‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 3)Chapitre 66 sur 204 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le gros Des Essarts, en congé aux eaux de Baréges, y apprit l'arrestation de ses camarades : cette nouvelle suffoqua l'excellent homme, qui mourut peu de jours après, à l'âge de cinquante-cinq ans (8 octobre 1793).

Naudet était en Suisse depuis les troubles de Paméla. ' La Rive, qui d'ailleurs ne faisait plus régulièrement partie de la Comédie-, fut aussi arrêté comme royaliste, pour avoir, le jour où le drapeau rouge avait été déployé au Champ-de-Mars, reçu Bailly et l'état-major de Lafayette dans sa maison du Gros-Caillou, mais relâché par ordre des administrateurs de la police. Un journaliste ayant demandé que ce « suspect » fût réintégré à la Force, le malheureux comédien fut repris et mis à Sainte-Pélagie ^

Molé, libre~par faveur spéciale, entre au Théâtre- National de la rue de la Loi^ ouvert par M"^ Montansier quinze jours avant la fermeture du Théâtre de la Nation et l'emprisonnement des comédiens. Cette vaste salle, construite en bois, à l'angle de la rue de Louvois, en face de la Bibliothèque, par l'architecte Louis % avait été inaugurée le jeudi 15 août 1793 par :

La Baguette magique^ prologue de Dantilly ;

Adèle et Paulin, drame en trois actes et en vers de Delrieu , et la Constitution à Constantinople, comédie

4 . Une lettre de Hambourg, sans-culotte de la section de la République, avait invité La Rive à rentrer au théâtre (14 août 1793).

%. Sainte-Pélagie : du 13 novembre 1793, entré le citoyen Mauduit-Larive {État des prisons, au Journal de Paris).

3. Architecte du Grand-Théâtre de Bordeaux (1782) et du Théâtre de la République (1788).

patriotique en un acte de Lavallée, ornée de tout son spectacle, avec un divertissement de chant et de danses et les chevaux de Franconi.

Ce nouveau spectacle, dit <( Théâtre des neuf millions^ », administré par la Montansier et le comédien Bourdon-Neuville, annonçait l'intention de représenter : la tragédie, la grande comédie, l'opéra, la danse, la grande pantomine ^ Il donna jusqu'au 31 décembre vingt-deux spectacles nouveaux dont :

La. Journée de Marathon ou le Triomphe de la liberté^ drame héroï-lyrique en quatre actes, en prose, de Guérault, orné de tout son spectacle, musique de Kreutzer ^ (26 août) ;

Jean-Jacques Rousseau au Paraclet^ comédie en trois actes en prose d'Aude (10 septembre) .

L'Amant jaloux^ opéra-comique en trois actes de d'Hèle, musique nouvelle de Mengozzi ;

Sélico^ opéra en trois actes de Saint-Just, musique de Mengozzi, ballets de Goindé ;

Les Deux Sophies^ drame en cinq actes, en vers, d'Aude, et la Première réquisition, comédie en un acte, en prose, de Landon.

Les Tu et les Toi ou la Parfaite Égalité, amusante comédie « révolutionnaire » en trois actes et en prose de Louis Dorvigny (23 décembre).

1. Commencé dans les premiers mois de 1792 sur un terrain acquis de la caisse d'escompte par Neuville et la Montansier.

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