‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 131 sur 221 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

1841-1845. — Linauguration du monument de Molière. — Le vieux Consul. — Début d'Émile Augier : La CictË. — \\ tioonk. — Le Bachelier de Sëgovie. — Les pièces judiciaires. — X t> e-Damc des abîmes. — Un faux manuscrit de Molière : (e Docteur amoureux. M. de Calonne mystificateur. — Faillite de Lireux. — Résumé de cette direction.

Le 15 janvier 1844, Bouchet lut un discours en vers de 31. des Essarts : A la gloire de Molière, qui fut très applaudi. Signalons, à propos de cet anniversaire, ie petit incident suivant. Dans la journée avait eu lieu, rue de Richelieu, l'inauguration du monument et de la statue élevés à Molière, grâce à la foi persévérante de notre cher maître Régnier. La cérémonie fut imposante, les représentants les plus illustres de la littérature et du théâtre y avaient été conviés. On omit de réserver une petite place au second Théâtre-Français et à une députalbn de la jeunesse des écoles; les étudiants prolestèrent contre cet oubli et, s étant réunis sur la place de l'Odéon, ils décidèrent que le buste de Molière serait couronné par eux, dans le foyer du second Théâtre-Français, à l'heure de la cérémonie de la rue de Richelieu. Louis Monrose, alors très aimé du quartier Latin, dirigea cette manifestation

platonique, qui fut faite du reste avec le plus grand recueillement, et lut des vers de M. Henri Delatouche*.

Le 18 janvier, le Pseudonyme, comédie en un acte, en vers, laissée par feu Camille Bernay dans ses papiers, obtint le respectueux succès qu'elle méritait. « Encore un encouragement à mourir », disait spirituellement le sculpteur Préault. (Pierron, Rey, Sainte-Marie, Pérez; M"" Berthault, Laurence.)

Le 21 janvier, demi-représentation de Molière au xix« siècle, à-propos en un acte en vers, de M. de La Boullaye. Le public, ordinairement indulgent pour ce genre d'ouvrages, siffla avec une telle violence que le rideau tomba avant la lin; on était pressé, déclara-t-on, d'entendre etd'applaudir Tartufe. (Valmore, M ,le Chapuis.)

Le 30 janvier, Karel Dujardin, aimable petite comédie en un acte, en vers, du marquis de Belloy. Succès complet. Toute la presse constata le talent de l'auteur, dont « les vers coulaient comme un ruisselet d'argent à « travers les pâquerettes* ». (Derosselle, Rey; M m, Payre.)

Le 10 février, le Vieux Consul, tragédie en cinq actes, en vers, d'Arthur Ponroy. Lireux, voulant recommencer son coup de Lucrèce et, de plus, sincèrement enthousiaste du talent réel du poète, fit beaucoup de propagande en faveur de cette tragédie ; on s'attendait, d'après les réclames, à une nouvelle révélation ; le public vint en foule et ne se trouva qu'en face d'une œuvre de jeunesse, pleine de talent sans doute, mais aussi pleine

4 . Le Monument de Molière (Les Anniversaires, 4858, p. 79 à 406). î. Théophile Gautier, feuilleton de la Presse.

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