ ne pouvait lui succéder, étant déjà atteint de la maladie dont il mourut peu après. Deux capitalistes, MM. Gobert et Boursault, lui firent alors des offres sérieuses ; mais comme ils inspiraient des craintes aux comédiens^ Picard choisit pour lui succéder Alexandre Duval^ l'ancien acteur du Théâtre-Français, l'auteur applaudi des Héritiers j, du Tyran domestique^ de Maison à vendre^, qui, peu de mois auparavant, lui avait proposé de s'associer à lui. Après deux mois d'hésitations et de tergiversations^ Duval fut^ le 27 décembre, nommé directeur du Théâtre de Vlmpéra-
1. Louis-Antoine Minet, acteur de province, avait débuté en 4806 au Théâtre-Français dans les rois et les pères nobles. Lorsqu'il y parut dans le rôle ingrat de Thésée, de Phèdre, il n'y eut qu'une voix pour lui dire (tout bas) : Thésée, vous .'{Revue des cotnédiens, 1808). Il retourna bientôt en province.
2. Acteur d'un âge mûr, formé en province, qui a joué plus tard au Théâtre-Français les rôles à manteau.