CHAPITRE PREMIER
Les plans de Moreau , approuvés successivement par Louis XV, le 7 février 1774, et par Louis XVf, le 8 juin suivant, indiquaientcomme dépense probablel, 800, 000 livres
A la mort de Louis XV, et après la chute de l'abbé Terray, Turgot fut appelé au Contrôle Général. Peyre et de Wailly lui adressèrent un mémoire représentant que leur plan, contenant 600 toises superficielles, coûterait moitié moins que celui de Moreau, qui en contenait 900, etc., etc. C'était prendre par son côté faible le mi- ^ nistre à l'atFût d'économie. Aussi, lorsque le comte de la Billardrie d'Angivilliers, le nouveau directeur général des bâtiments, lui eut représenté que les plans de Wailly et Peyre étaient les premiers en date, l'équitable Turgot fit arrêter net les travaux commencés (décision du 13 septembre, portée au prévôt des marchands).
Moreau n'avait pas perdu de temps : il y avait déjà pour 100,000 écus de dépenses faites, tant en démolitions qu'en fondements jetés. Malheureusement, cette suspension de travaux, favorable aux deux architectes du roi, fut suivie, en 1775, d'ordres donnés par Turgot de fonder, aux lieu et place de la nouvelle salle, les établissements, remises et écuries des Messageries Royales, ainsi que les bureaux de leur régie ^
1 . La ville de Paris fut aulorisée à faire un emprunt de \ ,500,000 livres. Le prix de la vente des matériaux provenant de la démolition de l'hôtel de Condé fut estimé 280,000 livres.
2. A cette époque, un mémoire proposait au contrôleur général de
Peyre et de Wailly auraient attendu longtemps encore la réalisation de leurs plans, si Monsieur, à qui le roi venait d'accorder le terrain de l'hôtel de Condé, ne se fût chargé de la construction de la salle de la Comédie, mais dans la partie des terrains plus rapprochée du Luxembourg ^ .
A cet effet Monsieur nomma, au mois d'août 1778, une commission de cinq membres, dont l'agent principal était le sieur Machet de Yélye, chevalier du point d'honneur et intendant de ses bâtiments. Malgré la formation de cette commission, les travaux paraissent si peu décidés, qu'un faiseur de projets ose encore proposer, en septembre, de faire la nouvelle salle attenante au palais du Luxembourg, rue de Vaugirard, à l'ancien hôtel de la Guérinière, Cependant, après quelques dernières hésitations, le projet Peyre et de Wailly fut irrévocablement arrêté , et leur devis général, montant à 1,600,000 livres, accepté ^
Les travaux, commencés en mai 1779, se poussent avec vigueur :on arrache les pierres ayant servi auxfon-
construire la nouvelle Comédie française sur l'emplacement de l'hôtel du premier écuyer, près la galerie du Louvre, et de consacrer les terrains déjà acquis de l'hôtel de Condé à un édifice qui serait à la fois le dépôt des Archives de la Couronne et la Bibliothèque du Roi {Arcfiives nationales. Ancien régime 0^ 1705).
1. C'est-à-dire sur les anciens jardins et parterres de l'hôtel de Condé dessinés par Le Nôtre (voir les gravures de J. Marot et Perelle, le plan Turgot (1739), un plan de 1753; Piganiol, t. Vf, p. 368; Saint- Victor, t. II, p. 725 et t. III, p. 689).
2. En février 1779, le Parlement enregistra des lettres patentes concernant la cession à Monsieur du palais du Luxembourg et la permission d'ouvrir les rues et de bâtir sur les terrains que Monsieur pourra concéder.