‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 21 sur 204 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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seiice de la reine, de la duchesse Jules de Polignac, du comte d'Artois et de quelques dames parmi les intimes de Sa Majesté, en tout trois cents spectateurs. On a prétendu que le futur Charles X ne partagea pas l'enthousiasme général , et qu'il aurait même formulé son jugement en deux syllabes trop énergiques. La pièce avait subi, pour cette épreuve, quelques changements, corrections et adoucissements de peu d'importance.

Le 21 février 1784 , Beaumarchais en fait une dernière lecture chez M. le baron de Breteuil, ministre de Paris, devant MM. Gaillard, Chamfort, Rulhière, M'"' de Matignon (fille de M. de Breteuil) , et deux ou trois autres personnages.

De ce jour, la défense est levée, les répétitions sont reprises en plein carnaval; le 31 mars, Beaumarchais a la permission de faire jouer sa pièce S et le mardi 27 avril, huit jours après la rentrée de Pâques, a lieu la première représentation publique à la nouvelle salle de la Comédie- Française.

Dix heures avant l'ouverture des bureaux, la capitale est aux portes de la Comédie*^. Les avenues du théâtre sont encombrées, et non-seulement les amateurs et

1 . A cette date, Beaumarchais écrit au Roi : « Depuis longtemps les comédiens français sont privés d'ouvrages qui leur donnent de grandes recettes; ils souffrent, et l'excessive curiosité du public sur le Mariage de Figaro semble leur promettre un heureux succès. Cependant, l'auteur désire que la première représentation de cet ouvrage, qui attirera un grand concours, soit donnée au profit des pauvres de la capitale. » Correspondance, mars 1784.

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