CHAPITRE XI
ligues, puisé dans l'histoire des guerres civiles de l'Irlande, fut applaudi au quatrième acte et au dénouement seulement. Les comédiens comptaient sur cette pièce, ils avaient même fait quelque dépense pour elle; l'insuccès les découragea; d'Épagny parla de se retirer. (Crécy, Bignon, Fillion; M mM Laurence, Darcey.)
Le 23 décembre, la Vie d'un Comédien, comédiedrame en quatre actes, en prose, de Ch. Desnoyer et Eugène Labat. La donnée, qui était la vie et la mort de Molière, lit réussir cette pièce médiocre. (Robert Kemp, Bignon; M me Berthault.)
Le 27 décembre, une Charge a paver, gaie petite comédie en un acte, en vers, de M. Acarie Baron père, fut applaudie 1 . (L. Monrose, Lautmann, Alf. Baron; M mcs Dangeville, Doligny.)
Le 3i décembre, Ivan de Russie, tragédie en trois actes, en vers, de Charles Lafont, obtint un succès mérité. (Munié, Machanette, Valmore, Bignon, Saint- Léon; M* Dubois.)
D'Épagny, effrayé, sentant le terrain lui manquer, débordé de toutes parts, engagé personnellement pour une assez forte somme, abandonna la partie. Ses associés offrirent sa place à Hippolyte Lucas, qui, en homme pru-
I. Un soir, l'auteur joua, dans sa pièce, le rôle de Lautmann indisposé : ce début improvisé eut lieu le 44 mars 4842.
dent, se récusa. Ce privilège dont personne ne voulait, Lireux, avec l'intrépidité de la jeunesse, n'hésita pas à s'en charger. Il prit officiellement la direction de l'Odéon dans le courant du mois de février.
Voici quelles furent les dernières pièces données par d'Épagny :
Le 10 janvier, l'Une pour l'aitre, comédie en un acte, en prose, de Prosper Poitevin, réussit. (Mirecour, Picrron; M me Monnier.)
Le 15 janvier, A propos en vers de M. d'Épagny, trois scènes récitées entre les Femmes savantes et le Médecin malgré lui, à l'occasion de l'anniversaire de Molière.
Le 21 janvier, début dramatique d'Hippolyte Lucas avec i.a Double Épreuve, comédie en un acte. Cette aimable petite satire, écrite en vers faciles, réussit. (Valmore, L. Monrose, Fillion, Mirecour; M ,,1C9 Rousset, Doligny.)
Le 20 janvier, les Philanthropes, comédie en trois actes, en vers, de Frédéric de Courcy et Théodore Muret, obtint un demi-succès, grâce à quelques portraits bien frappés. (Saint-Léon, L. Monrose, Barré; M"" Rousset, Berthault.)
Le o février, on donne deux premières représentations : l'Avocat dé sa cause, comédie en un acte, en vers, de Camille Doucet, qui remporte un grand succès (Fillion, L. Gcnèt; M ,teB Berthault, Payre), et les Trois Fils, comédie en trois actes, en vers, de M. Deyeux, dont la chute fut tellement brutale qu'on dut baisser le rideau avant la fin, et que l'auteur ne fut pas même