CHAPITRE XI
« serait fou furieux, vous n'auriez pas davantage de loge a de première galerie, puisqu'il n'y en a plus. 1 » Et l'on se retirait sans avoir sa loge. Ce jeu-là réussit pendant les premiers jours de la mise en vente; on paya très cher pour avoir difficilement une place. Mais les jours suivants, les désirs se calmèrent. — À force d'entendre dire qu'il n'y avait plus de place, on le crut, et la salle fut presque vide. — Les gens de théiUre savent quel danger c'est pour une pièce qu'une salle incomplète, composée de gens du monde ayant payé très cher leur place et peu disposés à l'indulgence.
Le premier acte seul fut applaudi. Les autres furent siffles. Jamais ce champ de bataille qu'on appelle l'Odéon n'entendit une telle profusion de cris d'animaux, de plaisanteries cruelles et féroces : « Le parterre s'embusrjuait « derrière les substantifs et les verbes pour mitrailler la « pièce et les acteurs. » Monrose, Rosambeau, Bignon défendirent vaillamment leurs rôles. Ils finirent par être accablés sous les huées. Balzac assistait dans une baignoire a cette défaite, on pouvait le croire abattu, désespéré. « A minuit et demi, dit L. Gozlan,on le trouva endormi « et ronflant : On eut toutes les peines du monde à le « réveiller 1 . » (Crécy, Valmore, Derosselle, Pierron; M~" II. Gaussin, Defrance, Malhilde Payre.)
Le 9 avril, le Comte de Bristol, drame en cinq