‹ L'Odéon: histoire administrative, anecdotique et littéraire du Second Théatre Français (volume 4)Chapitre 63 sur 217 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Pour se le partager voudraient mettre à la gêne *

Cet immcnso pays rôtrcci comme Athène?

Ah ! ne confondez pas le cœur si différent

Du libre citoyen, do Tesclave tyran.

L'un n*cst point patriote et vise à le paraître :

L'autre tout bonnement se contente de Tètre.

Le mien n*honore point, comme vos messieurs fout,

Les sentiments du cœur de son mépris profond.

L*étudc, selon lui, des vertus domestiques.

Est notre premier pas vers les vertus civiques.

Il croit qu'ayant des mœurs, étant homme de bien,

Bon parent, on peut être alors bon citoyen.

Compatissant aux maux de tous tant que nous sommes.

Il ne voit qu'à regret couler le sang des hommes.

Et, du bonheur public posant les fondements,

Dans le bonheur privé cherche ses éléments.

Voilà le patriote : il a tout mon hommage....

Vos messieurs ne sont pas formés à cette image ^ »

Toutes les nuances d'opinion applaudirent k cette protestation contre les hommes de violence. Heureux d'entendre ce qu'ils n'osaient dire, les honnêtes gens accouraient saluer leurs plus secrètes pensées reproduites avec courage sur la scène. Quelques « patriotes » essayèrent de tenir tête au public, ils furent hués et réduits au silence.

Dazincourt, Saint-Prix (Nomophage), Saint-Fal, Vanhove, Dupont, Dunant et M*"" Suin partagèrent le triomphe de l'auteur qui, demandé à chaque représentation, se rendait après la pièce aux vœux d'un public enthousiaste.

Des voix favorables à Louis XVI s'étant fait entendre à l'occasion de rAmi des Lois, la pièce, accusée de servir de prétexte de réunion à tous les conspirateurs, fut, après

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