‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 132 sur 221 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

de défauts, et par dessus tout faiblement interprétée. La réclame avait dépassé le but ; le public, désappointé, fut extrêmement sévère, on siffla ferme. Ce vers, entre autres :

Deux cent mille Teutons mangés par les corbeaux,

dit par Rouvière avec son accent méridional, provoqua des rires inextinguibles. M Ue Maxime tint vaillamment tête à l'orage, et si le nom de l'auteur fut écouté, c'est qu'ellemême le vint annoncer. (Valmore, Rey, Ballande, Rouvière, Achille Machanette, Raphaël Félix, Barré, Pérez ; M Ue Maxime.)

Le 18 février, la Famille Cociiois ou un Mariage dans la coulisse, comédie en cinq actes, en prose, de M. A. de Longpré. Imbroglio bouffon, gai, mais beaucoup trop long. Insuccès. (A. Mauzin, L. Monrose, Rey, Sainte- Marie, Derosscllc, Barré; M ,le * Volet, Grassau, Berthault.)

Le 28 février, LUGILB ou l'Honneur d'une jeune fille, drame en trois actes, en prose, de M me Achille Comte. Celle pièce touchante et bien faite n'obtint le premier soir qu'un demi-succès; elle se releva le lendemain et fut par la suite fort appréciée. (Baron, Darcourt, Milon; M m " Rousset, Volet, Dupont, Weiss, Berthault.)

Le 2 mars, la Réparation forcée ou Amour et Ègoïsme, comédie en cinq actes, en vers, de M. A. Buchères. «Émi- « lie a écouté les protestations d'amour de Blinval, qui la « quitte indignement; par ses ruses, elle amène son séduc- « teur à lui rendre l'honneur 1 . » Mauvaise pièce, inexpérience complète de la scène, insuccès. (L. Monrose, Rey,

t. Le Corsaire-Satan, journal des spectacles.

A. Mauzin, Pérez; M™" Naptal, Payre, Grassau.)

Le ii mars, la Comtesse d'Altemberg, drame en cinq actes, en prose, de MM. A. Royer et G. Vaëz. Cette pièce « de l'école de Kotzebuë pour le sentiment, de celle « de Schiller pour la passion 1 », réussit brillamment et fut pour M me Dorval l'occasion d'un grand succès. (Bouchet, Milon, Baron, Rouvière ; M"* Naptal.)

Le 10 mars, Ciiaupmeslk, comédie en un acte, en vers, d'Hippolyte Lucas. Petite pièce pleine de scènes originales. « Ce gracieux délassement d'un esprit érudit 1 » fut très applaudi. (L. Monrose, Rey ; M 11 *" Berthault.)

Le 30 mars, JaneGrey, tragédie en cinq actes, en vers. d'A. Soumet et de M me -d'Allenheim. On reprocha aux auteurs de s'être écartés de la vérité historique ; on leur reprocha aussi leur style visant trop à l'effet, mais on applaudit sans réserves la façon dont la pièce était construile, la scène Gnale représentant le tableau de Paul Delaroche : la Mort de Jane Gray, la puissance de M n< Georges dans le rôle de Marie Tudor, et le charme de M"* Naptal dans celui de Jane Gray. (Ballande, Rouvière.)

Le 13 avril, Trois Femmes, comédie en un acte, en prose, de MM. Saint-Aguet et Théodore Barrière. Petit succès. Barré l'ut très applaudi. (Baron, M"' Volet.)

Le 2 mai, Sardanapale, tragédie en cinq actes, en vers, de M. L. Lefèvre. Le sujet de cette pièce, inspirée du poème de lord Byron, exigeait, à défaut de beaux vers, une magnifique mise en scène. Lireux, qui n'avait aucune

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