CHAPITRE XI
nommé. (Rosambeau, E. Pierron, Baron; M œe Soubiran.)
Le 12 février, nouvel insuccès avec le Maréchal de Montluc, drame en trois actes, en vers, de Mary-Lafon. Bignon, Fillion, Achille; M mcs Payre, Roussel.)
Le 19 février, le Veuvage, comédie en deux actes, en prose, de M mc Achille Comte 1 , réussit. (L. Monrose, Pierron, Munie; M Uos Rousset et Berthault.)
DIRECTION LIREIX'.
L'Odéon, à peine ouvert, semblait déjà condamné à une fermeture rapide. En janvier, on avait encaissé 11,553 francs. Les comédiens, affamés et démoralises, sans pièces sérieuses devant eux, avec un matériel délabré, insuffisant, parlaient d'abandonner la partie; le moment était critique. « Que va faire dans ce sépulcre
1. M m * Achille Comte, veuve Lava, est morte en octobre 1878.
2. A. Lireux, né à Houen, mort à Bougival en mars 1870. Journaliste infatigable, il créa à Rouen le petit journal l'Indiscret ; après quelques procès et dueU, il vint à Paris, dirigea la (lazelte des Théâtres, fonda la Patrie en 1841, écrivit au Courrier français, à la Séance, au Charivari, fil avec Cliam V Assemblée nationale comique en 1818, le .Messager des Théâtres avec A. Denis 1 1849), le feuilleton dramatique du Constitutionnel (18'iO à 1855 1 ; quitta la littérature pour les affaires, où il s'enrichit. Ses derniers journaux furent : la Bourse comique et la Semaine financière. '
ce gai et insouciant garçon? disait-on, pourra-t-il conduire ce théâtre impossible? » on ne le croyait pas! on se trompait. Avec son esprit vif, alerte, excellemment littéraire, Lireux fut certainement un des plus utiles directeurs du second Théâtre-Français.
Il comprit que l'Odéon doit être le théâtre de tous les genres et de toutes les audaces, et que la première qualité de son directeur c'est l'activité. Il renouvela sans cesse son affiche : toutes les semaines, il convia la critique à un essai nouveau; il fit de ce travail non un accident, comme la plupart de ses successeurs, mais une habitude. Dans cette production hâtive, incessante, il négligea bien des détails importants sans doute, bien des travaux de mise au point, mais pouvait-il faire aulrement, et oserat-on le lui reprocher quand on saura que de 18/»2 à 1845, moitié sans subvention, moitié avec une subvention insuffisante, il donna plus de pièces nouvelles que tout autre ihéâtre en dix années, et que parmi les inconnus dont il accueillit les œuvres avec empressement se trouvaient Ém. Augier, le premier auteur dramatique moderne, Ponsard, Auguste Vacquerie, Paul Meurice, pour ne parler que des talents supérieurs?
La première année, les dividendes furent nuls ; les comédiens, ruinés par six mois de crédit à la fortune, étaient à bout de ressources ; un des sociétaires, Robert Kemp, avait donné sa démission, ce qui était un fâcheux exemple; la soubrette, M Ue Tilly, était partie; Fillion émigrait en province, d'autres allaient en faire autant; il fallait remédier au plus tôt à cet état désastreux. Lireux,